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Édition 2012

La deuxième édition s'est déroulé du 19 novembre au 7 décembre 2012. Voici quel était le contenu proposé aux participants:

TRONC COMMUN

À quelques reprises durant leur séjour, tous les participants seront appelés à participer à un bloc commun de formation. Celui-ci prendra l’aspect de rencontres et de discussions avec des artistes de théâtre, francophones, mais aussi anglophones, dont certains seront déjà sur place à Banff. Ces discussions permettront aux participants de découvrir des démarches artistiques exemplaires. Parfois, ils seront également invités à rencontrer des artistes travaillant dans d’autres domaines que le théâtre (musique, danse, sculpture, etc.) qui seront déjà à Banff, par exemple à l’occasion de résidences. De même, certaines rencontres permettront aux participants de faire la connaissance de gens qui ont vécu des expériences hors de l’ordinaire dans d’autres domaines que les arts; l’objectif global de ce tronc commun étant de mettre les participants en contact avec une vaste palette d’expériences humaines. Finalement, certains moments seront consacrés à découvrir de grandes propositions théâtrales sur DVD.

DESCRIPTION DES ATELIERS

Atelier 1 : Le vocabulaire de la mise en scène-du metteur en scène.

Professeure : Alice Ronfard

Alice RonfardLe nom d’Alice Ronfard évoque à lui seul le talent d’une grande artiste de la mise en scène. Lauréate du Masque 1999 pour la mise en scène de Yvonne, Princesse de Bourgogne, de Witold Gombrowicz, ce prix relate une page de sa brillante carrière. Alice Ronfard participe de 1976 à 1980 aux créations collectives du Théâtre expérimental de Montréal. Elle obtient, en 1990, avec L’Annonce faite à Marie, de Paul Claudel, le prix de la meilleure mise en scène décerné par l’Association des critiques de théâtre.  Elle réalise en 1989, La Tempête, de William Shakespeare, mise en scène qui reçoit le Grand Prix de la Communauté urbaine de Montréal. D’autres mises en scène remarquables - Cyrano de Bergerac, d’Edmond Rostand et Les Troyennes d’Euripide, lui valent le prix Gascon-Roux pour la mise en scène , La seconde surprise de l’amour, de Marivaux, Quai Ouest, de Bernard-Marie Koltès, Yvonne, princesse de 

Bourgogne, de Witold Gombrowicz, La voix humaine, de Jean Cocteau et Cosi fan tutte, avec l’Opéra de Montréal, Julie de René-Daniel Dubois et Désordre public d’Évelyne de La Chenelière entre autres, - complètent sa trajectoire, nourrie également par des travaux d’interprétation théâtrale avec des danseurs (O’vertigo, Pierre-Paul Savoie et Dulcinée Langfelder) et par des créations de textes. Avec l’Atelier d’opéra de l’Université de Montréal, Alice Ronfard a assuré la mise en scène des opéras A Midsummer Night’s Dream, de Britten, en 2004, les Dialogues des Carmélites, de Poulenc, en 2003, Cosi fan tutte et Idoménée, de Mozart, en 2002, et Béatrice et Bénédict, de Berlioz, en 2000.

En 2007 elle signe la mise en scène de l’opéra-théâtre musical de La faim Artaud de l’argentine Analia Lugdar.

Depuis quelques années elle met en scène les jeunes auteurs de la scène montréalaise tels que Évelyne de la Chenelière (Une vie pour deux, Espace Go, L’Imposture- Théâtre du Nouveau Monde) et Emmanuel Schwart (Bérénice a deux sœurs qui ne s’aiment pas dans le tryptique Chroniques produit par la compagnie de Wajdi Mouawad)

Alice Ronfard enseigne régulièrement en interprétation, en scénographie et en production dans les différentes écoles de théâtre. 

DÉROULEMENT DE L’ATELIER :

Les ateliers se dérouleront en alternance entre une approche théorique et pratique.  Nous avons choisi La Cerisaie, de Tchékov pour faire le travail de scène et d’analyse de texte.

1er mouvement

Qu’est ce que la mise en scène ? A quel moment peut-on parler de mise en scène ? Quel rôle joue la mise en scène dans la perception d’un spectacle ? Serait-il question de l’œil du prince ou de la tyrannie du regard ?  Les grand mouvements de sacralisation (les années 80) l’ère des grands metteurs en scène. Strehler- Brook- Stein- Brassard- Chéreau- Poissant- Marleau- Maheu- Régy- Lepage et tant d’autres. L’ère de la désacralisation ( les années 60-70) le collectif du Living Theater- du Bread and Puppet, du Grand Cirque Ordinaire, du Théâtre Expérimental de Montréal, du Théâtre Expérimental des femmes, du Café la Mama et tant d’autres….

Durant cette première semaine il y aura des rencontres entre les metteurs en scène stagiaires et les scénographes stagiaires. À la fin de cette première semaine, chaque metteur en scène fera équipe avec un scénographe afin de développer avec lui ou elle un concept pouvant être développé au cours de la deuxième semaine

2ème mouvement

Comment lire un texte ? Quels sont les repères présents dans le texte ? Comment bâtir et développer son imaginaire ? Comprendre les mécaniques : Archaïque (Sophocle) – Classique (Molière) – Moderne (Koltès) – Contemporaine (Dea Loher- Jelinek). Comment travailler avec des concepteurs ? Faire des choix, pourquoi, comment ? Qu’est-ce qu’une métaphore ?  Comment investir les métaphores ?  Le metteur en scène est-il un deuxième auteur ? Quel est le chemin de son écriture personnelle, voire originale ?

À travers le travail sur l’une des scènes choisies par le ou la metteur.e en scène et le travail d’analyse autour de cette scène, les scénographes et les metteurs se devront de dégager une proposition scénographique originale qui leur permettra de partir en salle de répétition avec les comédiens stagiaires. 

3ème mouvement   

Le travail dans la salle de répétition. Définir son vocabulaire. Nommer les enjeux. Comment chercher avec l’acteur, l’actrice ? Comprendre la notion d’espace. Jouer avec la profondeur, les diagonales, l’avant plan, l’arrière plan. Quel est le rôle des entrées et des sorties ? Travail pratique avec les comédiens sur la scène choisie. Mise en espace des intuitions développées lors des deux premiers mouvements.

Durant cette semaine, la conception de la représentation se devrait d’indiquer le travail sur la direction d’acteurs.

Les ateliers se dérouleront de façon ludique. L’objectif n’est pas d’en arriver à une façon de faire, mais bien de développer une vision personnelle par rapport à un moment  à mettre en scène. Tout au long du stage, le travail prendra appui sur un travail de recherche en bibliothèque qui pourra être virtuel, livresque ou autre. L’échange et la confrontation des idées feront partie du travail en atelier afin de rendre le processus dynamique.

Atelier 2 : Espace scénographique

Professeur : Gabriel Tsampalieros

Gabriel TsampalierosGabriel Tsampalieros est diplômé de l’École nationale de théâtre du Canada en scénographie (1998) et de l’Université de Montréal en design architectural (2008).

À titre de scénographe, il réalise depuis 1999 les décors de la majorité des spectacles mis en scène par Alice Ronfard, avec qui il a développé un langage scénique personnel et percutant, témoignant de la richesse artistique d’une telle rencontre entre metteur en scène et scénographe, dont Une vie pour deux  (ESPACE GO, 2012), L’imposture (TNM, 2009) et Les pieds des anges (ESPACE GO, 2009), trois pièces écrites par Évelyne de la Chenelière, Tristan et Yseult, adapté par Pierre Yves Lemieux (TNM, 2003), L’avare, de Molière (TNM, 2001), King, de Michel Vinaver (ESPACE GO, 1999) ainsi que La voix humaine, de Jean Cocteau (ESPACE GO, 1999). Ses décors lui ont valu trois mises en nomination à la Soirée des Masques.

Entre 2003 et 2006, Gabriel Tsampalieros conçoit les décors et les costumes de quatre opéras pour l’Atelier d’opéra de l’Université de Montréal, tous mis en scène par Alice Ronfard.

Au cinéma, il signe la conception visuelle des films Imitation (2005) et A silent love (2002), de Federico Hidalgo et de Yellowknife, de Rodrigue Jean (2001).

Au cours des dernières années, Gabriel Tsampalieros travaille principalement en arts visuels. Il a notamment réalisé la mise en espace et les éclairages de plusieurs expositions à la galerie Espace Création Loto-Québec.

Enfin, depuis 2007, il enseigne la scénographie, le dessin et l’histoire de l’architecture à l’École nationale de théâtre du Canada. En 2009-10, il a également été chargé de cours en scénographie à l’École supérieure de théâtre de l’Université du Québec à Montréal.

OBJECTIFS DE L’ATELIER:

  • Aborder la problématique de l’intégration de projections vidéo dans le processus créateur d’une conception scénographique.
  • Privilégier, lors de ce processus, une approche classique de type beaux-arts pour la génération d’idées, servant de contrepoids à la dimension technologique propre au médium vidéo.
  • D’un point de vue théorique, réfléchir sur la « poétique » de l’espace : ses composantes, ses qualités, son sens, sa portée, en analysant  quelques exemples tirés de l’histoire de la scénographie et de l’architecture.
  • Développer une souplesse et une aptitude à réagir face aux réactions et aux demandes du metteur en scène lors de la communication et de la validation de la proposition scénographique.

DÉROULEMENT DE L’ATELIER :

Semaine 1

Cette partie de l’atelier porte sur la première étape de conception d’une scénographie, cruciale par le fait même, soit l’émergence de l’idée et sa communication graphique à un metteur en scène. Elle consiste à éviter l’approche rationaliste et/ou conceptuelle (le cerveau gauche) pour favoriser l’exploration de dimensions plus riches, telles l’inconscient, la mémoire et le rêve (le cerveau droit) afin d’y puiser, sans trop les définir, les premières impressions que l’on se fait d’une pièce en ce qui a trait aux ambiances spatiales et à la lumière. Cette partie est traitée indépendamment de l’élément vidéo. Le but est de produire en quelques jours une série d’images 2D capables de communiquer l’esprit de la future scénographie sans, pour autant, aller dans les détails. Ces images doivent par contre être suffisamment évocatrices et expressives afin de pouvoir engendrer un dialogue avec un metteur en scène. Pour ce faire, nous utiliserons, par opposition à l’élément vidéo, des techniques plus traditionnelles d’expression graphique telles le dessin au fusain, l’encre noire sur fond blanc et le collage. Quelques périodes de théorie sous forme de présentations audio-visuelles seront également offertes afin de fournir  une meilleure compréhension de ce qu’est, purement et simplement, un espace, qu’il soit théâtral ou architectural.

Semaine 2

Cette partie de l’atelier consiste à développer et à explorer en 3D les images 2D issues de la première semaine. Une série de petites maquettes de travail monochromes seront produites afin d’établir un éventail de diverses propositions ou directions possibles quant au développement de la scénographie dans sa troisième dimension. Dès le début de cette recherche, des mini-projecteurs seront à la disposition des stagiaires afin d’explorer, dans le processus même de création, l’intégration de projections vidéo, but ultime de ce stage. Tout scénographe, à un moment ou à un autre de sa carrière, sera confronté au désir du metteur en scène d’intégrer de la projection vidéo dans son décor. À cette étape-ci, le 2D et le 3D, qu’ils soient chacun fixes ou en mouvement, se mêlent et ne font plus qu’un dans la recherche et l’élaboration d’un langage visuel qui orientera et déterminera le travail du metteur en scène en y jetant les bases spatiales. Quels sont le sens et l’impact d’une image 2D projetée dans un espace 3D? Comment l’affecte-t-elle? Que devient cet espace? Est-il un lieu ou un écran? Quel est le rôle de la vidéo dans la scénographie? Quelle est sa place? Qu’est-ce qu’elle a à dire? Comment l’utiliser avec intelligence? Comment contribue-t-elle à la métaphore?  Qu’est-ce qui peut être exprimé en 2D et non en 3D et vice-versa? Telles sont les questions auxquelles les stagiaires devront trouver des réponses lors de la deuxième semaine d’atelier.

Semaine 3

Il s’agit maintenant de vérifier les propositions soumises et de voir si elles sont viables. Cette partie de l’atelier concerne purement la validation de la proposition du scénographe au metteur en scène et son rajustement, si nécessaire. Après avoir communiqué au metteur en scène la direction scénographique, sa viabilité sera testée dans le travail concret de direction d’acteurs. De nouvelles demandes peuvent surgir, de nouveaux besoins peuvent être exprimés et, du coup, des solutions doivent être apportées, de la simple nuance au changement radical. Cette semaine d’atelier vise à éprouver les réflexes du scénographe et la souplesse de sa proposition. 

Atelier 3 : Le texte devant soi et le corps messager

Professeur : Claude Poissant

Claude PoissantAuteur, comédien mais surtout metteur en scène réputé, Claude Poissant est le codirecteur artistique et l’un des fondateurs (1978) du THÉÂTRE PÀP, une compagnie de création vouée à la dramaturgie contemporaine, en résidence au Théâtre Espace GO. Figure de proue du théâtre québécois depuis plus de 30 ans, il est aussi découvreur et défricheur de nouvelles paroles.

Parmi ses mises en scène récentes, rappelons Le Traitement, de Martin Crimp, Unity, mil neuf cent dix-huit, de Kevin Kerr, Le Ventriloque, de Larry Tremblay (Masque de la production « Montréal »), La Fête sauvage, de Mathieu Gosselin (production du Théâtre de la Banquette arrière, présentée au Théâtre de La Licorne), l’adaptation de Je voudrais me déposer la tête, de Jonathan Harnois, Abraham Lincoln va au théâtre, de Larry Tremblay, Mutantès, le dernier spectacle de Pierre Lapointe (dans le cadre des Francofolies 2008). Dernièrement, les mises en scène de Rouge Gueule, de Étienne Lepage et The Dragonfly of Chicoutimi, de Larry Tremblay, Tom à la Ferme, de Michel Marc Bouchard, Tristesse animal noir, de Anja Hilling et Après moi le déluge, de Luisa Cunillé. À l’été 2012, il mettra en scène la nouvelle création de Fanny Britt, Bienveillance, dans le cadre d’une coproduction avec les Productions À tour de rôle, à Carleton-sur-mer.

DESCRIPTION DE L’ATELIER :

Danse, mouvement, mime, entrainement, biomécanique, et plusieurs formes rituelles de l'expression du corps servent l'acteur dans sa formation. Mais en pratique, à moins qu'il ne participe à une recherche pointue sur un aspect particulier du théâtre physique, l'acteur avec son texte - apprivoisant ses partenaires, l'espace, la vision d'un metteur en scène et tutti quanti dans un laps de temps qui n’est pas toujours très long-, se retrouve souvent dans un jeu efficace, énergique, mais qui ose peu, qui n'implique son corps qu'en partie. Toujours le même doigt qui pointe, le même sourcil qui lève, le même pas qui fuit, la même main sur la hanche. Ce qu'on appelle péjorativement le jeu télé. En donnant peu de dimension à la partie créative du jeu, en obéissant à des règles qui appellent au rendu efficace d'une œuvre, l'acteur laisse en plan le profond, l'irrationnel, le mystérieux, les autres sens d'un texte, ne se livre lui-même que superficiellement.  Et il le sait, ou s'en doute, la plupart du temps. Manque de direction, de temps, d'exploration, de danger. Et avec du talent, ça fonctionne quand même. 

Et si on allait ailleurs? Et si on se rappelait que le corps de l'acteur est lié avant tout au texte, à sa langue, aux rythmes de cette langue, à l'espace imposé, à la forme scénique qu'on propose et aussi aux limites que les participants s'imposent? Et si on laissait le texte jouer avec l'acteur plutôt que l'inverse? Le  personnage ne nait-il pas avant tout dans le corps habité de l'acteur? Et si on ne veut ni ne cherche de personnage, mais plutôt un état, une force, une sensibilité, une prise de parole, des mots dans un corps, qu'est-ce qui nait? Qu'est-ce que l'acteur porte en lui? Peut-il perdre avec joie ses repères? Qu'est ce qu'il peut dès lors évoquer, faire apparaitre, inventer?

Semaine 1

Pendant la première semaine, je dirigerai des dialogues et des narrations de textes contemporains, dans des mises en espace et des visions imposées, avec des acteurs qui s'abandonnent aux choix proposés et, bien sûr, les nourrissent. À titre d’exemple, des textes des dramaturges Étienne Lepage, Sarah Berthiaume, Fanny Britt, Martin Crimp, Larry Tremblay, Fabrice Melquiot, Anja Hilling, Jean-Marc Dalpé  pourraient être de bons  guides pour ce laboratoire.

Semaine 2

Dans la deuxième semaine, je propose d'aller plus avant avec les propositions, en nous posant collectivement toutes les questions qui surgiront, comme sur la puissance de l'évocation,  les sens des mots, des gestes, sur l'efficacité, sur le texte devant soi et surtout sur le corps de l'acteur habité, messager, passeur. Et en mettant en pratique les réflexions.

Semaine 3

Dans la troisième semaine, les acteurs deviendront les acteurs-créateurs sur  La Cerisaie, que dirigeront les stagiaires en mise en scène dans le concept spatial imaginé par les stagiaires en scénographie.

 

Les participants de l'édition 2012:

Le corps messager et le texte devant soi : Animation Claude Poissant

  • Stéphanie David, Acadie
  • Gabriel Robichaud, Acadie
  • Nathaly Charrette, Ontario
  • Élise Gauthier, Ontario
  • Julie Grethen, Ontario
  • Sébastien Lajoie, Ontario
  • Guy Marsan, Ontario
  • Marie-Claire Marcotte, Ouest

Le vocabulaire de la mise en scène – du metteur en scène : Animation Alice Ronfard

  • Magali Lemèle, Ontario
  • Geneviève Pineault, Ontario
  • Émilie Leclerc, Ouest
  • Inouk Touzin, Ouest

Espace scénographique : Animateur Gabriel Tsampalieros

  • Marie Êve Cormier, Acadie
  • Sylvain Ward, Acadie
  • Julie Giroux, Ontario
  • Marie-Pierre Proulx, Ontario

 

 

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