Édition 2014

La quatrième édition du stage s'est tenue du 17 novembre au 5 décembre 2014. Voici les ateliers offerts au 17 participants, ainsi que quelques extraits vidéos des ateliers de création auxquels ils ont participés. On peut également prendre connaissance de quelques commentaires recueillis auprès des participants de l'édition 2014.

 

Quelques commentaires des participants

«L’environnement du Banff Centre, les multiples ressources mises à notre disposition et l’encadrement offert par Philippe nous ont permis de travailler rapidement, intensément et, surtout, de la façon dont nous le souhaitions vraiment, soit dans l’espace plutôt que sur papier.

Philippe Ducros nous a servi d’œil extérieur tout au long du stage. Je considère qu’il nous a guidés avec beaucoup de doigté à travers cette expérience. Ses conseils et ses questions étaient justes, constructifs et jamais intrusifs. Il nous a poussés à développer nos propres outils de création et notre propre langage, à prendre des risques et à faire des choix radicaux. » Esther Duquette, Ouest-Création théâtrale

 

«J’ai maintenant très hâte de travailler sur ma prochaine mise en scène pour voir comment la méthode influencera mon travail en salle de répétition. Ce stage a été un tournant dans ma carrière. J’ai redécouvert le plaisir de lire le théâtre et développé de nouvelles habitudes de travail. Le Banff Centre est un incubateur de créativité et d’inspiration, et j’en suis ressortie transformée !» Marie Farsi, Ouest-Analyse de textes

 

«Cette initiative en est une importante puisqu’elle offre aux artistes du Canada de poursuivre leur formation, d’apprendre de nouvelles techniques et d’approfondir leurs connaissances. Comme l’écologie théâtrale du Canada-français est unique et ne se compare pas à l’écologie Anglo-canadienne ou Québécoise, il est parfois difficile de saisir l’importance qu’une initiative tel que celle-ci peut avoir dans le milieu. C’est grâce à des initiatives tel que les stages en formation continue de l’ATFC que les artistes peuvent ouvrir leurs horizons et développer leur art.» Gilles Poulin-Denis, Ouest 

 

Participants :  

>      17 artistes (acteurs, metteurs en scène, auteurs, scénographes, concepteurs lumière, vidéastes) possédant, idéalement, un minimum de 5 ans de pratique professionnelle au Canada français.

>      Les participants seront divisés en trois groupes distincts, chaque groupe se consacrant à un seul atelier. Le nombre réduit de participants sera garant d’un entraînement et d’une formation personnalisés.  

 

Titre de l’atelier

Praticiens visés

Nombre de participants

Analyse de textes : lire et analyser pour mieux créer

 

Metteurs en scène

Acteurs

Auteurs

4

Création vidéo

 

Concepteurs lumière

Scénographes

Vidéastes

4 (il est possible de postuler en groupe de deux personnes)

La création théâtrale : de l’urgence de dire à la parole de l’artiste

 

Acteurs

Metteurs en scène

 

Trois équipes formant un maximum de 9 individus

 

 

 

 

 

 

 

 

 

TRONC COMMUN

À quelques reprises durant leur séjour, tous les participants seront appelés à participer à un bloc commun de formation. Celui-ci prendra l’aspect de rencontres et de discussions avec des artistes de théâtre, francophones, mais aussi anglophones, dont certains seront déjà sur place à Banff. Ces discussions permettront aux participants de découvrir des démarches artistiques exemplaires. Parfois, ils seront également invités à rencontrer des artistes travaillant dans d’autres domaines que le théâtre (musique, danse, sculpture, etc.) qui seront déjà à Banff, par exemple à l’occasion de résidences. L’objectif global de ce tronc commun étant de mettre les participants en contact avec une vaste palette d’expériences humaines. Par ailleurs, certains moments seront consacrés à découvrir de grandes propositions théâtrales sur DVD.

Finalement, deux soirées par semaine seront consacrées aux artistes afin de leur permettre de bénéficier d’une tribune solo d’une durée d’environ 15 minutes. Lors de ce moment privilégié, ils auront, au choix, la possibilité de nous présenter une première étape d’un court projet personnel, de nous révéler une part d’eux-mêmes que nous ne connaissions pas, de se commettre dans quelque chose qu’ils rêvent de faire depuis des années, mais qu’ils n’ont jamais osé aborder, de parler à leurs collègues d’un artiste qui les inspire, etc. Ou encore de tout simplement  nous surprendre en réalisant un rêve fou et théâtral devant des spectateurs avides de nouvelles expériences...un moment unique et artistique où tout est possible. Comme dirait Claude Gauvreau « Ce qui fait la valeur de la vie et surtout de l'art, c'est le rare, l'inattendu, l'inespéré, le surprenant, le saisissant, l'inexplicable, l'inédit, le révolutionnaire, l'incomparable, le prodigieux, l'intense, l'exorbitant, l'imprévu, le bizarre, le baroque, l'irrégulier, le fin, l'extravagant, le délirant, le vibrant, l'inimitable, le précédent, bref le sensible sous ses angles possibles et impossibles, bref l'unique sous toutes ses formes pensables et impensables »

 

  DESCRIPTION DES ATELIERS

Atelier 1 : La création théâtrale : de l’urgence de dire à la parole de l’artiste.

Professeur : Philippe Ducros

Je m’appelle Philippe Ducros. Je suis Montréalais de port d’attache. Mais je semble plutôt faire partie de ceux qui croient que les frontières ne sont que des cicatrices sur les lignes de main de la terre. En ces temps de « mondialisation », à l’époque où les marchandises ont des passeports et des visas beaucoup plus facilement que les individus, où les idées et les gens doivent creuser sous les murs et couper les barbelés pour se rencontrer, je crois qu’il faut penser le monde comme une série de vases communicants où notre mode de vie est directement relié à celui des 7 milliards d’autres humains. Je ne suis pas allé dans les écoles d’art, dans les studios des maîtres, j’ai plutôt voyagé. En tant qu’être humain, en tant qu’artiste, je me suis formé sur les routes. Ma vision du monde en est revenue modifiée, mutante. Ces errances ont peu à peu servi d’inspirations et de mode de vie. Depuis, j’ai donc fondé une compagnie de théâtre qui se nomme HÔTEL-MOTEL, et qui veut faire sortir le spectateur de sa cuisine et de son salon pour l’emmener sur les routes vers les autres. Ceux que nos gouvernements se permettent de bombarder, ou de boycotter, ou à qui ils refusent l’aide internationale, mais que nous en tant qu’artiste, on devrait regarder de loin vu qu’ils ne sont pas nous et que nous ne connaissons pas leur réalité.

Je crois au contraire qu’ils sont nous.

 

Philippe DucrosPhilippe Ducros est à la fois auteur et metteur en scène, ainsi que directeur artistique d’ESPACE LIBRE depuis août 2010 et jusqu’en juin 2014. Autodidacte, sa démarche personnelle reste très ancrée en de différents pèlerinages menés aux quatre coins de la terre. Il a écrit de nombreuses pièces, qu’il met généralement en scène lui-même, dont L’assassinat d’Andrew Jackson, jouée à Carleton à l’été 2008 et à Jonquière à l’été 2009, Boulevard Sauvé, une courte pièce qu’il a montée à Lomé, au Togo en vue d’une tournée africaine, française, et Tchèque ou encore 2025, L’année du Serpent, lauréate de la Prime à la création du Fonds Gratien Gélinas (CEAD) et produite par le Théâtre du Grand Jour. Cette pièce traite des médias de guerre et de notre rôle dans les conflits armés en tant que citoyen de l’ONU. Elle est en voie d’adaptation vers la bande dessinée.

Avec l’organisme français Écritures Vagabondes, il était en Syrie à l’automne 2004. La rupture du jeûne, le carnet de voyage de cette expérience a été édité aux Éditions Lansman. À la suite de cette résidence, il écrit L’affiche, sur l’occupation de la Palestine où il a séjourné à trois reprises. Il y était lors des bombardements de Gaza en janvier 2009. Il y a compris que l’enfer n’entrait pas dans un écran de télévision. Les lanceurs de pierres, nouveau carnet sur ses voyages en Palestine et en Israël, a été édité encore une fois chez Lansman. L’affiche s’attarde aux processus de martyrisation, à la récupération du drame intime par la sphère publique, politique. Il a été des cinq finalistes du Grand prix de littérature dramatique en France. La production que Ducros a mis en scène est lauréate de quatre Cochons d’Or, dont Meilleur texte et Production de l’année, en plus d’être lauréate du Spectacle de l’année 2009-10 de l’Association québécoise des critiques de théâtre (l’AQCT). Ce spectacle est en tournée depuis, au Québec et en Europe. L’affiche est publiée aux éditions de L'instant scène.

En 2011, en coproduction avec le Festival TransAmériques, Ducros écrit et met en scène La porte du non-retour, un déambulatoire théâtral et photographique au cœur des exodes en Afrique d’hier et d’aujourd’hui, particulièrement en République Démocratique du Congo. Cette œuvre hybride a été de la programmation officielle du Festival d’Avignon à l’été 2013. La porte du non-retour est en tournée depuis, au Québec, au Canada et en Europe. Le texte est publié aux éditions de L'instant scène.

Son texte suivant Dissidents, créé par Le Théâtre PàP en mars 2012, est finaliste pour le Prix du Gouverneur général, ainsi que pour le Prix Michel-Tremblay. Il est lui aussi publié aux éditions L'instant scène.

Il travaille actuellement à l’adaptation théâtrale de son roman Eden motel, qui sera édité aux éditions L’instant même. Une première moitié de cette production d’envergure a été présentée en avril 2014 à Espace Libre.

Il est directeur artistique des PRODUCTIONS HÔTEL-MOTEL.

Description de l’atelier

La création théâtrale : de l’urgence de dire à la parole de l’artiste

Le théâtre est un acte de communication. L’artiste est travaillé, transpercé par des pulsions, des intuitions qui se traduisent par un besoin de dire, de questionner, même l’indicible, l’innommable, le subliminal, même de façon abstraite. En ce sens, sans que le propos soit obligatoirement politique, sans que les thèmes abordés le soient automatiquement de façon frontale, le théâtre réfléchit. Grâce à la poésie du geste théâtral, de sa langue et de son vocabulaire scénique, le théâtre peut même apporter une lumière qu’aucun autre médium ne peut apporter sur cette réflexion, sur les façons de rejoindre l’humain derrière la problématique énoncée.

En quoi la forme que prend l’œuvre théâtrale peut-elle découler de cette réflexion, de ce besoin de prise de parole ? Comment l’esthétique d’une œuvre peut-elle nourrir la pensée derrière l’œuvre ? Comment identifier l’intuition juste, la pulsion fertile ? Comment approfondir cette intuition, cette pulsion, comment lui donner chair et vision? Comment la transformer en une œuvre d’art?

L’objectif de cet atelier sera d’accompagner la démarche de quelques collectifs d’artistes qui jetteront les bases d’une nouvelle création. La configuration des collectifs peut être à géométrie variable, même le solo sera considéré, mais ce ne sera pas une résidence d’auteur, l’écriture devant se faire debout, sur le plateau. Le projet peut être complètement embryonnaire, à l’étape de l’intuition, ou avoir quelques bases de jetées, mais il doit toujours être dans sa phase de gestation, de recherche. Chacun de ces collectifs arrivera avec une proposition thématique, une réflexion artistique, esthétique, intime ou politique qu’il devra développer à travers cette œuvre en devenir. Il devra de plus, définir en quoi ce désir de prise de parole le rejoint intimement. Le formateur du stage accompagnera ensuite chacune des démarches, nourrissant l’œuvre dans sa spécificité, sa personnalité propre. Dramaturg, miroir, élément déclencheur, ange gardien, confident, il cherchera avec les créateurs. Il questionnera les intentions, les intuitions, provoquera les choix esthétiques afin de s’assurer non seulement que ces choix soient en lien avec le propos, mais que l’œuvre évolue dans une trajectoire personnelle au collectif, évitant tout formatage éventuel au sein des démarches. Plus que le résultat final, nous ciblerons la découverte des processus qui font qu’une forme artistique devient réellement une caisse de résonnance au propos, à la prise de parole et à la personnalité des artistes impliqués.

Au bout du compte, l’objectif sera de définir un vocabulaire artistique radicalement personnel né d’une recherche et d’une réflexion autour de la prise de parole. Que ce vocabulaire soit totalement intime à l’artiste, tout en découlant directement de la recherche, du propos abordé, de l’urgence de dire.

Une présentation des ébauches aura lieu devant un public restreint à la fin de l’atelier.

Objectifs de l’atelier

  • Mettre sur pied des bases d’un nouveau projet de création;
  • Axer ce travail de création en prenant comme base la prise de parole, qu’elle soit au niveau du propos et de la réflexion, ou encore au niveau de la forme;
  • Développer des outils pour que les créateurs puissent développer une démarche personnelle propre à chaque projet, que cette démarche soit libre, tout en étant issue de pulsions et de préoccupations intimes en adéquation avec le propos et le questionnement défendu;
  • Identifier la pulsion et l’intuition qui auront la profondeur nécessaire pour traverser l’ensemble du processus de création d’une œuvre : de sa réflexion à travers le temps, l’espace jusqu’au travail de plateau;
  • Nourrir l’urgence de dire et l’articuler en une parole d’artiste. 

Déroulement de l’atelier

Semaine 1.

Ouvrir le royaume du possible en regardant certaines propositions contemporaines. Nourrir la réflexion, l’alimenter et la diversifier. Structurer les bases de la recherche d’inspiration. Relever certains axes et enjeux cruciaux à l’élaboration du canevas. Établir des lignes directrices qui incarnent ces enjeux. Développer un canevas à partir des idées, du propos, des découvertes et concepts découlant des réflexions abordées. Explorer.

Semaine 2.

Continuer la recherche. Relever des pistes porteuses. Jeter les bases d’un vocabulaire scénique en accord avec les idées, les préoccupations énoncées et la recherche entamée.

Semaine 3.

Tester la matière, l’encadrer, la dompter. Élaboration d’un premier jet de travail, d’un laboratoire à présenter à l’issue du stage. 

 

Atelier 2 : Analyse de textes : lire et analyser pour mieux créer

Professeure : Maureen Labonté

Maureen LabontéConseillère en dramaturgie qui œuvre dans le milieu du théâtre de création au Canada anglais depuis plus de trente ans, Maureen Labonté a travaillé avec des auteurs sur des projets dans les grandes institutions (Stratford, Shaw, CNA) ainsi que dans des théâtres de création à Ottawa, Toronto, Calgary et ailleurs au pays. Au cours de ces années, Maureen Labonté a également suivi de près la création théâtrale francophone au Québec et au Canada.

Maureen Labonté enseigne depuis plusieurs années à l’École Nationale de Théâtre et y a travaillé à temps plein de 1993 à 2002. Au cours de cette période, elle a mis sur pied et dirigé le programme pilote en Directing, puis elle a assumé le poste de coordonnatrice du programme de Playwriting pendant cinq ans. 

De 2003 à 2011, elle a travaillé au Banff Playwrights’ Colony au Banff Centre for the Arts, en Alberta. De 2003 à 2006, elle y a travaillé comme conseillère dramaturgique et chef de programme. Elle a ensuite été co-directrice de 2006 à 2011.

Elle a été présidente du jury pour le prestigieux Prix Siminovitch, de 2009 à 2011.

Elle a aussi traduit plus d’une trentaine de pièces vers l’anglais dont récemment…

And Slowly Beauty  (Lentement la beauté, de Michel Nadeau) produite par le National Arts Centre English Theatre, à Ottawa, en co-production avec le Belfry Theatre, en Colombie-Britannique, ainsi qu’au Tarragon Theatre de Toronto. And Slowly Beauty a été publiée chez Talonbooks en 2013; Raven (Corbeau, de Jean-Frédéric Messier) dont la production du Théâtre de l’Œil sera en tournée en 2014-2015; The Net  (Le Filet, de l’auteur acadien, Marcel-Romain Thériault) avec Don Hannah, qui a été présentée au Great Canadian Theatre Company, à Ottawa, au Ship’s Company, en Nouvelle-Écosse  et au Theatre New Brunswick, à Fredericton; et August (Août, de Jean Marc Dalpé) qui a été produite par le Alberta Theatre Projects, à Calgary en février 2008, au Centaur Theatre (Montréal) pendant la saison 2012-2013 et qui a été publiée par Playwrights Canada Press. Et Le Chien, de Jean Marc Dalpé a été publié en traduction par Playwrights Canada Press en 2013.

En ce moment, elle termine la traduction de La demoiselle en blanc, de Dominick Parenteau-Lebeuf pour Evolution Theatre (Ottawa), ainsi que celle de La Corneille, de Lise Vaillancourt pour Imago Theatre (Montréal).

Elle vit à Montréal avec son conjoint, l’auteur Jean Marc Dalpé.

Description de l’atelier

Analyse de textes : lire et analyser pour mieux créer

Cet atelier est une introduction à une méthode objective, détaillée, mais aussi viscérale, d’analyse de texte.

C’est une approche « archéologique » face au texte basée sur l’idée qu’il est primordial de prendre le temps de bien lire un texte, de l’examiner de près, de le fouiller, de le sonder. Ce travail de recherche et d’investigation est essentiel comme préparation à une bonne mise en scène, à une interprétation en accord avec le fil de l’œuvre, ou encore à une connaissance élargie de l’écriture. Les participants apprendront qu’il ne faut pas sauter trop vite à une interprétation, un concept, ou même une compréhension en survol d’une œuvre.  Il faut avant tout connaître un texte à fond avant de l’approcher pour ensuite s’en faire le porte-parole ou l’interprète.

Il s’agira de voir comment certaines grandes œuvres du répertoire ont été construites et qu’est-ce qui, en soi, les rend fascinantes et uniques. Quel est l’enjeu principal de ce texte et pourquoi c’est passionnant ? Quel est le mouvement et la structure du texte dans son ensemble ?  Quel est l’enjeu de chacune des scènes prises de façon individuelle ? Comment les qualités intrinsèques à un personnage sont-elles mises en opposition, ou alors en perspective, avec celles de tel autre personnage ? Quels sont les moments charnières de la pièce ? Pourquoi la langue de cette œuvre est particulière ? Etc. Il s’agira de démonter des textes pour mieux les comprendre. Un peu comme le font certains « patenteux » qui démontent divers types d’appareils pour en saisir le fonctionnement dans le but ultime de créer leurs propres appareils. Dans le cas qui nous occupe, les artistes choisis le feront pour créer leurs propres œuvres ou pour mieux se rendre au service de celles qu’ils aborderont au sortir du stage.

Objectifs de l’atelier :

  • Apprendre à mieux lire une pièce. Nous avons tous de très mauvaises habitudes de lecture. Il faut d’abord identifier ces habitudes et travailler ensuite à s’en défaire. J’appelle cela « apprendre à lire professionnellement » ;
  • Apprendre avec quel type de préparation un artiste se doit d’arriver au début des répétitions avant de se consacrer durant plusieurs semaines à une œuvre, puis de la faire voir au public ;
  • Apprendre à être curieux et aller à la découverte de l’œuvre. C’est ce qui va libérer l’imagination et la nourrir. Découvrir ce qui est vraiment dans le texte, par opposition à ce qu’on pense qui s’y trouve, ou encore ce qu’on voudrait qui y soit ; 
  • Freiner, du moins temporairement, nos opinions et aller à la rencontre du texte avec une ouverture d’esprit et une grande curiosité ;
  • Donner aux participants des outils d’analyse, de même qu’une méthode concrète pour fouiller et découvrir un texte, son archéologie, son fond-marin ;
  • Permettre aux participants de développer un esprit d’investigation face à un texte – en prenant le temps de poser les bonnes questions et en prenant plaisir à l’élucidation du mystère qui se trouve en son cœur –  découvrir ses beautés, sa magie, sa poésie, sa musique, sa passion ;
  • Et finalement, après avoir effectué une analyse profonde de l’œuvre (micro), en faire la synthèse (macro) pour ensuite pouvoir passer à la salle de répétition. 

Déroulement de l’atelier

Une grille d’analyse détaillée de chaque texte nous permettra de parler des différentes formes dramatiques – la tragédie, la comédie, le drame, et les variations contemporaines de ces formes – mais aussi de faire une analyse de la structure de la pièce, des personnages, de l’action dramatique, de l’imagerie et de la langue.

L’ensemble de l’atelier sera divisé en plusieurs blocs. Chaque bloc se concentrera sur des œuvres distinctes. Les participants liront les textes à Banff, où ils auront suffisamment de temps pour en faire l’analyse

Parmi les auteurs abordés : Sophocle, Anouilh, Brecht, Shakespeare, Molière, Tchekhov,  Mouawad, de la Chenelière, Berthiaume et Michel Tremblay. 

 

Atelier 3 : Création vidéo

Professeur : David Leclerc

David LeclercDesigner graphique de formation, David Leclerc œuvre sur le Web et dans la production vidéo. Sa créativité, ses aptitudes en communication visuelle et son penchant pour la résolution de problèmes l'ont amené à participer depuis 2004 à une multitude de productions théâtrales de renommée internationale avec Robert Lepage et Ex Machina, notamment Le Projet Andersen (récipiendaire du Elliot Norton Award), Lipsynch, Le Dragon bleu, La Tempête (à Wendake), Jeux de Cartes PIQUE et CŒUR et l'opéra The Tempest présenté au Metropolitan Opera (New York, 2012) et prochainement au Wiener Staatsoper (Vienne, 2015).

Il a également conçu les images des productions Je Pense à Yu, de Carole Fréchette, mise en scène par Marie Gignac au Théâtre d'aujourd'hui (Montréal, 2012), Frankenstein, de Nick Dear, mise en scène par Jean Leclerc au Théâtre du Trident (Québec, 2013) et récemment le Candide, de Bernstein, mis en scène par Sam Brown et présenté à L'Opéra National de Lorraine (Nancy, FRANCE, 2013). En 2015, BOOM, le dernier solo du talentueux Rick Miller débutera en Amérique du nord.

Depuis 2003, il participe chaque année à la réalisation des prestigieux galas Forces AVENIR qui visent à reconnaître, à honorer et à promouvoir l'engagement étudiant aux niveaux secondaire, collégial et universitaire.

Ses réalisations et photographies ont été publiées ou présentées dans une myriade de productions théâtrales et corporatives au Canada, en Europe et aux États-Unis.

Toujours à l’affût de projets passionnants et de collaborateurs hors pairs, il continue à perfectionner ses talents en combinant vieilles et nouvelles technologies sur des projets de toutes tailles.

On peut le trouver sur internet : studiobionic.com et sur Instagram : mrdale. Très peu de photos de chat, promis. 

Description de l’atelier

Création vidéo

La vidéo est un outil important dans la conversation entre le metteur en scène et le spectateur, elle est en quelque sorte une source de lumière augmentée, multipliant les couleurs, les tonalités, les émotions, les ambiances. À petite ou grande échelle, les images vidéo peuvent supporter, habiter, être le décor ou l'acteur principal.

Les variables d'une bonne utilisation de la vidéo pour le théâtre ou la danse se multiplient plus le projet avance. Les matériaux utilisés pour les surfaces de projection, l'équipement, les logiciels, le temps et le budget influencent la démarche, guident les idées, affectant ainsi la qualité perçue d'une production.

Pour éviter le piège de la greffe de dernière minute, l’apport du vidéaste est précieux, non seulement au début, mais tout au long du processus créatif afin d’harmoniser le résultat avec la scénographie, la mise en scène, l'éclairage et les acteurs.

En outre il peut être intimidant de se lancer dans un tel projet sans savoir par quel bout le saisir.

Ce laboratoire explore à la fois les aspects techniques et créatifs de l'utilisation de la projection vidéo dans un contexte de performance devant public. 

Objectifs de l’atelier :

  •    Familiariser les participants avec les rudiments techniques entourant l’intégration d’images vidéo sur une scène, survol d’équipement et de logiciels abordables et    appropriés pour le théâtre;
  •    Faire valoir le procédé de proposer des images dès le début et de les raffiner au fil des répétitions, valider tôt avec des prototypes rapides;
  •    Apprendre à rechercher des images et s’en procurer tout en respectant les droits d’auteurs;
  •    Apprendre comment se déroule une prise de vue photographique ou une journée de tournage pour comprendre l’ampleur et le travail des artisans et intervenants    de ce milieu;
  •    Les bénéfices et les difficultés d’intégration de sous-titres;
  •    Apprendre à aborder un projet de tournée différemment d’un projet d’installation fixe;
  •    Apprendre à partager l’espace avec l’éclairagiste;

Déroulement de l’atelier

Chaque projet est unique, ceux des participants seront analysés et disséqués lors de discussions de groupe pour le bénéfice de tous.

L’atelier présentera des exemples pratiques et les participants seront guidés lors d’expérimentations concrètes sur maquettes et dans une salle de répétition.

Ils développeront ainsi les bases du langage et seront outillés pour discuter avec des intervenants du milieu, capable de planifier et concrétiser leur projet d'intégration vidéo.

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