Bulletin de l'ATFC

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SEPTEMBRE 2014 Numéro 32

Dans cette édition

 

BULLETIN DE L'ATFC
SEPTEMBRE 2014, NUMÉRO 32
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DANS CETTE ÉDITION


Dans ce 32e numéro du Bulletin de l’ATFC, le Grand dossier fait un survol des diverses activités de développement du milieu théâtral franco-canadien mises sur pied par l'association depuis la saison 2010-2011, la section Zoom présente David Baudemont, auteur et dramaturge de la Saskatchewan, récipiendaire du Prix Centre des Écritures Dramatiques Wallonie-Bruxelles 2014 remis par la Fondation pour l'avancement du théâtre francophone au Canada, la section Chez nos membres vous informe des dernières nouvelles de nos compagnies membres, En route vers le 30e poursuit la présentation des compagnies membres de l'ATFC avec le Théâtre français de Toronto. Finalement, vous pourrez connaître les dernières nouvelles de l’ATFC dans la section En bref.
 
GRAND DOSSIER

Par Alain Jean, directeur général de l'ATFC

Une vision globale du ressourcement, de la formation, et du développement du milieu. 

Cet été, je me suis livré à un petit exercice. Du genre de ceux qui – une fois qu’on les a complétés– nous fait regretter de ne pas les avoir tentés plus tôt. Il s’agissait, en fait, d’une des dernières choses que j’ai accomplies avant de quitter pour les vacances. Le type de trucs qu’on prend en note en cours de saison : « faire 
telle affaire quand j’aurai un peu de temps », mais sans trop savoir où ça va nous mener,  juste parce qu’on en a l’intuition. Dans ce cas particulier, j’avais pris cette note le 28 février, soit plus de quatre mois auparavant. Cette journée là, le 28 février, l’ATFC tenait le Groupe de travail en théâtre. Pour ceux qui sont plus ou moins familiers avec notre jargon, il s’agit d’une instance qui nous permet de rencontrer en une seule journée nos bailleurs de fonds du fédéral afin de positionner les dossiers les plus majeurs du milieu et tenter de lancer certains chantiers visant à leur apporter des solutions. Entre autres réalisations, à travers les années, le stage au Banff Centre et le développement de sept salles de théâtre, de Caraquet à Edmonton ont bénéficié de considérations particulières lors du Groupe de travail en théâtre.
 
Le 28 février 2014, l’ATFC avait choisi de faire la présentation de deux documents charnières, leur contenu ayant pour but de guider ses actions, l’un au cours des cinq, l’autre  au cours des trois prochaines années. Ces deux documents allaient entrer en vigueur un mois plus tard, avec le début de notre nouvelle année financière, soit le 1er avril. Il s’agissait du Plan de développement stratégique 2014-2019 de l’ATFC, Consolidation et rayonnement ! et du plan 2014-2017 Formation et développement professionnel du secteur théâtral de la francophonie canadienne. Un mois avant leur entrée en service, il convenait donc d’attirer l’attention de nos partenaires du gouvernement sur leur contenu, en leur indiquant : « c’est par là qu’on s’en va pour les prochaines années. Et on a véritablement besoin de vous pour y arriver ».  
 
Lors de la présentation du document consacré à la formation et au développement professionnel,  un de nos objectifs était de bien faire valoir aux gens autour de la table que, si plusieurs d’entre eux connaissent bien le Stage en formation continue au Banff Centre, il ne s’agit que d’une activité parmi plusieurs à laquelle l’ATFC consacre temps, rigueur et énergie pour œuvrer à la formation, au ressourcement et au développement du milieu dont elle a la responsabilité. Bien entendu, le stage à Banff représente l’activité de ressourcement annuelle la plus spectaculaire tenue par notre association, tant en raison de sa durée (trois semaines), du nombre de praticiens qui en profitent (entre quinze et vingt) et de l’implication qu’on y consacre pour en élaborer le contenu. Mais il existe plusieurs autres initiatives qui participent fortement au développement du milieu théâtral de la francophonie canadienne et qui sont encore trop peu connues de la part de nos bailleurs de fonds. C’est avec l’intention ferme et tout à fait assumée de leur faire voir l’ampleur du spectre de nos actions en matière de formation que nous avons entrepris cette présentation.
 
Nous avons dû être quelque peu convaincants, car, à un certain moment, une des invitées  est intervenue pour dire quelque chose s’apparentant à : « Mais ça veut dire que vous faites profiter une quarantaine de personnes par année de vos activités de formation ! » C’est exactement à ce moment là que j’ai piqué un stylo bleu à ma voisine et furtivement pris une note dans la marge de notre plan de formation, qui était jusque là tout propre, encre noire sur papier blanc : « Faire le calcul du nombre de gens qu’on envoie un peu partout annuellement et faire le total depuis 2010-2011».
 
Plus de quatre mois plus tard, quand je me suis livré à l’exercice, le 7 juillet dernier, les résultats m’ont littéralement jeté sur le…sur le… sur le…popotin. Au bureau de l’ATFC, nous avons les deux pieds dans ces activités à l’année longue. Mais nous n’avions jamais eu l’occasion, ou pris le temps, de nous arrêter pour voir ce que cette branche relativement nouvelle de nos actions – créée depuis la saison 2010-2011–, signifiait réellement. Bien sûr, depuis bientôt deux ans, nous affirmons que l’ATFC est, en fait, une association de nature bicéphale. Depuis ses débuts, l’action de l’association s’articule d’abord et avant tout selon un axe de représentativité politique. Il s’agit du mandat premier de l’association et il n’est pas question d’en faire l’économie. C’est par cet axe que l’ATFC existe et respire. Toutefois, notre association est également devenue, peu à peu, au fil des récentes années, un centre de services de nature artistique au milieu. Pourtant, cette nature bicéphale n’est pas encore reconnue. Elle l’est, bien sûr, au plan philosophique. Mais un  apport  en terme d’appui concret ne s’est pas encore manifesté.  
 
En découvrant ce que représentait véritablement le développement de cette partie de nos actions, j’ai pu constater sa phénoménale évolution au cours des cinq dernières années ; en termes statistiques, cette évolution est quasi constante, d’ailleurs.
 
Mettons l’œil sur le microscope pour mieux regarder, si vous le voulez bien : en 2010-2011, sept personnes ont bénéficié d’activités offertes par l’ATFC ou par le biais de son bras philanthropique, la Fondation pour l’avancement du théâtre francophone au Canada (cinq ont remporté un prix de la Fondation cette année là et deux personnes s’étaient rendues à Dramaturgies en dialogue, au CEAD).
 
En 2011-2012, le nombre d’artistes individuels ayant bénéficié de nos activités de ressourcement passe à trente-trois (Stage à Banff, remise des Prix de la Fondation, délégations à Dramaturgies en dialogue, au Festival du Jamais lu et à Petits bonheurs). Puis, en 2012-2013, il s’établit à quarante-deux, notamment en vertu de partenariats revampés avec le Carrefour international de théâtre et le Festival TransAmériques. En 2013-2014, on note une très légère baisse du nombre de pigistes, trente-neuf d’entre eux ont alors bénéficié des activités reliées à la Fondation, à Banff, au FTA, à Petits bonheurs, au Jamais lu, et à l’École d’été du CEAD.    
 
Pour l’année actuelle, soit celle qui se déroule du 1er avril 2014 au 31 mars 2015, c’est cinq-et-un artistes qui auront pris part aux activités de formation et de ressourcement offertes par l’ATFC : 9 récipiendaires des Prix de la Fondation, 16 participants à Banff, 7 à Dramaturgies en dialogue et à l’École d’été du CEAD, 2 au FTA (une des trois personnes retenues a dû se désister à la dernière minute) 4 au Jamais lu, et 13 au Carrefour international de théâtre.
 
En tout, sur une période de cinq ans, c’est pas moins de 172 personnes qui auront eu l’occasion de découvrir et/ou de se confronter à des aspects de la pratique avec lesquels ils étaient au préalable plus ou moins familiers. Si on veut établir un point de comparaison, à l’époque où j’étais au Conservatoire d’Art dramatique de Québec, nous étions quarante-deux élèves, répartis sur les trois années, dans les sections Jeu et Scénographie. Bien sûr, ce n’est pas tout à fait la même chose, puisque, dans ce cas, on parle de formation de base et à temps plein…Mais tout de même…en toute honnêteté, le nombre de 172 m’impressionne grandement moi-même. En tout, 81 personnes, soit une moyenne de 16 par année, ont bénéficié d'au moins une activité depuis les derniers cinq ans.
 
Bien sûr, il ne s’agit pas de 172 individus distincts. Sur cette période de cinq ans, certains artistes ont pu bénéficier à plusieurs reprises des occasions de formation offertes par l’ATFC et sa Fondation. Cela ne remet en question ni la valeur ni la pertinence de celles-ci. Bien au contraire, cela permet, dans plusieurs cas, de représenter autant de jalons essentiels, qui trouvent un écho, se répondent et se décuplent, dans le parcours de certains individus.
 
Si on se penche sur le nombre de gens qui ont pris part, de façon globale, à chacune de nos activités de formation ou de ressourcement sur une période de cinq ans, les résultats sont également tout à fait étonnants.  Voyons un peu :
 
Sans surprise, le Stage au Banff Centre compte pour plus du tiers des praticiens ayant bénéficié d’une activité de ressourcement : 64.
 
Les activités de la Fondation pour l’avancement du théâtre francophone au Canada viennent tout de suite après : 41 personnes ayant reçu un appui pour développer un projet (nous intégrons dans ce nombre les protégés des deux récipiendaires du Prix Marcus-Banque Nationale de 2013). Rappelons que la Fondation a doublé le nombre de prix qu’elle accorde sur une base annuelle depuis juin 2010 et, par ricochet, les montants qu’elle distribue directement aux artistes.
 
Les Laboratoires de création au Carrefour international de théâtre viennent par après. 24 personnes (auteurs, acteurs, metteurs en scène, traductrice, conseiller à la traduction, etc.) ayant participé aux deux éditions, en plus des artistes québécois avec lesquels elles ont alors  collaboré.
 
Puis, avec 14 artistes chacun, pour un total de 28, les délégations au Jamais lu et au CEAD (à Dramaturgies en dialogue et à l’École d’été) ont participé activement à développer ce qui s’apparente actuellement comme la naissance d’un nouveau souffle et d’une nouvelle génération d’auteurs dans la francophonie canadienne. Ce n’est pas rien.
 
La délégation de jeunes créateurs et critiques des arts de la scène au Festival TransAmériques a, quant à elle, permis à huit artistes franco-canadiens de se mettre en contact avec la création la plus pointue présentée en Amérique. Plusieurs de ceux-ci se qualifient maintenant de créateurs et non plus comme uniquement des interprètes, ce qui change radicalement leur pratique. D’une façon analogue, sept artistes franco-canadiens ont développé une passion pour la Petite enfance en prenant part aux deux délégations tenues par l’ATFC en collaboration avec Petits bonheurs. Ils ont presque tous décidé d’entreprendre des projets envers ce public si particulier par la suite. Que ce soit un projet de texte ou de spectacle, le développement d’un pan complet des activités d’une compagnie, ou encore d’un réseau de tournée dans toute une région. Ces deux dernières activités ont radicalement influé sur le parcours de certains artistes de notre milieu.
 
Ouf ! Et l’ATFC ne compte que sur deux employés et cela ne représente qu’une partie de ses activités !...
 
Malgré son aspect impressionnant, toute cette déclinaison de statistiques n’aurait absolument aucun sens si on s’arrêtait ici. Car on ne parle pas de statistiques, au fond. On parle de gens. Et, en influant sur la formation d’artistes, on parle de gens…qui parlent à des gens. Après tout, c’est une chose de favoriser la présence de praticiens à diverses activités de formation et de ressourcement. Encore faut-il que celles-ci entraînent des résultats ! Et c’est en plein ce qu’elles font !
 
Une chose dont on se rend compte présentement au bureau de l’ATFC, c’est que la manière avec laquelle nous effectuons la promotion de nos actions au sujet de la formation, c’est par le biais des gens, des êtres humains. Ce n’est pas pour rien – bien que ça n’ait jamais été véritablement réfléchi  –,  que la plupart de nos outils de promotion se concentrent sur les visages et sur les témoignages de ceux qui ont pu développer leur talent, chacun dans sa région, notamment grâce à ces activités de formation et de ressourcement. Il va de soi, que, d’abord et avant tout, c’est à leur talent et à leurs efforts qu’ils doivent ce développement. Dans de très nombreux cas, ils le doivent aussi à l’appui que les compagnies membres de l’association leur apportent directement sur le terrain et ce, d’un bout à l’autre du pays. Néanmoins, selon un point de vue national, c’est à dire selon le type de regard qui peut être celui de l’ATFC, il est possible de constater que l’ensemble de ces activités a eu une réelle incidence sur le développement de nombreux individus et projets.
 
Il est impossible de tous les nommer. À titre d’exemple seulement, je pense ici à Anika Lirette et Mélanie Léger, du Théâtre Alacenne, de Moncton, qui, suite à leur participation au stage à Petits bonheurs, respectivement en 2013 et en 2011, ont décidé d’orienter l’action de leur compagnie vers la Petite enfance et sont en train de développer tout un réseau de tournée à cet effet en Atlantique. Toujours au rayon de la Petite enfance, je pense à David Baudemont (délégation à Petits bonheurs en 2013), qui a rédigé le texte Les trois points de Tryo, lequel devrait être incessamment produit à Saskatoon. Je pense également à Laura Lussier, à Winnipeg, dont le spectacle, La chasse aux étoiles pourrait être également produit sous peu pour les touts petits. Laura a remporté un Prix de notre Fondation pour ce projet après avoir été à Petits bonheurs en 2011. Il en va de même avec Sarah Migneron, d’Ottawa (délégation 2011 à Petits bonheurs et qui vient tout juste d’être appuyée par la Fondation pour développer un texte issu de sa présence au sein de notre délégation).
 
Je pense à Émilie Leclerc, de Vancouver, qui, après avoir participé à la délégation de jeunes créateurs et critiques des arts de la scène, au FTA en 2012, s’est dit : « Moi, je ne veux pas être uniquement une interprète, je veux aussi créer mes projets » et qui est allée chercher des outils par la suite. Notamment, en mise en scène, avec le Stage au Banff Centre quelques mois plus tard. Elle y a amorcé un projet qu’elle continue d’ailleurs à développer, après avoir remporté un Prix de la Fondation en juin dernier. Bing-Bing-Bing. One-two-three punch ! On pourrait dire la même chose de Lou Poirier (délégation FTA 2012, Stage à Banff en 2011 et 2013, et récipiendaire de deux prix de la Fondation), qui met la main finale à son projet Arrêt sur image.
 
Je pense à Mathieu Chouinard, de Moncton, qui, lors du même stage au FTA en 2012, a fait  connaissance avec le chorégraphe tchadien Taïgue Ahmed, avec qui il développe depuis la toute première coproduction Acadie-Tchad. Nous en avons déjà parlé dans ces pages.
 
Je pense à certains de nos auteurs – la liste serait beaucoup trop longue à dresser –, qui ont bénéficié de nos activités dramaturgiques avec le CEAD, le Jamais lu et le Carrefour international de théâtre, ou encore avec les activités de la Fondation, et dont des textes ont été, ou seront, produits sous peu à Edmonton, Saskatoon, Winnipeg, Ottawa, Moncton et Caraquet. Une nouvelle génération d’auteurs semble vouloir prendre sa place dans notre milieu et nous croyons sincèrement que les activités que nous tenons avec de nombreux partenaires ne sont pas étrangères à la naissance de ce phénomène.  Quelques noms parmi tant d’autres : Mishka Lavigne, Lisa L’Heureux, Gabriel Robichaud, Joelle Préfontaine, Johanne Parent, Antoine Côté Legault, et j’en oublie.
 
Je pense aussi au projet de David Granger, à Saskatoon, Prix national d’excellence RBC de notre Fondation, en 2011, 4 Rondes pis plonge, qui fera dans les prochains jours l’objet d’une présentation spéciale à Montréal dans le but d’intéresser des coproducteurs québécois à s’associer à la Troupe du jour dans ce projet de trop grande envergure pour une seule compagnie. Je pense aussi au projet Je n’y suis plus, de Magali Lemèle (Prix Création du Ministère de la Culture de l’Ontario, remis par notre Fondation en 2011), qui a été présenté au cours des Zones théâtrales 2013 et qui sera offert dans la programmation du Théâtre du Nouvel-Ontario dans la saison 2014-2015.
 
Je pense finalement à tous ces artistes qu’on voit se développer au fil de nos activités depuis déjà cinq ans et qui nourrissent, d’un bout à l’autre du pays, les distributions et les équipes des productions des compagnies membres de l’association. Qui, à travers les années, sont devenus des artistes matures, plus confiants, plus aguerris, redoutables, des interlocuteurs de premier plan. D’autres suivront encore.  Encore une fois, c’est leur talent bien sûr qui est le premier responsable de leur succès et notre rôle n’est que de les appuyer. Mais encore faut-il le faire !
 
Initialement, la volonté de faire bénéficier aux pigistes de notre milieu d’activités de formation avait pour but de permettre aux compagnies de l’association de travailler avec des artistes plus aguerris. Il est évident qu’il s’agit d’une partie des bénéfices entraînés par ces activités. Malgré tout, nous sommes en train de nous rendre compte que ces bénéfices sont encore bien plus grands que cela. Ils participent activement à la naissance de regroupements et de projets un peu partout au pays. Au strict plan associatif, l’ATFC représente quatorze compagnies membres ; dans sa structure, c’est au nom de ces regroupements dont elle parle. Toutefois, l’action de l’ATFC est devenue encore beaucoup plus structurante, volumineuse et essentielle depuis quelques années.
 
Il suffit, par exemple, d’assister à la remise annuelle des Prix d’excellence de la Fondation pour l’avancement du théâtre francophone au Canada. La dizaine de pigistes qui sont appuyés à chaque année, si ils n’ont pas, de façon officielle, le statut de membres de l’association, bénéficient grandement de son action. Quand on assiste à cette soirée, il est impossible de ne pas considérer que ces gens font partie de la famille et que le petit bureau de deux personnes situé dans un recoin d’Ottawa, qualifié il y a quelques mois par notre ancienne présidente, Marcia Babineau, dans son rapport annuel, de « Bureau des miracles » a une incidence réelle sur le développement d’individus. Il est également impossible de ne pas ressentir la même chose quand on est en contact avec nos délégations d’artistes, que ce soit à Banff, au FTA, au Carrefour, au Jamais lu, etc.
 
À cet effet, il me semble pertinent de terminer avec un extrait d’une lettre qui a été adressée à l’ATFC par une des participantes au stage à Banff en novembre 2013, laquelle a aussi bénéficié de nombreuses autres occasions offertes par notre association et la Fondation, Marie-Claire Marcotte, de Régina.  
 
«  C’est grâce à l’ATFC que je peux m’épanouir en tant que comédienne, auteure et créatrice. Depuis mon implication avec l’ATFC, je vois ma carrière se développer tout en renforcissant les liens créés avec mes collègues dans le milieu du théâtre francophone. En tant qu’anglophone, je suis également épanouie par les opportunités que m’offre l’ATFC car je peux transférer mes acquis du français à l’anglais. Plus précisément, ce stage à Banff m’offre des outils de travail indispensables que je peux utiliser dans les deux langues officielles du Canada.
 
Merci de reconnaître le besoin des artistes francophones canadiens. Je retourne à mes projets artistiques désireuse et capable de partager mes nouvelles connaissances.».
 

ZOOM

Par Antoine Côté Legault
Zoom sur David Baudemont

Originaire de Mulhouse, dans la région de l'Alsace, en France, David Baudemont est installé à Saskatoon depuis une vingtaine d'années. Il y poursuit maintenant une carrière de dramaturge, d'écrivain et d'art-thérapeute. Tout cela après avoir œuvré
comme géologue pendant une vingtaine d'années. Depuis environ deux ans, il co-anime le Cercle des écrivains de la Troupe du Jour de Saskatoon aux côtés d'Ian Nelson, après en avoir été un membre très actif. L'ATFC a eu envie de le rencontrer en raison de sa participation à cette initiative extrêmement structurante pour le développement de la dramaturgie francophone de l’Ouest du pays, pour sa carrière de dramaturge, ainsi que pour le Prix du Centre des écritures dramatiques Wallonie-Bruxelles, qu'il a remporté en juin dernier.

De la France à l'Ouest canadien
 
Antoine Coté Legault : Vous êtes originaire de la France et, alors que vous aviez 33 ans, votre profession de géologue vous a amené à vous établir en Saskatchewan?
 
David Baudemont : Je travaillais dans le secteur de l'exploration de l'uranium, et la Saskatchewan en est pratiquement le plus gros producteur.
 
ACL : Votre changement de cap vers une carrière en art et vers le métier d'art-thérapeute s'est d'ailleurs amorcé alors que vous étiez en Saskatchewan?
 
DB : Oui, c'est vraiment venu après mon arrivée ici. À part un peu de guitare dans ma folle jeunesse, je n'avais pas fait grand-chose d'artistique. Je crois que la piqûre de l'écriture m'est venue par les lettres, parce que j'étais tellement isolé dans le Nord de la Saskatchewan à faire de l'exploration minière que j'écrivais des lettres à ma famille pour leur raconter la vie dans le bois. Ça a été mes premières écritures et j'y ai pris beaucoup de plaisir. Plus tard, j'ai commencé à composer des chansons. J'ai eu une mini carrière d'auteur-compositeur-interprète de trois ans. J'ai participé à trois galas de la chanson, à Chant'Ouest durant la fin des années 1990, j'ai fait partie de plusieurs groupes amateurs francophones à Saskatoon. Puis, au début des années 2000, la Troupe du Jour a mis en place son Cercle des écrivains avec le conseiller à la dramaturgie Alain Pomerleau. Il y a eu un premier appel d'offres pour des textes dramatiques, et c'est ce qui m'a poussé à écrire ma première pièce.
 
ACL : Vous êtes ensuite devenu membre à part entière du Cercle des écrivains?
 
DB : Oui, le Cercle des écrivains existe maintenant depuis plus d'une dizaine d'années. Il a commencé par des appels d'offres pour des textes. Certains auteurs étaient alors choisis pour participer à des ateliers avec un conseiller dramaturgique, afin que leurs textes soient montés. Ensuite, le Cercle s'est ouvert à tous ceux qui voulaient écrire, plutôt à partir d'exercices. Il s'est d'ailleurs ouvert à plusieurs formes littéraires, plus seulement au théâtre, mais aussi à la poésie et au roman.
 
ACL : Quel impact votre participation au Cercle des écrivains a-t-il eu sur vous? Est-ce que ça vous a aidé à être plus assidu comme auteur?
 
DB : Énormément! Sans ce Cercle, il y a beaucoup d’œuvres que je n'aurais pas terminées ou alors qui n'auraient pas été aussi abouties. Pratiquement tout ce que j'ai écrit, je l'ai soumis au Cercle des écrivains et j'ai recueilli les commentaires des membres.
 
ACL : Un peu plus tard, vous avez été formé en art-thérapie au Kutenai Art Therapy Institute en Colombie-Britannique? Qu'est-ce qui vous a amené à vous intéresser à cette discipline?
 
DB : J'ai fait du bénévolat pendant deux ans pour un programme offert aux jeunes de la rue à Saskatoon par le Saskatoon Family Service, qui était basé sur le théâtre. J'ai trouvé le résultat absolument époustouflant, puisque les jeunes avaient créé et joué une pièce qui rendait compte de leur réalité. À un moment donné, l'animatrice de cet atelier a prononcé le nom de drama-therapy, thérapie par le théâtre, et je me suis dit qu'est-ce que c'est que ça? L'animatrice m'a expliqué qu'il n'y avait qu'un seul programme de formation au Canada et que c'était offert à l'Université Concordia, à Montréal. Comme c'était très difficile de faire des études de thérapie par le théâtre à moins d'habiter à Montréal, je me suis tourné vers l'art-thérapie qui est plus répandue, afin de demeurer dans l'Ouest canadien : le Kutenai Institute est en Colombie-Britannique.
 
ACL : C'est une forme d'appel qui vous est venu pour faire ce changement de cap?
 
DB : Oui, c'est vraiment ça. Mon intérêt pour les sciences et la géologie diminuait. Je passais beaucoup de temps sur le terrain et ça commençait à me peser. J'avais envie de me recentrer à Saskatoon et de participer davantage à la vie communautaire. Je n'avais plus envie de partir si loin dans la région de l'Athabasca sur le terrain à parler à des cailloux. Tout cela m'a amené à faire un saut professionnel et, en 2007, après ma formation, j'ai ouvert un cabinet d'art-thérapie. J'ai fait beaucoup d'art-thérapie entre 2007 et 2012 avec des enfants, mais c'était très fatiguant émotionnellement. Après 2012, j'ai diminué mon activité d'art-thérapeute et je me suis concentré davantage sur l'écriture.
 
ACL : Parallèlement à votre travail d'art-thérapeute avec les enfants, vous avez d'ailleurs récemment écrit une pièce de théâtre pour la petite enfance qui s'appelle Les Trois Points de Tryo. Est-ce que le passage d'une écriture de pièces destinées aux adultes à celle d'une pièce pour la petite enfance (3 à 6 ans) a comporté des défis?
 
DB : Ça n'a pas été trop dur pour moi, puisque je suis aussi auteur de romans jeunesse, mais je ne savais pas exactement comment m'adresser verbalement à ce public, puisque le vocabulaire doit être restreint. L'ATFC m'a permis d'assister à Petits Bonheurs à Montréal en mai 2013, et de voir ce qu'on peut faire, ce qu'on peut dire, ce que les enfants comprennent, ce qu'ils ne comprennent pas.
 
Un retour aux sources
 
ACL : En juin dernier, vous avez été récipiendaire du deuxième Prix du Centre des écritures dramatiques Wallonie-Bruxelles (de la Fondation pour l'avancement du théâtre francophone au Canada, le bras philanthropique de l'ATFC), qui vous permettra d'aller faire une résidence d'écriture à Mariemont, en Belgique. Qu'est-ce que cette distinction représente pour vous?
 
DB : C'est un grand plaisir! D'ailleurs, je suis né en France, ma famille est originaire du Nord, pas très loin de la Belgique, donc ça m'amène à faire un retour aux sources. Je suis très content d'aller en Europe, parce que mon théâtre est peut-être plus proche de l'Europe qu'il ne l'est de l'Ouest canadien. Ce sera l'occasion de le faire connaître, de rencontrer des gens.
 
ACL : Votre théâtre fait davantage écho à des thématiques et des préoccupations humaines, plutôt qu'identitaires ou communautaires.
 
DB : Oui, ce n'est pas un théâtre qui est géographiquement localisé.
 
ACL : Dans le cadre de la résidence à Mariemont, vous travaillerez à l'écriture de la pièce À reculons. Vous vous êtes imposé un défi structurel important pour ce texte.
 
DB : C'est un défi qui a pour objectif d'annuler le temps, ou à tout le moins d'en démonter les mécanismes. Le point de départ est une problématique très contemporaine, à savoir quelle est l'influence du temps sur notre état d'esprit actuel? Ça part du principe que le temps des populations primitives était très différent de celui qu'on connaît aujourd'hui. Les premières civilisations n'avaient pas de futur. Ce n'était qu'une série de répétitions, le temps était perçu comme cyclique. De là, on est passé à notre époque à un temps linéaire, avec un début et une fin du monde, un découpage très fractionné du temps. L'idée est de voir quelle est notre construction mentale de ce temps linéaire et quelle en est l'influence sur notre état d'esprit.
 
ACL : Pour traiter de cela vous utilisez deux personnages aux antipodes, ceux de Recto et de Verso, l'un tourné vers le futur, l'autre vers le passé.
 
DB : Ce sont en quelque sorte deux facettes de moi-même, parce que j'ai été un géologue très tourné vers l'industrie et vers le futur. Puis ensuite, je me suis penché sur l'art-thérapie, une discipline qui se rapproche de la psychanalyse, très tournée vers le passé. J'ai voulu illustrer cette opposition des points de vue par deux personnages, l'un qui ne regarde que vers l'avenir, l'autre qui ne regarde que vers le passé.
 
ACL : Y aura-t-il réconciliation?
 
DB : Ils n'ont pas le choix, parce qu'ils sont tous les deux un peu coincés, parce qu'on ne peut pas vivre sans futur ni sans comprendre son passé. Les deux parties de la pièce, l'endroit et l'envers, ne sont pas des miroirs exacts. Dans la première partie, on voit le point de vue de Verso qui ne regarde que vers le passé. Ensuite, dans la deuxième partie, ce sont les mêmes scènes, mais c'est Recto qui parle. On voit donc quel est le point de vue de l'un et de l'autre, comment ils se ressemblent, comment ils se complètent, comment ils se bloquent aussi.
 
Ce que réserve le futur
 
ACL : Vous avez d'abord été auteur participant au Cercle des écrivains, vous avez ensuite pris un pas vers l'avant en animant certaines rencontres pour donner un coup de main à Ian Nelson. Comment et pourquoi votre rôle a-t-il évolué?
 
DB : Je crois qu’Ian, après sept ou huit ans d'animation, voulait être secondé par quelqu’un d’autre, et Denis Rouleau (directeur artistique de la Troupe du Jour) savait que j'étais habitué à l'animation parce que j’en avais fait avec les enfants dans les écoles. Il m'a donc proposé de co-animer; j’étais prêt à partager la tâche avec Ian. Je crois qu'on se complète très bien tous les deux.
 
ACL : Comment envisagez-vous votre rôle en tant qu'animateur?
 
DB : C'est très différent d'avec les enfants, on s'adresse à un public d'adultes, matures, avec leur propre style d'écriture. Parfois, je m'inspire de l'art-thérapie. J'adapte des exercices issus d'autres disciplines à l'écriture. J'essaie toujours de proposer des approches qui permettent de s'ouvrir l'esprit.
 
ACL : Y a-t-il une part du travail qui s'apparente davantage au mentorat offert par un conseiller dramaturgique?
 
DB : Non, ça je ne l'ai jamais fait. On soumet toujours nos textes au groupe et je crois que c'est beaucoup plus enrichissant, parce qu'avec un conseiller on n'a qu'un seul point de vue, alors qu'un groupe a une panoplie de points de vue. Ensuite, c'est à l'auteur de prendre ce qu'il veut et de laisser ce qu'il ne veut pas. La richesse du Cercle vient du fait qu'il y a plusieurs réactions à chaque texte.
 
ACL : Quel est le profil des membres du Cercle des écrivains de la Troupe du Jour?
 
DB : Le problème, c'est qu'on commence tous à avoir pas mal de cheveux gris! Le défi, c'est de renouveler le bassin d'écrivains. La relève existe pourtant, mais elle a tout de même une grande différence d'âge avec nous. On n'a pas exactement le même mode de vie et, pour le moment, on n'a pas encore réussi à attirer des écrivains plus jeunes.
 
ACL : Donc, pour vous, c'est une préoccupation?
 
DB : Je pense que oui, si les écrivains plus jeunes ne prennent pas la relève, le théâtre de création s'éteindra dans l'Ouest, ça c'est évident. La relève commence à se manifester, et je crois que c’est grâce au Cercle, aux initiatives de l’ATFC (prix, stages) et à des parrainages comme David Granger et Marie-Eve Gagnon, etc. Il faut aussi que les compagnies suivent, car sinon pourquoi écrire du théâtre? L’ATFC pourrait-elle instituer des programmes d’aide à la production de pièces originales écrites par des Franco-Canadiens? On pourrait aussi imaginer une sorte de «  Jamais Lu » hors-Québec  avec appel à textes.
 
ACL : Quels sont les autres défis pour les artistes de théâtre de l'Ouest canadien?
 
DB : Il y a un manque de débouchés ici pour des textes en français. Je tente de nouer des contacts avec des compagnies de Montréal, mais comme pour le théâtre en général ici dans l'Ouest, les débouchés sont assez limités. Alors, parfois on écrit et on se demande où va aller ce texte, est-ce qu'il va être produit?
 
ACL : En conclusion, auriez-vous autre chose à ajouter?
 
DB : Du point de vue général, j'aimerais souligner l'impact extraordinaire de l'ATFC sur mon écriture. Grâce à son soutien, j'ai pu participer à de nombreuses activités comme le stage d'écriture dramatique au Banff Centre en 2011, la résidence d'écriture à Mariemont, l'événement Petits Bonheurs. Sans l'ATFC, je ne sais pas si j'écrirais encore du théâtre. Mon avant-dernière pièce, De l'origine des espèces, a été écrite presque en totalité durant le stage de Banff!

Antoine Côté Legault
Formé en théâtre à l'Université d'Ottawa (baccalauréat et maîtrise), Antoine Côté Legault est un amant comblé du théâtre et de l'écriture. Dramaturge et conseiller dramaturgique, il est aussi créateur de la Bibitte Poétique, à travers laquelle il développe des spectacles de poésie-théâtre. Parallèlement à sa carrière artistique, il remplit de nombreux contrats de rédaction, d'analyse, de vulgarisation et d'animation d'ateliers dans le domaine du théâtre et de la poésie orale.

 
CHEZ NOS MEMBRES
Au Théâtre populaire d'Acadie

De jeunes artistes en création au TPA

Du 27 septembre au 15 octobre, Mathieu Chouinard, artiste en résidence au TPA en 2014-2015 (grâce à artsnb), entame une deuxième étape de travail sur le spectacle Tréteau(x) avec les créateurs Annik Landry et Marc-André Charron, ainsi que le musicien Jean-François Mallet.
De plus, à compter du 16 octobre, le TPA ouvre son lieu de production, la Boîte-Théâtre, à l’artiste Lou Poirier, qui y tiendra une résidence de création avec son mentor Jacques Lessard. La résidence se terminera avec une présentation publique le dimanche 19 octobre, à 14 h 30.
 
Au Théâtre de la Vieille 17
Le Théâtre de la Vieille 17 célèbre ses 35 ans!
Pour célébrer 35 ans de partage artistique, La Vieille 17 vous convie à un 5 à 7 festif le 29 septembre prochain au Bar du Motel Concorde, situé au 333, chemin Montréal, à Ottawa.
 
Venez célébrer avec nous et mettre votre savoir à l’épreuve avec le jeu-questionnaire « Connaissez-vous votre Vieille 17? »
 
Ce petit rassemblement précèdera la première représentation de Fool for love, une pièce de Sam Shepard, traduite par Michèle Magny, présentée conjointement par le Théâtre de la Vieille 17 et le Théâtre des Cybèle. La pièce, présentée dans une chambre du motel, sera également en tournée à Alfred et Cornwall.
 
Au plaisir de fêter avec vous!
 
Merci de confirmer votre présence au 5 à 7 par courriel, à communications@vieille17.ca, ou par téléphone, au 613-241-8562, poste 23.
 
*L'évènement est réservé aux 19 ans et plus.
 
Au théâtre l'Escaouette
Paroles et musiques complices de la 38e saison du théâtre l’Escaouette
La saison 2014-2015 sera festive, alors que le théâtre l’Escaouette célèbrera cette année son 10e anniversaire dans son formidable lieu d’effervescence artistique de la rue Botsford à Moncton. Festive aussi dans le ton et le contenu, sa programmation variée propose six pièces, dont deux productions maisons et 4 accueils. S’ajoute la tenue du Festival à haute voix en avril, évènement bisannuel devenu une incontournable vitrine de la dramaturgie acadienne.
 
Plus qu’à l’habitude, la musique sera très présente dans les pièces de la 38e saison, comme le souligne la directrice artistique du théâtre l’Escaouette, Marcia Babineau : «Cette musique, on la retrouve pratiquement dans tous les spectacles, comme accompagnement ou comme créatrice d’ambiance; mais elle sera plus explicite dans des pièces comme Norge, qui fait une large place au compositeur norvégien Edvard Grieg, comme Le long voyage de Pierre-Guy B. qui nous entretient sur le parcours de musicien de Pierre Guy Blanchard, comme Midsummer - une pièce et neuf chansons, un titre qui se passe de commentaires, et comme Le jeu de la mélancolie, où le violoncelle souligne et ponctue la plupart des scènes et des répliques.»
 
Pour en apprendre davantage sur les pièces de la saison 2014-2015, consultez le www.escaouette.com
Un nouvel adjoint administratif se joint à l’équipe de l’Escaouette
Le théâtre l’Escaouette est heureux d’annoncer la présence de Pierre-Luc Mallet à titre d’adjoint administratif. Il détient un baccalauréat en administration des affaires - concentration en finance de l’Université de Moncton (2012). Il amène avec lui une expérience qu’il a acquise avec ses précédents postes aux Caisses populaires Acadiennes et aux Corporations au bénéfice du développement communautaire (CBDC) Péninsule Acadienne. Passionné de sport, Pierre-Luc a également été entraineur sportif pour une équipe de hockey régional durant la dernière année.
Bienvenue au sein de notre équipe dynamique!
Coordonnées : 
Pierre-Luc Mallet
506.855.0001 (poste 102)
administration@nb.aibn.com
Le long voyage de Pierre-Guy B. une création à ses dernières étapes
Les auteurs de la pièce Le long voyage de Pierre-Guy B. sont isolés dans un chalet près de la mer depuis quelques semaines afin de terminer l’écriture du texte. L’équipe de création entre en salle le 6 octobre au Théâtre Périscope de Québec afin de terminer la préparation pour les diffusions à l’Escaouette les 4, 5 et 6 novembre, au Théâtre français du Centre national des Arts du 28 au 31 janvier et au Théâtre Périscope du 10 au 28 février.
 
Ce spectacle est une coproduction du Théâtre Sortie de Secours, du théâtre l’Escaouette et du Théâtre français du Centre national des Arts.
Une grande première dans le cadre de sa 38e saison
Dans le cadre de sa saison, le théâtre l’Escaouette présentera en première mondiale la pièce Norge en version anglaise. La pièce sera présentée en français le 15 octobre à 19 h 30 suivi d’une représentation en anglais le 16 octobre à 19 h 30. Nous sommes ravis d’accueillir l’auteur, metteur en scène et comédien Kevin McCoy qui partagera la scène avec la pianiste Esther Charron et la danseuse Arielle Warnke St-Pierre.  

Crédits: photographie: Hélène Bouffard et Stéphane Bourgeois / stylisme: Marie-Renée Bourget Harvey / design: Diese.ca / courtoisie: Théâtre du Trident
 
Au Théâtre la Catapulte
De nouveaux visages à la Cataputle
Notre directrice administrative, Sibylle Berger, étant sur le point de mettre au monde son deuxième enfant, sera remplacée durant son congé maternité par Dorothy F. Maignan.
 
Dorothy possède plus de 10 années d’expérience en audit et en administration. Dans son pays d’origine, Haïti, elle obtient son baccalauréat en administration avec une spécialisation en comptabilité. Elle acquiert ensuite des expériences dans un cabinet d’experts comptables. Elle travaille ensuite pendant 6 ans dans une banque comme auditrice interne. Avant de s’installer définitivement au Canada, elle accepte le poste de Directrice des ressources financières et matérielles à la Cimenterie Nationale. Débarquée à Montréal en 2005, elle acquiert des expériences en services financiers et en services à la clientèle. En 2012, elle décide de retourner aux études,  s’installe à Ottawa et après un an, obtient un baccalauréat en Arts général avec mention à l’Université d’Ottawa. En 2013, elle effectue une maitrise en administration des affaires (MBA-Français) à l’École de gestion Telfer. Toute sa vie, Dorothy a participé à des activités artistiques faisant la promotion du théâtre et du chant. Elle est dévouée au rehaussement de l’art à Ottawa, car elle croit dans l’investissement communautaire.
 
Dorothy n’est pas la seule nouvelle venue au sein de l’équipe de la Catapulte. En effet, depuis le 17 septembre, Emmanuelle Le Coq effectue un stage en communications.
 
Originaire de Nantes, en France, elle est arrivée au Canada en août 2014. Elle étudie à Sciences Po Rennes, une université multidisciplinaire, pour ensuite faire un master en gestion des organisations culturelles. Intéressée par le théâtre depuis plusieurs années, Emmanuelle a suivi une option théâtre au lycée. Pendant trois ans, elle a pris des cours sur l’histoire du théâtre et a joué avec la troupe de son lycée les pièces suivantes. Depuis, elle a conservé une affection particulière pour ce milieu.
 
Emmanuelle restera avec la Catapulte jusqu’en mai 2015.
Dorothy F. Maignant                                                                    Emmanuelle LeCoq
Bilan des Feuilles Vives
Du 19 au 21 septembre se tenait à Ottawa l’événement de mise en lecture de Théâtre Action Les Feuilles vives, Paysage de la dramaturgie franco-ontarienne. La Catapulte y présentait deux mises en lecture.
 
La première était une reprise d’Évolution 3D d’Alexandra Gauthier, Amilie Parenteau et Kalina Parisien-Cadieux, de la troupe ESPrit d’Show de l’École Secondaire Catholique de Plantagenet. Le texte s’est mérité le Prix Étincelle HG/JL 2013 et la mise en lecture fut présentée pour la première fois dans le cadre du Festival Théâtre Action en Milieu Scolaire (FTAMS) en avril dernier. Coproduction entre le Théâtre la Catapulte, le Théâtre français de Toronto et le Théâtre du Nouvel-Ontario, Évolution 3D était mis en lecture par Alain Jean et mettait en vedette Miriam Cusson, Nicolas Desfossés, John Doucet, Stéphane Guertin, Marie-Pierre Proulx et Catherine Rousseau.
 
La seconde mise en lecture était l’œuvre du travail conjoint du Théâtre la Catapulte et du Théâtre Belvédère. Les Vertiges assassins de Marc Boucher (auteur issu du milieu communautaire) étaient ainsi mis en lecture par la directrice artistique du Belvédère, Caroline Yergeau. Caroline s’était entourée des comédiens Marie-Eve Fortier, Philippe Landry, Marie-Thé Morin et Anie Richer.

Ce partenariat entre le Théâtre la Catapulte et le Théâtre Belvédère fait ainsi écho à celui entourant la création de Cinéma, que nous présenterons du 29 avril au 2 mai 2015. Cinéma, de Mishka Lavigne, avait en effet été mis en lecture par Jean Stéphane Roy, directeur artistique de la Catapulte, lors de la première édition des Feuilles vives il y a deux ans. Cette lecture ne fut pas sans suite, puisque Jean Stéphane a ensuite décidé de produire la pièce en partenariat avec le Théâtre Belvédère, et a demandé à Caroline de se charger de la mise en scène.
 
Notons également le succès rencontré par Caroline Yergeau durant cette fin de semaine. En effet, son texte Fucking Carl, coécrit avec Louis-Philippe Roy et mis en lecture par Stéphane Guertin des Créations In Vivo, a rencontré un très grand succès auprès du public. Bravo Caroline !

Les comédiens des Vertiges assassins : Philippe Landry, Marie-Eve Fortier, Anie Richer et Marie-Thé Morin.
Un tout nouveau Catalyseur
Vous pouvez enfin vous délecter de notre nouveau Catalyseur ! Vous pourrez vous en procurer lors de nos événements. Et si vous ne pouvez pas attendre, il est d’ores et déjà consultable en ligne : http://catapulte.ca/catalyseur/
 
Bonne lecture !
 
Au Théâtre du Nouvel-Ontario
Le Théâtre du Nouvel-Ontario se mérite le Prix de la première ministre de l’Ontario pour l’excellence artistique 2014
 
C’est le mardi 16 septembre dernier que le ministre du Tourisme, de la Culture et du Sport de l’Ontario, Michael Coteau, remettait les Prix de la première ministre de l’Ontario pour l’excellence artistique 2014. Créés en 2006 par le gouvernement de l’Ontario, le prix rend hommage aux réalisations exceptionnelles d’artistes et d’organismes artistiques et à leurs contributions aux arts et à la culture en Ontario sur une période prolongée. Le prix Organisme artistique, catégorie sous laquelle se trouvait le TNO, est accordé à un organisme artistique qui participe à la production ou à la distribution d’œuvres d’artistes professionnels et est accompagné d’une bourse de 50 000 $. 
 
« C’est un grand honneur que j’accepte avec humilité au nom de tous les artistes, administrateurs, bénévoles, membres du personnel et spectateurs qui ont contribué aux projets et au succès du TNO depuis 43 ans », affirme la directrice artistique, Geneviève Pineault.
Mme Geneviève Pineault, directrice artistique et générale du Théâtre du Nouvel-Ontario en compagnie de M. Michael Coteau, ministre de la culture, des loisirs et du sport de l'Ontario
 
EN ROUTE VERS LE 30e
Par Antoine Côté Legault
Le Théâtre français de Toronto
Pour brosser le portrait de cette compagnie qui a plus de 45 ans d'existence, nous avons cru bon d'interroger Guy Mignault, son directeur artistique depuis 1996, mais aussi le directeur administratif et de financement de la compagnie, Ghislain Caron. Ce dernier a débuté sa carrière au sein du TfT il y a vingt-cinq ans, alors qu'il y faisait du télémarketing le soir, après l'école. Petit à petit, il a gravi les échelons, remplissant diverses tâches administratives, jusqu'à véritablement devenir l'un des piliers de l'organisme.
Guy Mignault                                                                                Ghislain Caron
Naissance et premier directeur artistique
 
Antoine Côté Legault : Comment est né le Théâtre français de Toronto, qui a d'abord vu le jour sous le nom du Théâtre du P'tit Bonheur?
 
Guy Mignault : Au tout début, en 1967, il y a trois dames qui ont fait le constat qu'il n'y avait pas assez d'activités en français à Toronto. Il n'y avait virtuellement rien. Donc ces trois dames ont monté la pièce Le P'tit bonheur de Félix Leclerc dans le sous-sol de l'Église du Sacré-Coeur. La pièce a été jouée quelques fois et, ensuite, le curé d'Oshawa a invité la troupe à venir jouer dans sa paroisse. Au moment de les présenter, il les a appelés les acteurs du Théâtre du P'tit Bonheur. Pendant les vingt premières années, la compagnie a porté ce nom.
 
ACL : Qu'est-ce que l'arrivée de John Van Burek, qui a occupé la fonction de directeur artistique de la compagnie de 1970 à 1979 approximativement, puis de 1982 à 1991, change dans la dynamique de la compagnie?
 
GM : Pendant les trois premières années, la compagnie est restée amateur, et en 1970, John Van Burek s'est intégré à la troupe et en est devenu le premier directeur artistique. À plusieurs endroits, on lit que ça a été lui le fondateur, mais en fait, c'est les trois « bonnes femmes » qui sont les fondatrices. Disons que John a été le maître d'œuvre de la mise sur pied d'une compagnie professionnelle. Il a rempli un premier mandat de quelques années. Ensuite, l'Acadien Eugène Galland a pris la relève pour deux ou trois ans, puis John est revenu.
 
Ghislain Caron : En fait, un des éléments que John a apportés à part la professionnalisation, c'est qu'il a fait connaître Michel Tremblay aux gens de Toronto. Parce qu'il produisait des pièces de Tremblay en français.
 
GM : Durant la fin des années 1960, à l'époque où Michel Tremblay a été découvert à Montréal pour les Belles-Sœurs, John l'a rencontré et est devenu le traducteur de ses pièces avec Bill Glasco, le fondateur du Tarragon Theatre à Toronto. Alors, c'est comme ça que l'histoire d'amour a commencé entre Michel Tremblay et le Théâtre français de Toronto.
 
ACL : Je trouve intéressant de remarquer que durant le mandat de John Van Burek, le répertoire qui est joué est très divers. Il y a des pièces qui sont québécoises, des créations franco-ontariennes, il y a des pièces de répertoire, etc.
 
GC : Le mandat n'a jamais changé finalement depuis l'époque de John, parce qu'il a toujours voulu faire des classiques, des créations, du répertoire contemporain, et c'est resté jusqu'à aujourd'hui.
 
GM : Comme on est la seule compagnie francophone à Toronto qui propose une saison complète chaque année, par définition on est une compagnie touche-à-tout. On ne peut pas faire que de la création, que du classique, que de la comédie musicale. On fait un peu de tout ça.
 
ACL : En 1987, le Théâtre du P’tit Bonheur devient le Théâtre français de Toronto. Selon vous, qu'est-ce qui explique ce changement de nom?
 
GM : Il semblerait que pour les gens de la compagnie, à l'époque, le mot « P'tit » avait un côté trop modeste. Somme toute, « Théâtre français de Toronto », ça fait plus sérieux.
1- Les médecins de Molière de Molière, collage de textes et mise en scène de Jean Stéphane Roy (crédit photo: Marc Lemyre)
2- Les fridolinades de Gratien Gélinas, mise en scène de Perry Schneiderman (crédit photo: Marc Lemyre)
3- Zone de Marcel Dubé, mise en scène de Jean Stéphane Roy (crédit photo: Sylvain Sabatié)
4- Albertine en cinq temps de Michel Tremblay, mise en scène de Jean Stéphane Roy (crédit photo: Sylvain Sabatié)
5- Le fa le do de Luc Moquin, mise en scène de Mathieu Charrette (crédit photo: Marc Lemyre)
Quelques défis
 
ACL : Qu'est-ce que l'arrivée de Diana Leblanc, qui a occupé le poste de directrice artistique de 1991 à 1996, a changé?
 
GC : Durant la fin de son mandat, John Van Burek accueillait principalement des spectacles de l'extérieur et engageait beaucoup de comédiens de Montréal pour ses propres productions. La communauté artistique torontoise boudait le Théâtre français parce qu'il ne l’embauchait plus. Je me souviens que, quand Diana est arrivée (je travaillais déjà au TfT à l'époque), c'était dans sa philosophie de faire connaître les gens de Toronto, alors elle a fait beaucoup de mises en lecture. On faisait entre cinq et dix lectures par année pour engager le plus de monde possible. Ça a beaucoup changé l'ambiance, parce que tout le monde s'est rapproché du Théâtre français de Toronto. Par contre, un autre défi qui s'est présenté, c'est que l'anglais était devenu de plus en plus présent dans les bureaux et dans les répétitions.
 
GM : D'ailleurs, quand je suis entré en poste à la direction artistique, beaucoup de choses se faisaient en anglais et j'ai eu de la difficulté à comprendre la compagnie.
 
GC : Par contre, si on revient du côté positif, les mises en scène de Diana ont toujours été très prisées. Elle a une touche particulière comme metteure en scène et cela attire autant les francophones que les anglophones. Ses créations nous ont amené beaucoup de nominations aux Prix Dora. Elle a quitté la compagnie parce qu'elle était très sollicitée pour des contrats à l'extérieur du bureau.
 
ACL : Elle a tout de même réussi à rallier la communauté artistique et à contribuer à la réputation de la compagnie.
 
GC : Artistiquement elle a apporté beaucoup et, depuis, les artistes sont restés proches du TfT.
 
ACL : J'aimerais revenir un peu en arrière, parce que vous parliez plus tôt de la façon d'envisager la création qui était plutôt anglophone, qu'est-ce que ça signifie?
 
GM : C'était dans la façon de répéter, dans l'atmosphère en salle de répétitions. En anglais, ça passe par la tête d'abord, et le cœur ensuite. Et en français, ma façon de travailler, et je pense que c'est la façon générale, ça passe par le cœur d'abord et la tête ensuite. La différence est là. Et c'est pourquoi je ne me retrouvais pas là-dedans. Parce que je suis un émotif, je suis un instinctif. Ghislain, lui, est plutôt un cartésien. C'est pourquoi il nous arrive de discuter fort et c'est pourquoi les résultats sont là au final. Sur scène pour moi, c'est plus important de commencer par le cœur et d'ensuite aller à la tête. Je vais mourir en défendant ce principe.
 
ACL : Je sais qu'il y a eu une période difficile sur le plan financier à cette époque.
 
GC : Oui, il y a eu deux importants déficits. Je suis arrivé au TfT en 1989 pour faire du télémarketing durant la fin du mandat de John. On a dû couper la saison 1989-1990 de cinq spectacles à deux, parce qu'il y avait un déficit de presque 200 000 $. Puis, comme les subventions ont été maintenues malgré notre décision de réduire le nombre de spectacles, il a été épongé en un an seulement. Par la suite, le TfT a été confronté à un second manque à gagner sous la gouverne de Diana Leblanc en 1995-1996. Quand Guy est entré en poste, on a dû gérer ce manque à gagner hérité de l'année précédente. Ce n'était pas nécessairement la faute aux gestionnaires d'avant. Ça avait été une année difficile. Il y avait eu moins de public, puis des subventions avaient été coupées. Suite à cela, le conseil d'administration est devenu très frileux. Mes premières années comme directeur administratif et les premières années de Guy comme directeur artistique ont été très difficiles. Le conseil d'administration pensait qu'il devait gérer la compagnie et on a dû se battre contre ça. Finalement, on a récupéré le déficit très rapidement, mais ça a pris trois à quatre ans de travail pour changer la philosophie du conseil d'administration. On n'était pas les seuls à Toronto à se battre; les gens ici pensent d'abord affaires et non par le cœur, comme Guy le dit souvent.
 
GM : C'est très corporate ici, c'est très business, donc quand les gens deviennent présidents d'un organisme, ils ont l'impression que toute la responsabilité leur incombe, comme s'ils étaient présidents de General Motors.
 
GC : C'est plutôt cette philosophie qui a primé jusqu'à ce que Guy et moi on se mette à travailler fort pour convaincre le conseil d'administration que ce n'était pas la meilleure façon de fonctionner. Depuis dix ans maintenant, les rôles sont plus clairs, le cœur c'est Guy, je suis là pour la gestion et le conseil d'administration sert davantage de soutien pour s'assurer que tout va bien. C'est devenu une belle cohésion!
 
ACL : De ton côté, Ghislain, ayant connu les trois directeurs artistiques du TfT, comment as-tu perçu l'évolution de la compagnie durant tes 25 années au sein de la compagnie?
 
GC : Ça a été énorme. Avec chaque changement de directeur artistique, j'ai eu l'impression de changer de compagnie. Aussi, peu de temps après que Guy est arrivé, je suis devenu directeur administratif, donc mon rôle changeait beaucoup. Au fil des années, je suis passé d'une position d'observateur, de simple employé, à celle d'une personne qui participe de façon concrète aux enjeux de la compagnie et fait partie intégrante du processus décisionnel.
Les Fourberies de Scapin de Molière, mise en scène de Guy Mignault (crédit photo: Marc Lemyre)
Vers de plus beaux lendemains
 
ACL : Depuis 2008, vous avez vos propres locaux dans lesquels se trouvent vos bureaux, un studio de répétitions et un atelier de costumes. Qu'est-ce que cela a changé?
 
GM : Ça a changé tellement de choses! Ça a changé notre façon de répéter. C'est-à-dire que maintenant, on répète une semaine, puis on se lâche pour à peu près un mois, un mois et demi, et ensuite on recommence les répétitions. Cela fait en sorte qu'il y a un temps d'incubation pour les acteurs et les concepteurs. Notre studio 21, comme on l'appelle, nous permet de donner des cours de théâtre pour enfants tous les samedis matins, ce qui nous rapproche de la communauté énormément. On peut le prêter ou le louer à d'autres organismes, ce qui nous garde en contact avec eux. On peut faire des spectacles, on peut donner des lectures. Notre projet Les Zinspirés a pris du mieux parce que ça se fait chez nous. Lorsque nous sommes ici, tous les bureaux servent aux auteurs adolescents qui sont en train d'écrire et de réécrire leurs textes en vue de la production. Tous nos ordinateurs sont allumés. C'est formidable de voir ça.
 
GC : Le fait de déménager ici, c'est aussi un gros accomplissement tant sur le plan administratif qu’en ce qui regarde le rayonnement, parce qu’on est situé au centre-ville, sur la rue College, qui est tout de même prestigieuse. Aussi, en tant qu'employés du bureau, on a la chance de voir les artistes, parce qu'ils répètent ici...
 
GM : Il y a une autre chose qui est extraordinaire maintenant. Grâce à nos locaux, on peut inviter des gens à venir nous voir. Avant, nos bureaux étaient au coin « d'Enfer et de Purgatoire ». On était au 5e étage d'un édifice médical et tous les matins on prenait l'ascenseur avec des gens malades. Ça a duré dix ans. On était déprimés.
 
GC : On n’avait pas encore déménagé parce qu'on espérait qu'une opportunité se présente, et en 2007, TFO préparait son déménagement dans les locaux ici, dont ils nous ont loué une partie. Avec le temps qu’ont pris les négociations, on a finalement déménagé au mois d'août 2008.
 
ACL : Est-ce que ça reste encore un enjeu l'idée d'avoir votre propre salle de spectacle?
 
GM : C'est toujours un enjeu. On cherche toujours à avoir un endroit où ce sera écrit « Théâtre français de Toronto ». Quelle forme est-ce que cela prendra? On ne le sait pas. Est-ce qu'on va être propriétaire? Je ne suis pas sûr, parce que l'immobilier à Toronto, c'est démesuré. Ce qu'on se dit toujours, c'est que si jamais avoir notre propre lieu mettait en péril la compagnie de production que nous sommes, on ne le fera pas. C'est une compagnie qui est trop importante.
 
ACL : La mise en place des surtitres a été une initiative qui fait partie des plus porteuses des dix dernières années.
 
GM : Depuis qu’on a fait les surtitres, en 2005, ça a changé énormément la perception des autres compagnies par rapport à nous.
 
GC : Les surtitres servent principalement les amateurs de théâtre et la communauté artistique qui nous disaient : « J'aimerais aller à votre théâtre, mais je ne comprends pas le français. »
 
GM : Il y a 40 % de notre public qui n'est pas francophone.
 
ACL : Vous avez participé récemment à une nouvelle initiative qui s'appelle Theatres Leading Change.
 
GC : C'est il y a 15 mois que cette nouvelle initiative a vu le jour. La communauté artistique avait le désir que les compagnies de Toronto se rassemblent et trouvent une solution ensemble pour remettre le théâtre à la mode, ainsi que pour mettre en place des initiatives qui permettent de développer un milieu plus rassembleur.
 
GM : Ce qui a été le plus fort de Theatres Leading Change, ce sont les tables rondes où des directions de compagnies se retrouvent ensemble à discuter des grands enjeux. Ce qui est ressorti de notre dernière rencontre, c'est que Toronto est une grande ville de théâtre, beaucoup de théâtre est produit, il y a beaucoup de festivals. Donc, il faudrait qu'on publicise Toronto comme étant une destination de théâtre.
 
GC : Il y aura d'ailleurs une application disponible sur les appareils mobiles qui sortira en novembre et sur laquelle tous les théâtres à Toronto seront rassemblés et où on pourra avoir accès à leurs programmations. Une autre idée issue de nos rencontres de groupe, c'est que les compagnies vont créer des blogues afin de se prendre en main plutôt que d'attendre la couverture médiatique.
 
GM : L'idée sera aussi que les compagnies parlent les unes des autres, mais avec un préjugé favorable.
 
GC : Theatres Leading Change a été mis sur pied par TAPA (Toronto Alliance for the Performing Arts), un organisme qui rassemble les théâtres, les compagnies de danse et les compagnies d'opéra. Je peux en parler davantage parce que j'en suis le trésorier. Chacun des neuf organismes qui a pris part à Theatres Leading Change cette année devait mettre sur pied une initiative particulière. Suite à cela, Guy a choisi de revoir la façon dont on fait la programmation, pour savoir si elle est encore pertinente dans le contexte actuel à Toronto. C'est une initiative sur laquelle on a travaillé toute l'année avec une consultante qu'on a rencontrée à plusieurs reprises. On a discuté pendant des heures, on a tout déconstruit et reconstruit la programmation du TfT. Finalement, ça nous a vraiment donné des lignes de conduite pour le futur. Un exemple concret, c'est qu'il est devenu clair qu'il faut se rapprocher des Indisciplinés, la troupe de théâtre communautaire francophone de Toronto, et des Improbables, une ligue d'improvisation francophone à Toronto. Il ne faut pas créer une rupture entre professionnel et communautaire.
 
GM : On a fait beaucoup de chemin parce qu'on est considéré par les compagnies anglophones comme une compagnie égale, on a déjà été considéré comme le « p'tit » frère, mais maintenant on se parle d'égal à égal. C'est assez sensationnel!
 
ACL : L'époque du « p'tit », comme le Théâtre du P'tit Bonheur, est révolue.
 
GM : Le « p'tit » est parti.
À toi pour toujours, ta Marie-Lou de Michel Tremblay, mise en scène de Guy Mignault et Diana Leblanc (crédit photo: Marc Lemyre)
Pour en savoir davantage sur le Théâtre français de Toronto, visitez son site Internet! Il est également possible de suivre ses activités via Facebook, Twitter ou You Tube!
Dans le Bulletin de décembre 2014, l’ATFC vous présentera le Théâtre la Catapulte!
 

EN BREF

L’ATFC fortement impliquée dans la relance d’ASSITEJ/Canada
Après avoir facilité, avec le soutien du Conseil des Arts du Canada, la présence de deux directions artistiques de ses compagnies membres au 18e Congrès mondial d’ASSITEJ (Association internationale du théâtre pour l’enfance et la jeunesse) à Varsovie, en Pologne, en mai dernier, l’ATFC se voit maintenant très impliquée dans la remise sur pied de la branche canadienne de cet organisme, laquelle a récemment connu quelques années de silence. Les représentants de l’association en Pologne étaient Craig Holzschuh, directeur artistique et général du Théâtre la Seizième, et Marcia Babineau, qui assume les mêmes fonctions au théâtre l’Escaouette.
 
Au cours de la récente assemblée annuelle de notre association, qui s’est tenue à Québec les 1er et 2 juin dernier, Craig Holzschuh et Alain Jean, directeur général de l’ATFC, ont été mandatés par les membres pour assurer une représentativité des compagnies franco-canadiennes dans l’exercice de restructuration d’ASSITEJ Canada. Ils travailleront ainsi avec Théâtres Unis Enfance Jeunesse (Québec), la Professional Association of Canadian Theatres, ainsi que le réseau des festivals canadiens destinés aux jeunes publics afin de relancer cet important consortium de praticiens et de diffuseurs consacrant leurs activités aux jeunes publics.
 
L’assemblée générale de fondation de la nouvelle entité, qui opérera sous l’appellation ASSITEJ/Canada, aura lieu le 22 novembre prochain, à la Maison Théâtre, à Montréal. Deux jours plus tôt, des représentants du milieu jeune public de la francophonie canadienne auront l’occasion d’échanger sur leur pratique avec des collègues de la France, de la Wallonie-Bruxelles et du Québec.  
 
Il est possible que l’ATFC soit présente lors du rassemblement artistique d’ASSITEJ Internationale, à Berlin, en avril prochain.
 
Comme on peut le voir, la réflexion sur la pratique du théâtre jeune public des compagnies membres de l’ATFC commence à se structurer davantage et à s’arrimer à celle de leurs collègues d’ici et d’ailleurs.
 
Six représentants du milieu théâtral de la francophonie canadienne sous le chaud soleil d’Avignon
Du 14 au 23 juillet dernier, le gouvernement canadien, membre de la Commission Internationale du Théâtre Francophone (CITF), par l’entremise du Ministère du Patrimoine canadien et du Conseil des Arts du Canada, facilitait la présence de six représentants du milieu théâtral de la francophonie canadienne lors de la soixante-huitième édition du Festival d’Avignon. Maurice Arsenault, directeur artistique et général du Théâtre populaire d’Acadie et membre du conseil d’administration de l’ATFC, Anne-Marie White, directrice artistique et générale du Théâtre du Trillium, Denis Rouleau, directeur artistique et général de la Troupe du Jour, Gilles Poulin-Denis, représentant du Théâtre la Seizième, Alain Jean, directeur général de l’ATFC, René Cormier, directeur artistique des Zones théâtrales, et Guylaine Normandin, Chef du Service du théâtre au Conseil des Arts du Canada, ont pu assister à une trentaine de spectacles chacun – à raison de deux, trois ou parfois quatre par jour – et rencontrer de nombreux praticiens en provenance d’un peu partout en francophonie, tout cela sous une température avoisinant les 40 degrés. 
 
L’ATFC tient à remercier sincèrement Marie-Josée Miville-Deschênes, représentante canadienne à la CITF, ainsi que l’organisme Émile & Cie pour l’organisation de cette activité de ressourcement professionnel et de réseautage qui permet à notre milieu d’être un peu plus connu hors des frontières canadiennes. 
 
Sept artistes franco-canadiens à Dramaturgies en dialogue
Comme elle le fait à tous les deux ans, l’ATFC permettait tout récemment à une délégation d’auteurs franco-canadiens de se rendre à Montréal afin de leur donner l’occasion d’assister à la série de lectures publiques tenue par le Centre des auteurs dramatiques, Dramaturgies en dialogue, et ainsi de se familiariser avec la dramaturgie actuelle d’ici et d’ailleurs, tout en ramenant cette connaissance dans notre milieu. Pour l’édition 2014, en plus de textes d’auteurs membres du CEAD, des œuvres en provenance de l’Afrique étaient offertes. La délégation franco-canadienne était composée de Sasha Dominique et d’Antoine Côté Legault d’Ottawa, de Guylaine Joly de Moncton, ainsi que de Pierrette Requier d’Edmonton.
 
Ils se sont joints à trois autres artistes issus de notre milieu qui avaient été sélectionnés par le CEAD pour faire partie de l’École d’été, dont les activités se tenaient en marge de Dramaturgies en dialogue, soit la metteure en scène de Vancouver Marie Farsi, ainsi que les auteures d’Ottawa Mishka Lavigne et Lisa L’Heureux.  
 
Au terme de leur présence à Montréal, les quatre artistes ayant fait partie de la délégation déclaraient : « Un artiste a besoin d’être confronté à d’autres formes de pratique que la sienne, ou alors à des pratiques semblables, mais comportant chacune ses particularités; en tant qu’auteure de la relève, il est primordial de voir et d’entendre ce qui se fait ailleurs; les rencontres avec d’autres artistes partageant les mêmes questionnements sont toujours très enrichissantes; cet événement stimule notre propre pratique d’auteur; l’événement propose de belles rencontres artistiques, ce qui est très bienvenu dans le métier d’auteur, ce dernier étant plutôt reclus puisque l’écriture est surtout un acte solitaire. »
 
Dévoilement des participants à la quatrième édition du Stage en formation continue du Stage Banff
Le 27 août dernier, le jury de sélection du Stage en formation continue, réunissant des représentants de l’ATFC et de l’École nationale de théâtre du Canada, procédait à la sélection des candidats pour l’édition 2014. Le stage sera offert au Banff Centre du 17 novembre au 5 décembre prochains. Seize personnes ont été choisies parmi les trente-huit candidatures reçues. Il s’agit de :
 
La création théâtrale : de l’urgence de dire à la parole de l’artiste. Professeur : Philippe Ducros. Rappelons que pour cet atelier, il était possible de postuler en groupe ou en solo :
  • Ludger Beaulieu, Isabelle Bartowiack et Bianca Richard : Moncton
  • Lou Poirier : Moncton
  • Esther Duquette, Gilles Poulin-Denis, Julie Trépanier et Cory Haas : Vancouver 
Analyse de textes. Professeure : Maureen Labonté.
  • Stéphane Guertin : Ottawa
  • Antoine Côté Legault : Ottawa
  • Geneviève Pineault : Sudbury
  • Marie Farsi : Vancouver
  • Laura Lussier : Winnipeg
Création vidéo. Professeur : David Leclerc. Dans ce cas également, il était possible de postuler en équipe ou en solo.
  • Marie-Pierre Proulx et Benoît Brunet-Poirier : Ottawa
  • Evelyne Asselin : Banff 
L’ATFC remercie toutes les personnes qui ont soumis leur candidature.
 
Cette année, comme ce fut le cas lors de la première édition, des conférenciers seront invités à venir s’entretenir avec le groupe et ainsi offrir un contrepoint à la formation telle que dispensée au quotidien. Cinq conférences auront lieu tout au long du stage. Pour l’instant, l’ATFC est en mesure de confirmer la présence de l’acteur, humoriste et auteur, bien connu un peu partout au pays et à l’étranger, Rick Miller. Il viendra discuter avec le groupe de ce qu’il appelle « l’Architecture de la créativité ».
 
Ce stage en formation continue représente un partenariat au plan de la formation entre l’Association des théâtres francophones du Canada, l’École nationale de théâtre du Canada et le Banff Centre. Il est rendu possible par, outre la contribution des partenaires, l’appui généreux du Fonds du Canada pour la formation dans le secteur des arts, du Service du théâtre du Conseil des Arts du Canada et du Centre national des Arts du Canada.
 
Deux auteurs franco-canadiens participeront à la Résidence urbaine du CEAD.
 
À travers un partenariat avec l’ATFC, le Centre des auteurs dramatiques, situé à Montréal, a choisi deux auteurs franco-canadiens afin de leur permettre d’effectuer une résidence, avec des auteurs membres du Centre, sous la direction de l’auteure belge, Veronika Mabardi et du conseiller Paul Lefebvre. La résidence se déroulera sous le thème Retravailler son texte.
 
Marie-Claire Marcotte et Matthieu Girard ont été sélectionnés parmi les six candidatures franco-canadiennes reçues.
 
Ils seront donc à Montréal du 20 au 31 octobre prochain afin d’y travailler sur leur œuvre en devenir, La conviction de Corinne, pour Marie-Claire Marcotte, et Celui qui revient, en ce qui regarde Matthieu Girard.    
 
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