Bulletin de l'ATFC

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Le 11 juin 2015 Numéro 35

Dans cette édition

BULLETIN DE L'ATFC
JUIN 2015, NUMÉRO 35
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DANS CETTE ÉDITION


Dans ce 35e numéro, L'ATFC profite de son grand dossier pour présenter le troisième d'une série de quatre grands dossiers. Elle contribue ainsi à faire connaître et à décrire les recommandations qu'elle désire soutenir et mettre de l'avant en vue de la prochain élection fédérale, prévue au plus tard le 19 octobre prochain. Dans la section Zoom, l'ATFC présente Marcelle Dubois, directrice générale et artistique du Festival du Jamais Lu. Chez nos membres renferme les dernières nouvelles de nos compagnies membres, alors que la section Dans le sillon du 30e est l'occasion d'offrir le portrait d'une de celles-ci, Le Cercle Molière, à travers le regardde la directrice artistique actuelle, Geneviève Pelletier. Finalement, les dernière nouvelles de l'ATFC, ainsi que celles des artistes de notre milieu, se trouvent dans la section En bref.
 

GRAND DOSSIER

Par Alain Jean, directeur général de l'ATFC

Recommandation numéro 2 en vue de l’élection fédérale prévue pour octobre prochain 

L’ATFC profite de son bulletin de juin pour présenter le troisième d’une série de quatre grands dossiers. Elle continue ainsi à faire connaître et à décrire les recommandations qu’elle désire soutenir et mettre de l’avant en vue de la prochaine élection fédérale, prévue, pour l’instant, et au plus tard, le 19 octobre prochain. Cette série se poursuivra d’ailleurs à l’occasion de la prochaine édition de notre bulletin, en septembre.  


Issues tantôt de la Coalition canadienne des arts, tantôt de la Fédération culturelle canadienne française – deux organismes dont elle est membre –, ces recommandations auxquelles l’ATFC s’arrime humblement, ont pour objectif principal de mieux soutenir l’ensemble du milieu culturel et artistique canadien afin qu’il puisse dialoguer avec l’ensemble des citoyens de notre pays, ainsi qu’avec l’international. Elles souhaitent également que notre secteur puisse être considéré comme un élément central à la vie canadienne, toutes considérations confondues.

En janvier dernier, l’ATFC présentait la première de ces trois recommandations : Que le gouvernement du Canada restitue son appui au fonctionnement de certaines agences culturelles fédérales incontournables pour l'essor des arts et de la culture au Canada (le Centre national des arts, la Société Radio-Canada, Téléfilm Canada, l'Office national du film) et à la hauteur de ce qu’il était avant le budget fédéral 2012.

 En mars, plutôt que de proposer une seconde recommandation, l’ATFC faisait une légère entorse à la procédure qu’elle venait elle-même tout juste de créer. Ayant été récemment informée d’une réflexion de la Coalition canadienne des arts en vue de l’élection d’octobre prochain, elle tentait de positionner le besoin que ce partenaire essentiel continue à défendre et à proposer des recommandations spécifiques à notre secteur dans le cadre de la campagne électorale à venir, plutôt que de simplement enjoindre nos concitoyens à se rendre aux urnes. Depuis le 22 mai dernier, l’ATFC se réjouit de savoir que la Coalition continuera à positionner notre secteur et ses besoins à l’occasion de ce rendez-vous important.

Juin 2015 : Deuxième recommandation :

Renforcer la présence du Canada sur la scène mondiale en établissant un programme pilote à hauteur de 25 millions de dollars sur trois ans, sous l’égide du ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement, à l’occasion du 150e  anniversaire du Canada.

Selon la Coalition canadienne des arts, les fonds investis dans ce programme pilote pourraient être alloués à trois volets :

  • Promotion culturelle auprès des ambassades;
  • Développement du commerce et des affaires; 
  • Rayonnement international des artistes canadiens et de leurs œuvres.    

De durée déterminée, ce programme – qui serait à évaluer à la fin de la période de trois ans et, espérons-le, reconduit – assurerait à la culture et aux arts canadiens un rôle essentiel dans les célébrations du 150e anniversaire du Canada partout dans le monde. Par ricochet, il représenterait un véritable témoignage de l’importance qu’un gouvernement canadien nouvellement élu accorderait à la visibilité, ailleurs au monde, des œuvres de ses artistes. Parmi les autres avantages, mentionnons que cette recommandation vise essentiellement à faire augmenter la compétitivité mondiale du secteur des arts canadiens, ce qui profitera directement au commerce international du pays. Le secteur du tourisme bénéficierait lui aussi considérablement de l’intensification de la présence de nos artistes à l’étranger.   

À l’occasion d’une consultation populaire comme l’élection de 2015, il nous faut espérer que les différents partis en lice seront convaincus que les artistes, les organismes du milieu des arts, ainsi que les produits culturels sont essentiels et d’une importance majeure pour l’image de marque du Canada dans le monde. Il faudra également espérer que le parti qui sera élu osera aller au-delà de la parole au terme du scrutin et qu’il appuiera celle-ci par des gestes et des investissements concrets.  

Si l’on revient à la Coalition, celle-ci affirme que l’identité canadienne évolue à mesure que notre démographie culturelle se transforme. Alors que les nouvelles générations redéfinissent notre manière d’entrer en contact avec les arts, nous demandons au prochain gouvernement du Canada de faciliter la diffusion de cette expression culturelle. Les Canadiens attendent du gouvernement fédéral un engagement dans la célébration de leur identité nationale à travers les arts et la culture. Pour marquer ces 150 ans, il ne suffit pas de simplement commémorer notre histoire. Il nous faut fêter la diversité et la richesse de l’identité canadienne d’aujourd’hui. 

La recommandation de renforcer la présence du Canada sur la scène mondiale en établissant un programme pilote vise à permettre la création d’une nouvelle politique culturelle. Celle-ci s’incarnerait après que les quelque dix dernières années eurent été synonymes de mauvaises nouvelles, de coupes frénétiques et d’une volonté affirmée de « faire du ménage ». Ce qui s’est traduit par l’abolition totale ou partielle d’une douzaine de programmes de soutien fédéral à la circulation de nos œuvres artistiques à l’étranger.

En août 2008, les programmes Prom’Art (4,7$M) du Ministère des Affaires étrangères et du Commerce international du Canada et Routes commerciales (7,13$M) du Patrimoine canadien, qui couvraient les tournées internationales et les activités de promotion à l’étranger de nos artistes, ont été abolis.

Ces actions s’ajoutaient à une volonté de “faire le ménage dans les représentations diplomatiques du Canada à l’étranger”. Quelque temps auparavant, les budgets des services culturels offerts par les ambassades, les centres culturels et les hauts commissariats canadiens à l'étranger ont ainsi été très sérieusement réduits, les privant des moyens nécessaires pour poursuivre leurs activités de diffusion de la culture canadienne à l’étranger. À l’époque, ces initiatives ont suscité de vives réactions dans le milieu des arts, mais aussi dans d’autres cercles ; sans succès toutefois.

À l’occasion de la prochaine élection, nous croyons que le Canada a besoin qu’un geste de confiance et de foi soit démontré de la part des grands partis politiques du pays envers le milieu des arts et de la culture. Un geste de confiance et de foi qui pourrait témoigner d’une volonté de faire rayonner le Canada à l’étranger pour son imaginaire, la force de ses idées et de sa pensée, la couleur particulière de sa sensibilité, tout en démontrant la qualité et l’unicité de ses créateurs.

Au moment où nous procéderons à une des étapes les plus déterminantes de la vie en démocratie – le choix de nos représentants  –  nous souhaitons que le gouvernement qui sera élu à l’automne prochain posera des gestes concrets qui seront un gage réel de l’importance qu’il accorde à la culture, à ses artisans, et à l’image que ce secteur peut donner du pays à l’étranger.

Bien entendu, les compagnies de l’ATFC sont fort peu visibles à l’étranger. Notre association souhaite tout de même présenter ici les besoins communs à notre secteur dans une réelle perspective pancanadienne et souligner qu’une part beaucoup plus importante des créations issues des arts de la scène canadiens était, jusqu’à il y a dix ans, présentée hors frontières. En plus des conséquences importantes sur la façon dont notre pays est vu à l’étranger, cette diminution des activités internationales du secteur culturel canadien s’est traduit par des conséquences graves sur les emplois reliés à celui-ci. Par ailleurs, un nombre croissant de compagnies de l’association souhaite présenter leur travail en-dehors des frontières canadiennes.    

Citons ici à nouveau le site de la Coalition canadienne des arts : « Les artistes et les organismes du milieu des arts sont d’efficaces ambassadeurs culturels pour le Canada sur la scène mondiale, car ils incarnent la diversité, le sens de l’innovation et les accomplissements du Canada. Des investissements ciblés en appui aux efforts des organismes artistiques pour créer et développer des marchés internationaux engendreront  une diversification des sources de revenu, la création d’emplois au pays, la croissance économique et la stabilité. Les artistes et les organismes comme les producteurs du milieu des arts profiteront directement de ces possibilités d’emploi. Les secteurs du commerce mondial et du tourisme profiteront aussi de cette intensification de l’activité dans le secteur. »

Nous avons un grand rendez-vous dans les prochains mois. À cette occasion, nous désirons  que notre communauté artistique ait les moyens de continuer à créer, à produire, à diffuser ici et à l'étranger. Nous voulons un engagement pour que la présence du Canada dans le monde ne soit pas qu’utilitaire, mais hautement représentative de notre identité et de notre vitalité artistique et culturelle.

 

ZOOM


Marcelle Dubois

Par Antoine Côté Legault
Zoom sur Marcelle Dubois

Directrice générale et artistique du Festival du Jamais Lu, Marcelle Dubois est devenue durant les dernières années une importante partenaire de notre milieu, en raison de la place de choix qu'elle accorde aux auteurs franco-canadiens au sein de l'événement qu'elle dirige, en leur permettant notamment de participer à une classe de maître avec des auteurs chevronnés.  

 

crédit photo : Marcelle Dubois

Antoine Côté Legault : Il y a près de quinze ans, Julie Gagné, David Lavoie et toi fondiez le Festival du Jamais Lu.

Marcelle Dubois : En effet, on a été co-organisateurs et co-fondateurs du Festival. Durant les premières années, David prenait plutôt la part administrative, Julie et moi on assumait une co-direction artistique. De son côté, David est demeuré à la direction administrative jusqu'à il y a trois ans environ.

ACL : Tu te définis comme une artiste polyvalente, à la fois auteure, metteure en scène, directrice artistique. Plutôt que de te concentrer principalement sur ta propre création, tu as fais partie du noyau qui a créé le Festival du Jamais Lu, un événement rassembleur pour les auteurs, qui a fait boule de neige assez rapidement. Qu'est-ce qui vous a poussé à le créer exactement? 

MD : Pour moi, créer le Jamais Lu, le faire vivre, le développer, rassembler une gang d'auteurs à chaque année, on dirait que ça vient de la même source créative que lorsque j'écris ou que je mets en scène. Évidemment, ça ne vient pas chercher la même zone du cerveau. L'idée étant de rassembler des gens autour d'un projet. Que ce soit un geste créateur personnel ou que ce soit à travers le Jamais Lu, je retrouve le même plaisir.

ACL : Il y a quatorze ans, la première édition du Jamais Lu avait lieu au Café-théâtre l'Aparté, ce qui a découlé vers la mise sur pieds de quatorze éditions du Festival à Montréal, puis de quatre éditions à Québec, puis bientôt, une édition parisienne. Il y a plus de 70 textes qui ont étés mis en lecture à l'occasion de l'événement, puis ensuite produits à la scène, si ce n'est plus. Comment perçois-tu l'évolution du Jamais Lu depuis ses débuts? En es-tu surprise? En es-tu fière?

MD : Bien évidemment, je suis surprise et contente. Je suis surtout contente du fait que les gens se sont appropriés le festival. J'ai peu d'intérêt personnel dans tout ça, sinon le grand plaisir de partager cette plate-forme, de mettre les compétences que j'aie développées au service du collectif. Pour moi, le Jamais Lu vibre, existe toujours et continue à grossir parce que les artistes, les professionnels et le public ont envie de cet espace de prise de parole. S'il y a une affaire dont je peux dire que je suis contente, voire fière, c'est d'avoir réussi, au fil des ans, à positionner la parole de l'auteur de théâtre en dialogue direct avec sa communauté et avec son actualité. Le Festival du Jamais Lu de Québec est né du désir d'Anne-Marie Olivier, auteure et directrice du Théâtre du Trident, à Québec, d'en implanter un dans cette ville. Même chose pour l'édition parisienne, c'est Marc-Antoine Cyr et Marie-Ève Perron, deux artistes et auteurs québécois maintenant établis en France, qui ont eu envie de voir naître un événement semblable à Paris. On pourrait aussi parler des projets développés avec le Centre national des Arts, à Ottawa. À chaque deux ans environ, Brigitte Haentjens nous invite à créer un spectacle avec le théâtre français. Tous ces différents événements créent une circulation et une reconnaissance des auteurs sur plusieurs parties du territoire.

ACL : Une collaboration s'est développée entre l'Association des théâtres francophones du Canada et le Jamais Lu en 2011. Cela permet depuis à des dramaturges franco-canadiens de pouvoir participer au festival de différentes façons. Qu'est-ce qui t'a inspirée à tendre la main vers le milieu franco-canadien, bien que le milieu québécois soit extrêmement foisonnant? 

MD : En fait, à la base, le Jamais Lu est né d'un désir d'un peu forcer la main des institutions québécoises, parce que notre constat était qu'il n'y avait pas de place pour les nouvelles dramaturgies dans les théâtres. Alors nous avons voulu créer un espace où la relève pourrait se faire entendre. Huit à dix ans plus tard, force était d'admettre que les institutions avaient donné une place à la nouvelle dramaturgie. Comme nous avions atteint notre objectif, ça nous a permis de repenser un peu notre mandat en nous disant que nous sommes surtout un espace de prise de parole. J'ai donc voulu inscrire le festival dans une francophonie bien plus large. Je trouve que souvent, au Québec, on s'inscrit dans une dynamique où on veut résister à la mer anglophone autour de nous, alors que les francophonies canadiennes sont en quelque sorte beaucoup plus submergées. Je trouve que dans cette position de résistance, on oublie souvent de lever la tête pour constater qu'on appartient à bien plus grand que nous-même. Je me suis donc mis à inviter des gens de l'international et du Canada français à peu près en même temps, autour de la huitième ou neuvième édition, en me disant – sachant qu'un public vient pour entendre de nouvelles paroles – : « ouvrons nos horizons et allons vers l'extérieur ». À ce compte-là, ça m'aurait apparu complètement absurde d'ouvrir sur la francophonie internationale sans ouvrir sur celle du Canada. C'était un peu inévitable. 

Festival du Jamais Lu

 

ACL : La présence d'auteurs franco-canadiens au Jamais Lu consiste en quoi exactement? 

MD : Chaque année trouve sa forme selon les projets qui sont proposés et sélectionnés au sein de la programmation, mais il y a toujours une plage horaire qui est réservée à un texte franco-canadien. Cette année c'était particulier, puisque c'était un collectif et on invitait tout à coup une quinzaine d'auteurs, ce qui était très porteur. Sinon, l'an dernier, on avait présenté le texte Crow bar de Gabriel Robichaud. À chaque année, on fait un appel à projets, qui se clôt habituellement à la fin août. Je trouve important de le souligner, il y a trois ans, je recevais peu de projets d'auteurs franco-canadiens, puis je devais prendre  le pouls auprès de différentes personnes afin de faire mon choix. Depuis trois ans, par contre, le nombre de projets d'auteurs franco-canadiens augmente. C'est donc dire qu'une nouvelle génération d'auteurs se sent tout à fait confiante et légitime de déposer un projet au même titre que n'importe qui d'autre. Au Jamais Lu, on n'aime pas l'idée de faire un concours de meilleurs textes, mais plutôt de donner la parole à des auteurs qui sont dans une démarche qui nous apparaît pertinente et en lien avec l'actualité. Donc, on présente souvent des textes pas finis ou en cours de création, en mutation. C'est ce qui nous intéresse. Avec l'ATFC, on fait aussi une classe de maître, souvent avec un auteur émérite. Il y a eu Carole Fréchette, Daniel Danis, Pauline Sales, Jean-Marc Dalpé. Une fois notre maître choisi, on fait un appel à candidatures avec l'ATFC, pour combler les trois places qu'on réserve à des auteurs franco-canadiens, une par région (Ouest, Centre, Atlantique). D'ailleurs, ce n'est pas exclus qu'il y ait davantage de présence, tout dépendant des projets artistiques. L'objectif est en quelque sorte de briser l'isolement. C'est vrai au Québec, mais c'est encore plus vrai dans les communautés francophones du Canada.  L'optique est en quelque sorte de dire : « venez où il y a un gros bassin de gens pendant dix jours, vous allez entendre une douzaine de textes, vous allez côtoyer dix à douze auteurs participants à l'occasion de la Classe de maître, puis, vous aurez été nourris. » C'est toujours très inspirant et formateur d'avoir un moment isolé en dehors de sa vie quotidienne. Ça agit comme un accélérateur. 

ACL : À la lumière des textes franco-canadiens qui ont été lus au festival, comment ces dramaturgies se portent-t-elle, selon toi? 

MD : De mon point de vue en fait, parce que je ne connais pas tout, et vraiment je le dis du bout des lèvres, parce que je ne veux pas avoir l'air de celle qui observe avec ses gros sabots quelque chose que je ne connais qu'en partie. Mais je sens qu'il y a une nouvelle génération, qui a un désir de dire très personnel. Gilles Poulin-Denis en fait partie, il y a plein de paroles très originales et très fortes.

ACL : Remarques-tu certaines caractéristiques ou certaines particularités des dramaturgies franco-canadiennes?

MD : Je te dirais que ce que je lis est beaucoup plus audacieux formellement que ce que je pouvais lire, il y a six ou sept ans environ. Est-ce que c'est parce qu'il y a une nouvelle génération d'auteurs ? Il doit certainement y avoir un peu de ça, mais j'ai tendance à remarquer que le traitement formel est beaucoup plus audacieux qu'il ne l'était avant. Je crois que le mot décomplexion est le bon mot, une recherche aussi. Je pense à Gabriel Robichaud, à Lisa L'Heureux, Mishka Lavigne, Gilles Poulin-Denis, etc. Ça voyage dans la forme.

ACL : Quels sont tes souhaits d'avenir pour le Festival du Jamais Lu?

MD : J'aimerais inclure le Jamais Lu dans une francophonie plus large. J'aimerais que, dans quelques années, on y vienne pour prendre le pouls de la dramaturgie des francophonies internationales. Bien sûr, dans ce sillon, la dramaturgie franco-canadienne s'inscrit tout à fait. Je trouve qu'on a une belle position en tant que francophones nord-américains, pour créer cet espace d'une francophonie moderne.

 

 

Poids Plumes

1 - Comment frencher un fonctionnaire sans le fatiguer,du collectif d'auteur franco-canadien Les Poids Plumes, en lecture au Théâtre aux Écuries, à Montréal, durant l'édition 2015 du Festival du Jamais Lu, Annie Cloutier, Marie-Ève Fortier (crédit photo : David Ospina)

 

Antoine Côté Legault
Formé en théâtre à l'Université d'Ottawa (baccalauréat et maîtrise), Antoine Côté Legault est un amant comblé du théâtre et de l'écriture. Dramaturge et conseiller dramaturgique, il est aussi créateur de la Bibitte Poétique, à travers laquelle il développe des spectacles de poésie-théâtre. Parallèlement à sa carrière artistique, il remplit de nombreux contrats de rédaction, d'analyse, de vulgarisation et d'animation d'ateliers dans le domaine du théâtre et de la poésie orale.

 

CHEZ NOS MEMBRES

Au théâtre l'Escaouette

PARUTION D’UN OUVRAGE SUR LE THÉÂTRE L’ESCAOUETTE

Le 17 avril dernier, les Éditions Prise de parole et le théâtre l’Escaouette célébraient la parution de théâtre l’Escaouette, 1977-2012, La petite histoire d’une grande compagnie de théâtre de l’auteur David Lonergan. L’ouvrage de quelque 400 pages relate en détail l’histoire du théâtre l’Escaouette et met en perspective ce qui est devenu, en près de quarante ans, l’une des institutions les plus importantes du paysage culturel acadien. 

Lonergan s’est servi des archives et des journaux de l’époque pour effectuer une recherche minutieuse, ce qui lui a permis de tracer un portrait très détaillé de la compagnie, à la fois dans ses délires et dans les moments importants de son parcours.

Le lancement du livre marquait le début de la huitième édition du Festival à haute voix et figurait parmi les activités du Festival Frye de Moncton, le plus important festival littéraire au Canada atlantique.

Lire aussi l’article de Jean-François Morissette dans L’Étoile du 21 avril 2015:

https://www.telegraphjournal.com/letoile/story/41983744/retracer-lhistoire-du-theatre
Livre Escaouette
 

Au Théâtre populaire d'Acadie

Boite théâtrale

Le Théâtre populaire d’Acadie annonce que la Boîte-Théâtre de Caraquet sera le lieu de plusieurs résidences d’artistes cet été.

 Le retour de RENÉ. L’artiste de la scène René Cormier, de Caraquet, fera tout d’abord quelques semaines de recherche sur un nouveau projet de création pour la scène. Suspense…

 

VINCI. À la fin juillet, quelques metteurs en scène de l’Acadie pourront assister à une semaine de répétition du Groupe V, de Québec, qui travaillera à la Boîte-Théâtre sur le spectacle VINCI, texte de Robert Lepage ayant marqué l’imaginaire en 1985. Plus de détails au http://theatreperiscope.qc.ca/programmation/vinci

 LABO DUSSO Danse. Down 2.0 Earth est un projet de recherche en danse contemporaine que mènera la chorégraphe montréalaise Caroline Dusseault. Elle sera à Caraquet du 10 août au 11 septembre, période durant laquelle elle souhaite rencontrer des artistes de la danse ainsi que de toutes disciplines confondues et s'inspirer du vécu et des expériences de chacun. Les artistes intéressé-e-s à participer sont priés de communiquer avec Isabelle Roy au (506) 727-0934 ou à communications@tpacadie.ca

 Spectacle d’été. Restez aux aguets pour le dévoilement d’un spectacle présenté à la Boîte-Théâtre au courant de l’été. Tous les détails sur Facebook! 

 À noter que le TPA dévoilera sa programmation pour la saison 2015-2016, jeudi 25 juin 2015, dans le cadre d’un 5 à 7 au restaurant café-bistro Grains de folie de Caraquet, au Nouveau-Brunswick

 

 
 

Au Théâtre la Catapulte

  • THÉÂTROGRAPHIE : Il est important de conserver une trace du passé des compagnies. Dans cette optique, le Théâtre la Catapulte vient de développer une toute nouvelle rubrique « Théâtrographie », qui était jusque-là manquante sur leur site actuel. Rendez-vous donc sur leur site, rubrique « La Catapulte > Théâtrographie » ou en cliquant ici:  http://catapulte.ca/la-catapulte/#CatapulteZone4 pour découvrir tant leurs créations adultes et ados que celles accueils à La Nouvelle Scène.

Catapulte

 

CARTE INTERACTIVE : La Catapulte a créé une carte Google interactive montrant tous les lieux où elle a joué depuis la création de la compagnie en 1992. Cliquez sur l’image pour découvrir la carte dans toute son interactivité :

Carte Catapulte

https://www.google.com/maps/d/viewer?mid=zaCcGfeU_Ir0.k_U1SmINAMos&hl=en

 

 

  • Contribuez !

Le 29 avril dernier, dans le cadre d’un cocktail dinatoire intitulé Projecteurs sur Cinéma, La Catapulte lançait sa campagne de collecte de fonds. Leur objectif est de récolter 10 000 $ qui serviront au financement des tournées.

 La saison prochaine, trois productions du Théâtre La Catapulte seront sur la route : Cinéma de Mishka Lavigne, La Fille d’argile de Michel Ouellette et Ik Onkar. En moyenne, c’est 10 000 spectateurs ados et adultes qui seront rejoints partout au Canada. 

Pour plus d’informations, rendez-vous sur la rubrique « Contribuez » de leur site en cliquant ici :  http://catapulte.ca/contribuez/

 


DANS LE SILLON DU 30e

Cercle Molière
 Gen Pelletier
Par Antoine Côté Legault

Le Cercle Molière


Entrevue avec Geneviève Pelletier, la directrice artistique de la compagnie depuis 2012.

Antoine Côté Legault : Le Cercle Molière a été fondé en 1925 et a fêté cette année ses 90 ans.  Ses quarante premières années d'existence ont surtout été sous la gouverne d'Arthur Boutal, puis de sa femme Pauline Boutal. La troupe a acquis une solide réputation à cette époque en raison notamment de sa présence récurrente au Festival d'art dramatique du Canada, où elle rafle plusieurs prix. Quelle a été l'importance des nombreux artistes et artisans qui ont mis sur pied cette troupe et qui l'ont fait vivre?

Geneviève Pelletier : Parmi les éléments qui résonnent encore fortement chez moi, il y la mission première du CM, soit de faire du théâtre en français, pour tous. Je suis aussi interpellée par le fait que, durant son mandat, Madame Boutal a accordé beaucoup d'importance au rayonnement. Sortir de Winnipeg pour aller vers l'autre. Autant traverser la rivière qui sépare Saint-Boniface de la partie anglophone de Winnipeg, que de traverser le pays et porter notre voix ailleurs. 

ACL : De son côté, qu'est-ce que Roland Mahé a apporté au Cercle durant son mandat, de 1967 à 2012? 

GP : À la base, la troupe était composée de gens de divers niveaux, qu'ils soient professionnels ou non, et qui se rassemblaient autour de l'acte théâtral. C'est une dynamique qui s'est poursuivie durant le mandat de Roland Mahé, par contre, il a mis l'accent sur la dramaturgie franco-manitobaine. Il a gardé un pied dans le répertoire, tout en donnant la parole aux artistes d'ici, dans le but de forger une de nouvelles voix. Roland Mahé a aussi développé un important axe jeunesse. Cette année avait lieu la 45ème édition du Festival Théâtre-Jeunesse, qui a rassemblé 700 jeunes, sur cinq jours et qui ont présenté 36 spectacles. Personnellement, j'ai participé à l'événement durant trois années consécutives, quand j'étais jeune. C'est là que j'ai fait la rencontre avec le théâtre.

ACL : Par la suite, quel a été le parcours qui t'a ramenée à la direction artistique de la compagnie?

GP : Je n'envisageais pas que le théâtre se trouve au cœur de ma vie, lorsque j'ai commencé mon parcours universitaire. Mais c'est la rencontre d'une enseignante, Ingrid Joubert, qui a fait en sorte que c'est devenu aussi important. Après avoir suivi quelques cours avec elle, une vingtaine d'étudiants et moi sommes allés en caravane, en France, pour présenter des pièces franco-manitobaines, en tournée. Cette activité, qui s'est répétée deux étés d'affilée, m'a complètement accrochée. Ensuite, mon parcours s'est poursuivi au Cercle. Il y a eu également une rencontre assez importante avec le théâtre d'Eugenio Barba, par l'entremise de Primus Theatre, une troupe anglophone de Winnipeg, qui pratiquait un théâtre ancrée dans la tradition de ce praticien et penseur. Ensuite, départ vers la Suisse pour créer une troupe basée sur les enseignements de Barba. Retour à Winnipeg, où j'ai fait de la mise en scène. Plus tard, j'ai décidé de plonger dans la direction artistique du CM, parce que ça m'apparaissait comme une prochaine étape très naturelle.

ACL : Tu es arrivée à la barre du Cercle Molière alors qu'il avait plus de 80 ans d'existence, quelles initiatives de l'organisme as-tu voulu poursuivre?

GP : Pour moi, c'était important que l'adaptation soit douce, que le questionnement des traditions soit très respectueux. Durant les deux premières années, mon optique était de garder les structures en place,  la grande saison (qui est composée de quatre pièces grand public et d'une jeunesse), de garder les institutions qui font partie intégrante du Cercle Molière (le Festival Théâtre-Jeunesse, l'École de théâtre pour enfants et adolescents), mais de requestionner le tout pour voir s'il n'y aurait pas de meilleures façons de faire. Je pense que le point d'ancrage de la troupe est surtout dans la communauté de Winnipeg, mais c'est aussi important pour moi de rester à l'affût de ce qui se passe au niveau national et international, parce que la communauté est le reflet de son époque. Le Cercle Molière est maintenant propriétaire d'un lieu privilégié. Alors, comment aller réactiver le désir de créer? Au-delà du répertoire, comment aider à ce que la communauté prenne acte de soi et décide de créer? Comment faire en sorte que le public ou que les gens de la communauté qui veulent s'insérer dans une démarche artistique aient la chance de le faire? 

Et à travers ça, j'explore la mise en place d'une offre de conseils dramaturgiques pour essayer de susciter un intérêt pour l'écriture « à nouveau ». Comment insuffler la jeunesse à nouveau dans la troupe, tout en gardant cet aspect intergénérationnel, qui m'est très cher? Tout en continuant à poursuivre des discussions avec des artistes d'un peu partout au Canada et de la scène internationale, que je désire inviter à Winnipeg, ce sont tous des éléments de réflexion qui m’habitent au quotidien. Je souhaite qu'une dynamique d'échange mutuel se crée entre les artistes invités et la communauté de Winnipeg. J'ai rencontré une Sénégalaise qui propose un spectacle magnifique, qu'il serait super de présenter ici.  Particulièrement en créant un dialogue avec la communauté qui fait parfois preuve d’un manque de compréhension par rapport aux communautés africaines qui habitent à Winnipeg. Comment initier le débat, pour faire en sorte qu'il y ait des discussions importantes qui s'amorcent autour de l'acte théâtral? Le théâtre n'a pas pour seule fonction que le divertissement, il est là pour poser des questions, il est là pour être le miroir de soi. 

ACL : À quoi ressemble une saison typique au Cercle Molière? 

GP : La saison du CM débute habituellement avec le gala du homard, notre grosse collecte de fonds de la fin du mois de septembre, qui a pris énormément d'ampleur au cours des dernières années, rassemblant mille personnes des communautés francophone et anglophone. Ensuite, quatre pièces sont présentées à compter du mois d'octobre, trois production du CM et un accueil. Dernièrement, j'ai aussi ajouté le volet hors-série, des pièces qui sont accueillies pour une plus courte durée, sur quatre soirs seulement, alors que nos productions régulières sont présentées sur deux semaines et demie. À cela s'ajoute aussi de deux à quatre ateliers de formation pour les artistes (comédiens, metteurs en scène ou auteurs). Au mois de mai, il y a le Festival Théâtre-Jeunesse. Il y a également l'École de théâtre, qui a lieu à l'année longue, où on accueille des enfants de 4 à 15 ans, en plus des matinées scolaires et des spectacles jeunesse en tournée. Depuis quatre ans, on présente le marathon de mise en scène, qui débute par une formation, puis découle par la suite sur une présentation. Finalement, la soirée des donateurs clôt notre saison au mois de juin.

ACL : Pourquoi est-il si important d'avoir un théâtre francophone comme le Cercle Molière à Saint-Boniface, dans la région de Winnipeg?

GP : Je pense que la culture est le moteur d'une langue, d'un vécu de soi, d'une identité. Quand on crée son propre monde et qu'on le fait en français, ça devient très fort, ça devient puissant, ça construit qui nous sommes. 

ACL : Le Théâtre Cercle Molière a été inauguré sur la rue Provencher, durant l'été 2010. Qu'est-ce que cet événement a voulu dire pour l'organisme... et pour toi également? 

GP : Je pense que ce n'est pas quelque chose d'arrêté, que c'est encore en train de se définir, même après cinq ans. Bien entendu, c'est un symbole fort pour la communauté, ça donne énormément de libertés, de contraintes aussi, ça ancre vraiment le théâtre ici. Le lieu est une reconnaissance concrète pour le Cercle Molière, non seulement de ses 90 ans d'histoire, mais de son esprit, de la tradition qu'il a développés et du travail acharné des artisans qui ont œuvré à sa création et à son développement. 

ACL : Est-ce que le Théâtre Cercle Molière devient aussi un point de ralliement pour la communauté? 

GP : Oui, de plus en plus, mais c'est quelque chose qu'on doit développer en ce moment. On veut aussi donner accès à ce lieu aux créateurs qui en ont besoin, parce que c'est un espace de travail privilégié. 

ACL : Tu plaçais le mot métamorphose au cœur de ta présentation de la saison 2014-2015, qu'est-ce que ça voulait dire pour toi? 

GP : Ça veut dire plusieurs choses. Cette volonté de vouloir requestionner les acquis, de vouloir renaître, en quelque sorte. Dernièrement, je trouvais important de me placer dans un état de déséquilibre pour remettre en question ma définition du théâtre et ma propre définition en tant que directrice artistique. Cette année est venue confirmer pour moi l'importance que la direction artistique reste une artiste, au-delà de la gestion et des responsabilités administratives. Et c'est très important pour moi, en ce moment, de poursuivre des conversations avec des créateurs d'ici et d'ailleurs pour faire évoluer ma propre pensée artistique. Nourrir et faire évoluer ma pensée artistique m'apparaissent particulièrement important, en ce moment. 

ACL : Concrètement, quelles initiatives as-tu mises en place pour venir colorer le CM à ta couleur, depuis ton arrivée? 

GP : Il y a les soirées que j'appelle 5 à 7 et demie. Ce sont des événements un peu casse-cou, souvent centrés autour de la dramaturgie émergente, où les comédiens reçoivent le texte à l'avance, mais lisent pour la première fois tous ensemble devant public, sans répétition préalable. On écoute donc l’œuvre sans qu'elle n'ait été dirigée. Il y a des ateliers de formation qui sont donnés par des artistes que j'ai rencontrés durant les dernières années et qu'il m'apparaissait pertinent de mettre en lien avec la communauté. Il y a des projets qui ont évolué, dont le marathon de mise en scène, qui en est à sa quatrième édition. Cette année, les différentes pièces sont présentées dans des lieux inusités, partout sauf dans le théâtre. C'est intéressant de voir les metteurs en scène se questionner et être déstabilisés. J'ai aussi créé un déambulatoire au début de la saison dans le cadre de la Nuit Blanche de Winnipeg. Ce sont toutes sortes d'initiatives qui permettent de créer des rencontres entre différents médiums et entre des artistes de différentes disciplines. Comment s'approprier un lieu public avec le théâtre? C'est un nouveau champ de réflexion qui est apparu pour moi récemment. D'autres envies qui m'animent sont de faire venir des artistes en résidence, d'avoir une jeune troupe associée au théâtre, qui pourrait avoir carte blanche lorsque le théâtre n'est pas utilisé par le CM, de faire en sorte que des metteurs en scène et des comédiens francophiles viennent travailler au Cercle. La mobilité des artistes est aussi super importante pour moi, parce qu'elle permet de créer une rencontre entre les artistes et la communauté. Ce sont tous des éléments qui font partie des mes réflexions à savoir comment faire évoluer les arts de la scène ici. 

ACL : Quels seraient tes souhaits pour l'avenir pour le Cercle Molière, mais aussi pour toi comme directrice artistique et générale du Cercle? 

GP : Je crois que nous vivons un requestionnement du théâtre au niveau national, au niveau mondial étant donné que les histoires nous sont racontées de tellement de façons. Il y a également un renouvellement des public présentement, en raison des changements démographiques dans la société. La façon dont les gens veulent se faire raconter des histoires change. Ces transformations m'inspirent beaucoup de réflexions et j'espère qu'ils amèneront des résultats intéressants. 

Je souhaiterais voir les gens de la troupe faire des expériences inusitées. Je souhaiterais que la communauté soit capable d'être exposée à des formes théâtrales différentes, qui proviennent de voix qui divergent de ce qu'on voit d'habitude. Les formes des spectacles que j'accueille dans les dernières années sont un peu différentes, circassiennes, plus près du clown, du bouffon, etc. Ce sont des spectacles qui sortent les gens de leur zone de confort. J'espère seulement que les spectateurs seront capables d'apprécier cette part de risque et qu'ils embarqueront. Puis, à l'opposé, je désire aussi être à l'écoute des désirs de la communauté. Le dialogue est une notion très importante pour moi.


EN BREF

 

FTA-ATFC

Rencontres internationales de jeunes créateurs et critiques des arts de la scène

Suivant son désir de permettre à des artistes franco-canadiens d’approfondir leur cheminement en les mettant en contact avec des œuvres actuelles et signifiantes et des pairs de leur génération  provenant d’un peu partout sur la planète, l’Association des théâtres francophones du Canada (ATFC) a permis à deux de ceux-ci de prendre part, cette année encore, aux Rencontres internationales de jeunes créateurs et critiques des arts de la scène, qui ont eu lieu à Montréal, du 25 mai au 4 juin derniers, en marge du Festival TransAmériques. Ces deux créateurs sont la metteure en scène et directrice artistique Nathalie Fehéregyhàzi, de Toronto, et l’acteur, poète et auteur acadien Gabriel Robichaud, qui vit présentement à Ottawa. 

Les Rencontres internationales de jeunes créateurs et critiques des arts de la scène consistaient en un séjour de onze jours, tenu dans le cadre de la 9e édition du Festival TransAmériques, un évènement international et une véritable référence en matière de création scénique contemporaine. Les Rencontres regroupaient une trentaine de créateurs et de critiques âgés entre 25 et 35 ans. Elles se déroulaient sous forme d’un séminaire dans lequel les participants étaient invités à approfondir leur réflexion sur la création contemporaine, à confronter leurs réalités artistiques, leurs regards critiques et à partager leur expertise avec leurs pairs. La délégation de cette année rassemblait des créateurs et critiques en provenance de l’Allemagne, de l’Italie, de l’Amérique latine, de la France, de la Wallonie-Bruxelles, du Québec, du Canada, et d’autres pays de la Francophonie.


 Jamais Lu

Classe de maître donnée en marge du Festival du Jamais Lu

Comme à chaque année depuis 2011 l’Association des théâtres francophones du Canada a permis à trois auteurs franco-canadiens de participer à une Classe de maître et à assister aux activités du Festival du Jamais lu, à Montréal. Les trois auteures invitées par l’ATFC cette année étaient Annie Cloutier d’Ottawa, Johanne Parent de Moncton et Danielle Séguin-Tétrault de Winnipeg. Elles se sont jointes à une dizaine d’auteurs québécois et français au sein d’une Classe de maître offerte par l’auteure québécoise de renommée mondiale, Carole Fréchette. Le 14e Festival du Jamais Lu s’est tenu du 1er au 9 mai 2015 au théâtre Aux Écuries, à Montréal.

 

Petits Bonheurs

Trois créateurs franco-canadiens à Petits Bonheurs

Avec le souci de créer des occasions permettant aux artistes de la francophonie canadienne d’approfondir et d’explorer leur pratique, en la confrontant avec celles d’artistes de la scène internationale, l’Association des théâtres francophones du Canada  a permis à trois créateurs de se rendre au festival Petits Bonheurs, tenu à Montréal du 1er au 10 mai 2015. Ce rendez-vous culturel des tout petits présente des spectacles de théâtre, du cinéma, des évènements familiaux et différents ateliers pour la petite enfance (les jeunes de 0 à 6 ans). Petits Bonheurs représentait une magnifique opportunité pour nos trois artistes d’observer des créations de toutes sortes provenant d’un peu partout sur la planète et de rencontrer plusieurs des artistes qui y sont associés. Tout au long de leur parcours, ils ont été accompagnés par Lise Gionet, codirectrice artistique et directrice générale du Théâtre de Quartier, à Montréal. Elle avait pour mission de mettre en lumière certains des choix effectués par les créateurs des spectacles dans le but de rejoindre et de toucher ce public si particulier. Nourris des connaissances qu’ils ont partagées avec leur mentor, nos trois artistes pourront ensuite développer le projet personnel sur la base duquel leur candidature a été retenue. Ces trois artistes sont Marie-Êve Cormier de Moncton, Dave Jenniss d’Ottawa et Isabelle Rousseau d’Edmonton.

Par ailleurs, il est intéressant de mentionner que deux artistes franco-canadiennes ayant déjà bénéficié du stage offert par l’ATFC et Petits Bonheurs en 2011 étaient de retour au festival cette année pour y présenter des créations. Sarah Migneron, d’Ottawa, avec la mise en lecture de sa pièce Mots de jeux et Laura Lussier, de Winnipeg, avec la production La chasse aux étoiles, ont eu l’occasion de présenter leur travail au sein du festival. Ces deux projets ont été rendus possibles, notamment grâce à des bourses que ces deux artistes ont obtenues de la part de la Fondation pour l’avancement du théâtre francophone au Canada après leur passage à Petits Bonheurs.


 
Lancement de la onzième édition des Prix d’excellence de la Fondation pour l’avancement du théâtre francophone au Canada

La Fondation pour l’avancement du théâtre francophone au Canada lançait, le 1er avril dernier, l’édition 2015 du concours national de ses Prix d’excellence. Cette année, elle remettra :

 

  • Huit bourses à des professionnels actifs dans le milieu théâtral franco-canadien depuis un minimum d’un an et un maximum de dix ans et ce, toute expérience confondue;
  • Une bourse à un artiste établi;
  • Une bourse pour permettre à un auteur d’effectuer une résidence d’écriture d’un mois en                   Belgique

 Un jury indépendant, formé de professionnels chevronnés, se réunira dans les prochaines semaines et sélectionnera les récipiendaires des Prix d’excellence 2015. Ceux-ci seront remis le 18 septembre 2015 à Ottawa, à l’occasion d’une réception tenue par la Fondation pour l’avancement du théâtre francophone au Canada, en collaboration avec les Zones théâtrales.

Pour en savoir plus au sujet de la fondation, visitez son site internet : http://fondationtheatrefrancophone.ca 

ENT Banff Centre

Cinquième édition du stage intensif en formation continue à l’intention des praticiens de théâtre du Canada français

Soucieuse de continuer à offrir une réponse soutenue aux besoins de formation continue des praticiens de théâtre du Canada français, l’Association des théâtres francophones du Canada (ATFC) lançait le 2 juin dernier un appel de candidatures auprès de ces derniers.

 Grâce au soutien généreux du Fonds du Canada pour la formation dans le secteur des arts et du Service du théâtre du Conseil des Arts du Canada, seize à dix-huit praticiens de théâtre du Canada français auront la chance de se rendre au Banff Centre du 16 novembre au 4 décembre 2015 afin de participer à un stage intensif en formation continue. Dans les montagnes de l’Alberta, isolés de toute contrainte extérieure, ils pourront ainsi s’entraîner et se former sous la gouverne de professeurs émérites de l’École nationale de théâtre du Canada : Robert Bellefeuille, Danièle Lévesque et Jacques Poulin-Denis. 

Participants

La cinquième édition de cet événement annuel s’adressera aux acteurs,  scénographes, concepteurs sonores, créateurs et metteurs en scène.  Les candidats idéaux possèderont un minimum de cinq années d’expérience professionnelle dans le métier. Aucune limite quant à un maximum d’expérience n’a toutefois été fixée.

Pour consulter le document complet du stage de perfectionnement au Banff Centre 2015, veuillez visiter le lien suivant : http://atfc.ca/index.cfm?id=2899&Repertoire_No=-589634889&Voir=comm
ATFC

31e Assemblée générale annuelle de l’Association des théâtres francophones du Canada : le milieu du théâtre franco-canadien en profonde réflexion sur son avenir !

L’Association des théâtres francophones du Canada, tenait sa 31e assemblée générale annuelle les 4 et 5 juin 2015, au Centre national des Arts, à Ottawa. Présidée par Marc Haentjens, chercheur, animateur et consultant bien connu et fort respecté dans la francophonie canadienne, la rencontre a permis aux membres de l’association de faire le bilan de la saison 2014-2015, d’adopter la programmation de l’année 2015-2016. Ils ont de plus participé à une séance d’information concernant la diminution des programmes du Conseil des Arts du Canada dans le cadre du nouveau modèle de financement de cet organisme et d’amorcer des travaux qui pourraient avoir, au cours des prochaines années, des incidences importantes sur le développement du milieu dont l’ATFC a la responsabilité.

Les membres de l’association ont ainsi commencé à œuvrer à l’amorce d’une réflexion essentielle qui, espèrent-ils, se développera rapidement. Cette réflexion visera à développer une logique de continuité dans les actions de l’ensemble des intervenants du secteur théâtral, une forme d’arrimage entre les activités de formation et de ressourcement professionnel mises sur pied par l’association au cours des cinq dernières années et les moyens de productions des compagnies qui, depuis plusieurs années, n’évoluent pas.  

Au terme de ces deux jours de rencontre, Geneviève Pineault, présidente du Conseil d’administration de l’ATFC, soulignait : «  Notre milieu a reconnu ses besoins en termes de formation il y a près de dix ans. Il a développé de nombreuses initiatives pour répondre à la problématique au cours des cinq dernières années. Il démontre ainsi qu’il peut bien cibler ses lacunes et ensuite livrer la marchandise. La prochaine étape consiste à voir se développer des incitatifs qui permettront aux compagnies membres de véritablement avoir les moyens de profiter de cette mobilisation de tout le secteur, les bailleurs de fonds y compris. Après tout, c’est pour le bénéfice des compagnies que le volet de formation et de ressourcement professionnel a été mis sur pied. Je remercie tous les membres pour la générosité qu’ils ont démontrée, à nouveau cette année, pour permettre à notre milieu de parler d’une voix unie ».    


OAC

Lisa L’Heureux récipiendaire du Prix RBC pour les artistes émergents 2015 remis par le Conseil des arts d’Ottawa

Le Conseil des arts d’Ottawa remettait, en avril dernier, des prix à des artistes de la région. Lisa L’Heureux, auteure et metteure en scène d’Ottawa, a reçu le Prix RBC pour les artistes émergents 2015. Toutes nos félicitations à Lisa, qui, par les années passées, a bénéficié de deux prix d’excellence de la Fondation pour l’avancement du théâtre francophone au Canada, soit le Prix du Centre des écritures dramatiques Wallonie-Bruxelles en 2013, et le Prix Création du Ministère de la Culture de l’Ontario en 2012.

 

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