Bulletin de l'ATFC

<< Retour | Archives
JUIN 2014 Numéro 31

Dans cette édition

 


 

DANS CETTE ÉDITION


Dans ce 31e numéro du Bulletin de l’ATFC, le Grand dossier vous présente la table Théâtre/éducation mise sur pied par l'association, la section Zoom présente Guylaine Normandin, Chef du Service du théâtre du Conseil des arts du Canada depuis l'automne dernier, la section Chez nos membres vous informe des dernières nouvelles de nos compagnies membres, En route vers le 30e vous présente la Compagnie Vox Théâtre, et finalement, vous pourrez connaître les dernières nouvelles de l’ATFC dans la section En bref.

L'équipe de l'ATFC vous souhaite un été rempli de soleil!
 
GRAND DOSSIER

Par Alain Jean, directeur général de l'ATFC

Le milieu théâtral et le secteur de l’éducation de la francophonie canadienne sont sur le point d’amorcer des travaux qui pourront avoir, à terme, un impact majeur sur la diffusion des spectacles que nos compagnies membres destinent aux jeunes publics.
En mai 2013, il y a maintenant un peu plus d’un an, les membres de l’ATFC adoptaient la nouvelle planification stratégique de l’association, Consolidation et rayonnement ! En comparaison avec le plan précédent, qui couvrait la période de 2009 à 2014, celui-ci – qui s’échelonnera de 2014 à 2019 – permet la création d’un axe spécifiquement consacré à la diffusion : Axe 4 Favoriser la diffusion des productions des compagnies membres en salle et en tournée. Cette partie des activités de nos compagnies membres était auparavant intégrée à l’axe Consolidation des compagnies. Ce nouveau plan stratégique de l’ATFC est en vigueur depuis avril 2014.
 
En conséquence, l’ATFC travaille actuellement à la mise sur pied de deux tables nationales qui auront pour objectif d’œuvrer au développement et à la consolidation de cet important maillon de la chaîne création, production, que représente la diffusion des œuvres sur l’ensemble du territoire canadien. Une de ces tables sera consacrée à la diffusion des productions grand public des compagnies membres de l’association et visera à développer, avec les principaux intervenants de la diffusion du théâtre dans la francophonie canadienne (notamment Scènes francophones et Zones théâtrales) à développer un plan d’action commun et concerté pour les cinq à dix prochaines années. Au moment d’écrire ces lignes, l’ATFC attend un son de cloche de certaines instances de l’appareil fédéral quant au financement de cette initiative qu’elle souhaite voir créer au cours de l’automne prochain.
 
L’autre table, et c’est, de façon plus particulière, de celle-ci dont ce grand dossier traitera, aura pour objectif de maximiser la diffusion des productions des membres de l’ATFC qui s’adressent à la Petite enfance, au jeune public et au public adolescent.
 
Les premières avancées permettent à notre association de fonder beaucoup d’espoir sur la création de cette instance. Elle a ainsi récemment entrepris certaines démarches qui lui semblent fort prometteuses à ce sujet. Ces démarches s’incarnent dans une volonté de consolider les acquis de notre secteur, dans l’envie d’assurer un développement réel et harmonieux de la pratique du théâtre destiné aux jeunes publics, mais, surtout, dans la reconnaissance que les compagnies de théâtre de la  francophonie canadienne sont, depuis déjà de très nombreuses années, des partenaires du domaine de l’éducation et ce, partout au pays !
 
Depuis tout près de trois ans maintenant, notre association réfléchit à la façon la plus adéquate de rencontrer certains responsables du domaine de l’éducation afin de présenter les liens essentiels qui unissent nos deux secteurs depuis déjà plusieurs décennies, discuter de la façon de les rendre encore plus concrets et davantage prégnants, et leur faire part des nombreuses problématiques et difficultés qui entourent la diffusion des spectacles destinés aux jeunes publics dans la francophonie canadienne.   
 
Évidemment, l’éducation est un champ de compétence provinciale. Il n’en demeure pas moins que, d’un point de vue national, il est possible d’observer certaines problématiques communes à l’ensemble du pays. Les jeunes franco-canadiens de tous âges et de toutes provenances profiteraient grandement, à notre avis, si nos deux secteurs intensifiaient leur dialogue et leur collaboration pour tenter de les résoudre.
 
La rencontre entre une jeune personne et une série d’œuvres artistiquement articulées tout au long de son parcours scolaire (il lui appartiendra ensuite de décider pour le reste de sa vie) a des effets probants sur le développement de sa compréhension du monde, de sa sensibilité, de sa pensée, de son esprit, de son humour, de sa curiosité, de son imaginaire, de son ouverture à l’autre, pour ne nommer que les principales retombées inhérentes à la fréquentation des arts professionnels par le jeune spectateur.
 
Avec un savoir-faire qui s’est bâti depuis plus de quatre décennies, les professionnels qui œuvrent en théâtre pour les jeunes publics dans la francophonie canadienne sont profondément convaincus de la nécessité, et surtout, de la pertinence de rendre le théâtre professionnel accessible à la petite enfance, aux enfants, et aux adolescents sur l’ensemble du territoire et dans des conditions optimales de réceptivité. Notre milieu est riche de décennies d’inventions, d’expériences, de réussites artistiques et éducatives.
 
Dès leur création, les compagnies membres de l’ATFC ont développé des relations extrêmement fécondes et soutenues avec leur milieu de l’éducation régional et provincial. Ces relations se maintiennent ainsi partout au pays depuis maintenant plus de quarante ans. En conséquence, bon an mal an, l’ensemble des compagnies de l’ATFC rejoignent un peu plus de cent milles jeunes franco-canadiens en donnant près de six cents représentations, de Caraquet à Vancouver. Près de la moitié de ces représentations sont offertes directement dans les écoles de nos communautés. Ces données témoignent, à notre avis, de l’importance et de la qualité de l’arrimage entre nos deux secteurs.
 
Sur un autre plan, l’ATFC possède un long historique durant lequel elle a initié des rencontres avec des partenaires de divers horizons, exactement comme celle dont il est ici question, et dont le but est d’œuvrer à la consolidation et à l’essor du milieu dont elle a la responsabilité. À travers les années, en ont notamment résulté l’établissement d’un réseau pancanadien de salles de spectacles qui comptent, dans plusieurs cas depuis près de vingt ans, comme autant de pôles culturels un peu partout au pays, l’établissement d’un stage en formation continue pour les praticiens du théâtre en collaboration avec le Banff Centre et l’École nationale de théâtre du Canada et, finalement, la création prochaine d’un programme universitaire de formation théâtrale professionnelle en francophonie canadienne qui soit enfin comparable à ce qui se fait ailleurs au monde.
 
Un objectif avoué qui sous-tend notre volonté de mettre sur pied une table nationale Théâtre/Éducation consiste à créer un dialogue entre ces deux milieux qui pourrait favoriser le développement d’une véritable philosophie face à la place de l’art à l’école. La table nationale Théâtre/Éducation se pencherait annuellement sur ces problématiques avec le souci de maintenir un dialogue profus s’incarnant dans le respect des champs de compétence de chacun.
 
L’ATFC a tenté une première amorce en ce sens et tenu une rencontre de deux jours les 26 et 27 mars dernier, à laquelle ont participé neuf représentants du secteur de l’éducation, les employés de l’ATFC, des représentants de certaines compagnies et du conseil d’administration de l’association, ainsi que des organismes amis comme Théâtre Action, Scènes francophones, la FCCF et le Théâtre français du CNA.
 
Depuis la disparition de la TAACI (Table de l’Axe action culturelle et identitaire), peu d’occasions ont permis à notre secteur et au milieu de l’éducation de se rencontrer pour discuter de la façon dont ils pourraient travailler d’une façon plus concertée. Un peu en raison du hasard, un peu par la force des choses, nous avons profité de la conjonction de deux évènements importants pour faire le point et dire aux gens de l’éducation de quelle façon nous aimerions voir notre relation se développer : le trentième anniversaire de l’ATFC et la Journée mondiale du théâtre du 27 mars. De même, les participants ont pu assister à deux spectacles jeune public de nos compagnies membres, Statu Quo, du Théâtre la Seizième, le 26 mars, au CNA, et 20 000 lieues sous les mers, de Créations In Vivo, le 27 mars, à l’École catholique Saint-François d’Assise, à Ottawa.
 
En préparation à cette rencontre, l’ATFC – avec le concours de la Fédération culturelle canadienne française – avait invité une quinzaine de représentants du monde de l’éducation à se joindre à elle. Si tous n’ont pu se libérer, nous avons néanmoins profité de la présence des neuf personnes et bénéficié de leurs lumières afin de voir de quelle façon nous pourrions mettre sur pied cette table nationale Théâtre/Éducation au cours de la saison à venir en rassemblant le plus de partenaires/décideurs possibles. Il s’agissait ainsi de s’apprivoiser tranquillement et de survoler certaines problématiques.  
 
Suite à ce rendez-vous, l’ATFC a ciblé trois décideurs du domaine de l’éducation qui y avaient participé pour les réunir à nouveau. Des représentants du Théâtre français du Centre national des Arts et de Théâtre Action ont également participé aux discussions.
 
Cette rencontre s’est déroulée le 10 juin dernier et visait, entre autres, à mieux cibler le mandat de cette table et les gens que nous aimerions voir assis avec nous lors des prochaines discussions. Un mandat commence effectivement à émerger de façon relativement claire. Il est toujours à l’état de réflexion, mais son esprit va tout à fait de pair avec celui que l’ATFC souhaite insuffler aux discussions. Nul besoin d’ajouter qu’elle se réjouit de la qualité des discussions et de l’esprit de collaboration qui en émane : « Établir des relations et des canaux de communication entre le milieu du théâtre et le milieu scolaire qui permettront de maximiser, avant, pendant et après la représentation, les impacts des expériences théâtrales chez les élèves francophones en milieu minoritaire ». C’est exactement là-dessus que l’ATFC souhaite travailler et elle se réjouit de l’ouverture que ses partenaires du domaine de l’éducation démontrent à ce sujet jusqu’à maintenant.
 
Un autre élément qui nous donne lieu de nous réjouir, il est clair pour l’ensemble des intervenants que l’on parle ici d’une culture francophone moderne, ancrée dans notre contemporanéité.   
 
Les partenaires en sont toujours aux premières approches, mais la volonté des représentants du milieu de l’éducation de développer quelque chose de plus grand dans l’avenir est tout à fait réelle et perceptible.  Une prochaine rencontre est ainsi prévue à la fin septembre prochain afin de définir davantage ce mandat préliminaire et mieux préciser par quelles actions nous souhaitons le remplir au cours des prochaines années.
 
Nous sommes ainsi peut-être, et nous l’espérons fortement, au début d’une initiative majeure et structurante pour nos compagnies qui s’adressent aux jeunes publics. Nous vous tiendrons de l’avancée des travaux dès qu’il nous sera possible de le faire.
 

ZOOM

Par Antoine Côté Legault
Zoom sur Guylaine Normandin,

Chef du Service du théâtre au Conseil des arts du Canada
Formée comme comédienne à l'Option-théâtre du Cégep Sainte-Thérèse, Guylaine Normandin est l'une des membres fondatrices du Théâtre de l'Opsis, à Montréal. Au cours des années 1990, elle a pris la route vers l'Ouest où elle est devenue directrice artistique de L'UniThéâtre, d'Edmonton. Elle est ensuite entrée en poste à titre d'agente de programme au Service du théâtre au Conseil des arts du Canada (CAC) en 1996. Suite à cela, elle a rempli de 
nombreuses affectations chez Patrimoine canadien sur une période de 14 ans. En octobre 2013, elle est entrée en poste comme Chef du Service du théâtre au Conseil des arts du Canada.

Antoine Côté Legault : Qu'est-ce qui a amené plusieurs finissants de l'Option théâtre du Cégep Sainte-Thérèse, dont vous faisiez partie, à créer le Théâtre de l'Opsis?
 
Guylaine Normandin : Je dirais que ce sont d'abord des affinités artistiques qui nous ont rapprochés au cours de notre formation. Il y avait aussi une démarche intellectuelle qui nous rapprochait. Et, comme la plupart des jeunes artistes de l'époque, en sortant de l’école, on a fondé une compagnie. Surtout à Sainte-Thérèse, on n’avait pas beaucoup de contacts avec le milieu professionnel. On n’était même pas à Montréal. Donc, la fondation de la compagnie était une façon pour moi d’entrer dans le monde professionnel,  avec des gens que j’aimais et en qui j’avais confiance. C’était beaucoup moins épeurant que de le faire toute seule.
 
ACL : Vous êtes restée longtemps avec l'Opsis?
 
GN : On travaillait longtemps nos spectacles à l’époque. J’ai fait partie des trois premières productions de l’Opsis : Grand et petit, Il Campiello et Roméo et Juliette. Et puis après, je suis partie à Edmonton.
 
ACL : Qu’est-ce qui vous a amenée à Edmonton?
 
GN : L’amour ! L’histoire courte c’est que mon chum s’était fait offrir un emploi à Edmonton. Quand je suis allée le visiter, j’ai donné un coup de fil au directeur artistique de la Boîte à Popicos. Il quittait son poste, mais la compagnie était en train de faire la distribution d’un spectacle. J’ai auditionné et j’ai obtenu mon premier rôle, dans Les Petits pouvoirs de Suzanne Lebeau, avant même de déménager. Cela a été une façon extraordinaire de découvrir le territoire, parce que c’était une tournée dans les écoles de l’Alberta. Moi qui n’étais jamais allée plus loin à l’Ouest qu’à Ottawa. La tournée m’a permis d’aller de Fort McMurray jusqu’à Drumheller, en passant par Canmore et de visiter ma province d’adoption.
 
ACL : Environ deux ans après votre arrivée, le Théâtre français d'Edmonton et la Boîte à Popicos fusionnent, devenant L'UniThéâtre. Vous avez alors soumis votre candidature pour le poste de directrice artistique et générale.
 
GN : C’est intéressant parce qu’autant je suis arrivée à Edmonton pleine de doutes, autant  j’étais très confiante lorsque j’ai posé ma candidature. Il y avait une véritable effervescence et je pense que ce que j’ai vécu à Edmonton m’a vraiment propulsée professionnellement. Je sentais qu’il y avait énormément à faire et qu’il y avait énormément de possibilités. C’était un défi, mais c’était aussi un appel : « S’il faut le construire, construisons-le ! »
 
ACL : Est-ce que c’est ce qui vous a poussé à soumettre votre candidature à la direction artistique; de sentir qu’il y avait des choses à construire ?
 
GN : Tout à fait, cela m'a permis de prendre conscience que, si je voulais que les choses adviennent, je devais mettre la main à la pâte moi aussi.
 
ACL : Comment s’est fait le passage d'artiste pigiste à directrice artistique? Est-ce que c’était une suite directe, y avait-il des défis ?
 
GN : C'était une progression organique. En arrivant à Edmonton, j’ai fait toutes sortes de choses, parce qu’il fallait bien gagner sa vie, donc j’ai fait de la mise en scène et c’est quelque chose que j’aimais bien, mais je crois que la direction artistique et générale était plus appropriée pour moi. Le beau côté de la jeunesse et de la naïveté, c’est que je ne savais pas vraiment dans quoi je m’embarquais. [Rires.] C’est en le faisant que j’ai découvert tout ce que ça impliquait : un spectacle professionnel pour jeune public par année, deux spectacles communautaires, le Festival théâtre jeunesse. Je devais faire deux mises en scène par année, sur les trois spectacles de la compagnie. Assez rapidement, on est allés chercher un administrateur qui a commencé à temps partiel, mais, très vite, nous avons réalisé qu’il fallait qu’il soit  là à temps plein. C'était Daniel Cournoyer, qui a pris la direction artistique de la compagnie après mon départ en 1996. En passant, je le salue. Je ne sais pas comment j’aurais fait sans lui.
 
ACL : Quels sont les défis particuliers auxquels vous avez été confrontée ?
 
GN : Les compagnies de théâtre francophones en milieu minoritaire doivent tout faire. C’était le cas pour L’UniThéâtre à l'époque, qui devait prendre le relais de deux compagnies de théâtre, l’une professionnelle, l’autre communautaire, qui avaient fusionné. Il devait aussi répondre à toutes sortes de demandes pour des ateliers ou à un auteur qui veut qu’on lise son texte, quelqu’un qui a un projet. On est tout seul, donc on est constamment sollicité.
 
ACL : À titre de directrice générale et artistique de L'UniThéâtre, vous étiez membre de l'Association nationale des théâtres francophones hors-Québec (l'ANTFHQ, qui devient l'ATFC en 1996). À l'époque, vous avez notamment participé à une rencontre à Banff au sujet de la formation en milieu francophone minoritaire. Avez-vous des souvenirs de cela ?
 
GN : À ma première rencontre de l’ANTFHQ, à l'automne 92, il y avait Roger Gaudet qui est maintenant directeur de la division des disciplines artistiques au CAC, il y avait Denis Rouleau et il y avait Irène et Roland Mahé. Marc Haentjens était l’animateur de cette réunion et Maurice Arsenault était président de l'Association à l’époque. C’est intéressant, parce que la question de la formation ne s’est jamais posée pour moi. Quand j’ai décidé d’aller étudier en théâtre, il y avait beaucoup d'écoles de formation parmi lesquelles choisir au Québec. La semaine dernière, j’étais à Banff et ça m’a rappelé ces souvenirs. Depuis trois ans maintenant, il y a un très beau partenariat entre l’École nationale, le Banff Centre et l’ATFC pour les stages en formation continue, qui sont d’ailleurs soutenus par le Conseil des arts du Canada.
 
ACL : Qu'est-ce qui vous a poussée à quitter votre poste à L'UniThéâtre pour entrer en fonction au Conseil des arts du Canada comme agente de programme ?
 
GN : C’était difficile pour moi à L'UniThéâtre de concilier le travail et ma vie personnelle. Ça a commencé comme une idée en l'air, mais finalement l'idée a fait son petit bonhomme de chemin.
 
ACL : Votre engagement comme directrice artistique et comme agente de programme, ce n’est pas le même?
 
GN : C’est pareil. Les rôles sont différents mais l’engagement, pour moi, reste le même. Que ce soit d’un côté ou de l’autre, je pense que je suis bien placée pour soutenir les artistes, pour soutenir le milieu, parce que je viens de là, parce que ça me tient à cœur, parce que j'admire les artistes et, surtout dans une période de bouleversements, il faut qu’il y ait quelqu’un qui fasse ce travail et je ne donnerais pas ma place.
 
ACL : Comment est-ce que ce passage dans l’Ouest canadien est venu informer ce travail ? Est-ce qu’il y a eu un éveil aux francophonies du Canada ?
 
GN : C’est sûr. Quand j’étais à Montréal, j’étais une actrice et, quand je n’étais pas actrice, je travaillais dans une garderie, je travaillais dans un magasin, peu importe. À Edmonton, j’ai fait toutes sortes de choses dans le domaine du théâtre. J'ai touché à la gouvernance, à l’administration, aux levées de fonds, aux demandes de financement, à l’organisation de tournée, au développement dramaturgique. Quand je suis arrivée au Conseil, j’avais une connaissance beaucoup plus large, beaucoup plus étendue des métiers du théâtre, que je n’avais pas quand j’étais comédienne.
 
ACL : Justement, en parlant de cette compréhension plus globale, quand on parle du CAC, ça englobe le Québec et l'ensemble des francophonies canadiennes. Comme ce sont des communautés qui sont souvent insulaires, quel genre de défis ça représente, quels sont les moyens à mettre en place pour aider ces milieux, qui sont plus éloignés les uns des autres?
 
GN : Le fait d’avoir une association, l'ATFC dans ce cas-ci, est un avantage certain. Dans d’autres milieux qui ont des défis semblables, on voit très bien que le manque d’infrastructures est un gros désavantage. Le fait qu’il y ait une association, des réseaux, des lieux, ce sont des éléments essentiels à la survie de ces milieux. Il y a vingt ans, la mise en réseau n’était pas ce qu’elle est, il y avait des collaborations, mais pas autant que maintenant, des échanges d’artistes… On n'était pas nécessairement accueillis aussi souvent au Québec. Un programme comme le Fonds du Canada pour la présentation des arts  ̶  qui a cette exigence pour les diffuseurs et les festivals de présenter des spectacles qui viennent d’autres provinces du Canada  ̶  est certainement très bénéfique pour les gens des francophonies canadiennes. Toutes les initiatives de formation continue, de développement dramaturgique, de résidence d’auteurs, on n’avait pas ça à l'époque. Les délégations aussi, aller faire un tour au Carrefour international de théâtre, tout ce qui peut faire en sorte que les artistes bougent et soient mis en contact avec des pairs. Il y a de la tournée qui se fait au pays, mais aussi la tournée internationale.
 
ACL : Qu’est-ce qui explique ce retour au Conseil des arts après une longue feuille de route à remplir des fonctions très diverses chez Patrimoine canadien?
 
GN : J’étais partie pour un an… Un an est devenu quatorze ans. [Rires] Je pense que j’étais prête. C’est comme dans une pièce à tableaux, à la fin, au dernier tableau, on enfile toutes les perles et on comprend pourquoi tous les morceaux étaient là. Pour moi, mon parcours disparate, hétéroclite, prend son sens maintenant, parce que je me sers de tout ce que j’ai appris à travers les années.
 
ACL : Quelles sont les valeurs que vous avez envie d’insuffler, en revenant au Conseil des arts du Canada, en devenant Chef du Service du théâtre?
 
GN : Dans mon rôle de gestion, la valeur primordiale est la collaboration. Je veux créer les conditions propices à une collégialité. C’est sûr qu’en bout de ligne, il y a quelqu’un qui doit prendre des décisions. Parfois, c’est moi. Parfois, c’est mon patron. Parfois, c’est le patron de mon patron. Mais fondamentalement, dans une équipe, il faut travailler ensemble et ne pas penser que j’ai les solutions à tout et ne pas penser aussi que je porte la responsabilité de tout régler toute seule. Ça va être bien mieux fait si on le fait tous ensemble. Je pense que c’est la seule façon de prendre des décisions éclairées, de faire en sorte que les forces de tout le monde soient utilisées.
 
ACL : Avez-vous le sentiment qu'on a besoin de reconnecter la pratique théâtrale des compagnies de théâtre francophones hors Québec avec leur communauté ?
 
GN : Pour les théâtres francophones hors Québec, la pratique n’est jamais déconnectée de la communauté. Le théâtre y est ancré, l’un ne va pas sans l’autre. Les communautés sont tellement vulnérables, dans un sens, qu’il faut travailler ensemble. Les théâtres ont besoin de l’appui de leur milieu. Ce sont des théâtres qui doivent aussi composer avec l’intérêt de la communauté et le développement professionnel des artistes. C’est une grosse tâche parce qu’on veut garder les artistes et on veut que les gens de la région où ils évoluent soient fiers de les avoir chez eux. Je pense que c’est le rôle de tout le monde. Ça prend un village pour porter la culture en général et c’est le rôle du Conseil des arts, le rôle des artistes, le rôle de l’ATFC, le rôle des gens qui font partie des conseils d’administration, le rôle des gens qui sont bénévoles pour les institutions de théâtre. C’est un rôle collectif de faire rayonner et de faire valoir cette pratique.
 
ACL : Comme dernière question, je serais curieux de savoir quels sont, selon vous, les enjeux actuels et à venir par rapport aux compagnies de théâtre dans les francophonies canadiennes ?
 
GN : Je pense que le développement peut être facilité, accompagné, soutenu, par les instances publiques, dont le Conseil, mais je pense que c’est vraiment au milieu à définir son avenir et son développement. Après, nous on peut être là pour accompagner. Depuis vingt ans, on a fait énormément de progrès : on s’est professionnalisés, on est allés à l’étranger de plus en plus, on a fait des collaborations, on tourne plus, on a plus de textes originaux, il y a eu des successions dans les compagnies. Les mandats restent les mêmes, mais les visions changent. Comment transmettre ces œuvres au public ? Comment les produire ? Comment accoucher d’une œuvre ? Combien de temps passer en laboratoire ? Comment survivre artistiquement ? Et je ne parle même pas des sous. Ce sont des enjeux que tous les artistes de théâtre ont.

Antoine Côté Legault
Formé en théâtre à l'Université d'Ottawa (baccalauréat et maîtrise), Antoine Côté Legault est un amant comblé du théâtre et de l'écriture. Dramaturge et conseiller dramaturgique, il est aussi créateur de la Bibitte Poétique, à travers laquelle il développe des spectacles de poésie-théâtre. Parallèlement à sa carrière artistique, il remplit de nombreux contrats de rédaction, d'analyse, de vulgarisation et d'animation d'ateliers dans le domaine du théâtre et de la poésie orale.

 
CHEZ NOS MEMBRES
Au Théâtre la Seizième

Récompenses stellaires pour Extra-Céleste

Le Commodore Ballroom accueillait, le 23 juin dernier, la 32e cérémonie annuelle des Jessie Richardson Theatre Awards qui souligne le travail artistique du milieu théâtral de Vancouver. C’est dans cette ambiance festive et chaleureuse que quatre artistes du Théâtre la Seizième se sont vus récompensés pour leur travail sur la production Extra-Céleste.

jessie

Les acteurs Dominic Duchesne et Lauren Jackson ont conjointement reçu un prix Jessie Richardson pour leur interprétation de Céleste et Martin dans la catégorie « Performance exceptionnelle » (Outstanding Performance). Lauren, jeune finissante du Studio 58, a accepté le prix avec beaucoup d’émotion en son nom et celui de Dominic, soulignant qu’elle s’était sentie honorée d’avoir eu la chance de parcourir la Colombie-Britannique et l’Alberta avec un spectacle abordant l’autisme, un sujet qui lui tient énormément à cœur. L’ingénieuse mise en scène d’Anita Rochon a pour sa part été reconnue dans la catégorie « création artistique exceptionnelle » (Outstanding Artistic Creation). Enfin, n’oublions pas de mentionner Drew Facey, le concepteur du décor et des costumes d’Extra-Céleste, qui fut récompensé pour l’ensemble de ses conceptions destinées aux jeunes publics (Outstanding artistic creation), toutes compagnies confondues.

Issu du programme de développement dramaturgique du Théâtre la Seizième, Extra-Céleste, un texte de Dave Deveau traduit par Lyne Barnabé, a été joué pendant plus de deux mois en tournée scolaire. Le spectacle a rejoint près de 14 000 enfants dans une soixantaine d’écoles primaires de la Colombie-Britannique et de l’Alberta.

Depuis 2000, le Théâtre la Seizième et ses artistes ont récolté 24 prix et 47 nominations aux prix Jessie Richardson. Ces prix mettent en valeur le travail remarquable des artistes qui participent avec force et caractère au rayonnement du théâtre à Vancouver.

 
Au Théâtre du Trillium
Cinq auteur(e)s émergent(e)s s’associent au Théâtre du Trillium
C’est le 4 juin 2014 dernier que la directrice artistique et générale du Théâtre du Trillium, Anne-Marie White, a annoncé que cinq auteur(e)s émergent(e)s seront associé(e)s à la compagnie et ce, pour les cinq prochaines saisons : « Même si le Théâtre du Trillium a toujours eu un regard favorable à l’intégration des artistes émergents au sein de ses programmations, j’ai voulu que l’équipe du Trillium prenne un engagement supplémentaire envers cinq auteur(e)s d’ici. Marjolaine Beauchamp, Annie Cloutier, Antoine Côté Legault, Philippe Landry et Lisa L’Heureux sont des artistes qui ont envie de redessiner le monde avec leurs mots, leur poésie singulière, ils n'ont pas peur de s'associer à d'autres artistes novateurs pour faire avancer leur pratique. Ils ont des esprits libres et fonceurs. »
Pour en connaître sur ces auteur(e)s : http://www.theatre-trillium.com/propos-de-trillium/nos-cinq-auteur-e-s-emergent-s/
Marjolaine Beauchamp, Annie Cloutier,
Antoine Côté Legault, Lisa L'Heureux, Philippe Landry
Saison 14-15 du Théâtre du Trillium
Alors que La Nouvelle Scène sera toujours en reconstruction, c’est sous le thème du vagabondage créatif que le Théâtre du Trillium (tout comme La Nouvelle Scène) dévoile sa 2e saison itinérante. La compagnie envahira différents lieux de la Capitale nationale.
  • Love is in the Birds : une soirée francophone sans boule disco
Grand succès lors des Zones Théâtrales 2013, ce happening unique, mettant en scène les nouvelles écritures de treize auteur(e)s issu(e)s de la francophonie mondiale, sera repris à la Quatrième Salle du Centre national des Arts (Ottawa), le 11 septembre et au Cabaret La Basoche (Gatineau), le 13 septembre prochain. Love partira ensuite en tournée nationale et visitera, jusqu’à maintenant, onze villes durant la saison 14/15. Restez à l’affût de nos oiseaux!
  • Les Mains de Jonathan
Cette coproduction avec le Théâtre La Rubrique de Jonquière fut créée au Saguenay à l’hiver dernier. Cette œuvre touchante, écrite par Jean-François G. Caron et mise en scène par Pierre Antoine Lafon Simard, sera présentée du 25 au 27 septembre 2014 à la Salle académique du Département de théâtre de l’Université d’Ottawa.
  • Villes – collection particulière
Du 14 au 17 octobre 2014, le Théâtre du Trillium accueillera le tout nouveau spectacle du Théâtre de la Pire Espèce : Villes – Collection particulière. Ce théâtre d’objet, à la magie lowtech, explore ici les valeurs symboliques et poétiques des objets pour créer une insolite galerie de villes imaginaires. Le spectacle sera présenté sur la scène de l’auditorium de l’École secondaire publique De La Salle.
  • LAB GESTES
Fidèle à sa tradition, la compagnie concocte un Lab Gestes pour le printemps 2015. Ce happening d’envergure provincial, dirigé par Anne-Marie White, sera présenté en coproduction avec Scène Ontario du Centre national des Arts. Plus de détails vous seront fournis en temps et lieu.
 
Période estivale
Prenez note que les bureaux du Théâtre du Trillium seront fermés du lundi 30 juin au mardi 5 août 2014 (inclusivement). Bon été!
 
Au Théâtre la Catapulte
2013-2014 : une saison bien remplie !
La saison 2013-2014 est quasiment finie ! Voici les faits saillants de cette année qui aura vu la Catapulte battre son record du nombre de spectateurs rejoints !
  • 1 nouveau logo, 1 nouveau site Internet et un Catalyseur flambant neuf ! 
  • 4 spectacles présentés dans le cadre de la saison de La Nouvelle Scène : L’Ivresse des profondeurs, le fa le do, La Fille d’argile et LEO.
  • Zone aura été présentée 6 semaines au Théâtre Denise-Pelletier, rejoignant près de 17 000 spectateurs, avant de partir pour un mois de tournée à La Pocatière (QC), au Nouveau-Brunswick et à l’Île-du-Prince-Édouard (une première pour la compagnie !)
  • En novembre, Ik Onkar a fait 5 arrêts en Ontario avant de s’envoler au printemps, pour la Colombie-Britannique et Saskatoon (SK) pour plus d’un mois de tournée.
  • BILAN COMPTABLE : 6 spectacles, dont 2 créations ; 136 représentations ; 6 provinces et 41 villes visitées ; plus de 35 000 spectateurs ; 3 Prix Rideau ; plus de 50 artistes engagés ; 1 laboratoire ; 1 mise en lecture ; 8 ateliers ; 1 publication annuelle ; et 1 production communautaire parrainée, Le Projet Turandot du Théâtre Tremplin ! 
Rendez-vous en 2014-2015 !
 
Crédit photo : © Sylvain Sabatié
3 Prix Rideau !
Le 27 avril dernier, lors du Gala des Prix Rideau Awards 2013, nous avions le plaisir de recevoir 3 prix ! Notre spectacle pour ados Ik Onkar, créé en mai 2013, s’est mérités les Prix de la « Production de l’année » et de la « Création de l’année » – une grande première pour du théâtre pour ados, ce dont nous sommes très fiers ! La production et ses artistes se sont aussi mérité quelques nominations : « Conception de l’année » pour le décor et les éclairages de Benoît Brunet-Poirier ainsi que « Mise en scène de l’année » pour Fanny Gilbert-Collet et Jean Stéphane Roy. Ces deux derniers ont été devancés par Caroline Yergeau pour son travail sur Porc-Épic – Caroline, qui mettra en scène Cinéma de Mishka Lavigne, notre prochaine création. Comme quoi, on sait bien s’entourer ?
 
De plus, il convient de féliciter Melanie McNeill, récipiendaire du Prix de la « Conception de l’année » pour le décor de le fa le do. Cette création de Luc Moquin reçut également quelques nominations : « Interprétation masculine de l’année » pour Erick Fournier et « Création de l’année » pour Luc Moquin !
 
Crédit photo : © Sylvain Sabatié
Du changement au poste d’agent de production et de tournée
En janvier, Lindsay Tremblay, notre agente de production et de tournée, acceptait le poste d’agente d’événements artistiques du Centre d’excellence artistique de l’École De La Salle. Après plus de 7 ans passés à la Catapulte, elle avait besoin de relever de nouveaux défis :
« Je quitte la Catapulte le cœur rempli d’émotions – à la fois nerveuse de quitter ma famille ‘catapultienne’ et excitée de relever de nouveaux défis !
 
C’est important pour moi de remercier certaines personnes qui ont très grandement contribué à façonner celle que je suis devenue. Je pense tout d’abord à Joël et Céline qui m’ont pris sous leurs ailes et m’ont fait confiance dès le début ! Je pense à des artistes-complices extraordinaires qui m’ont toujours appuyée et encouragée dans mon travail, soit Guillaume, Alain et Poupou, pour n’en nommer que quelques-uns ! Je dois aussi mentionner mon confident, mon confrère, celui qui m’a vu dans tous mes états, Benoit ! Et bien sûr, les membres de l’équipe de la Catapulte aujourd’hui, soit Martin, Sylvain, Sibylle et Jean Steph – vous quitter me sera le plus difficile !
 
Ainsi, grâce à vous tous, je suis prête à vivre cette nouvelle étape importante dans ma progression professionnelle ! Je vous remercie de tout mon cœur.
 
Lindsay »
Merci pour tout Lindsay et bonne route !
 
Pour la remplacer de façon permanente, et après quelques mois de transitions assurés par Benoît Brunet-Poirier, le Théâtre la Catapulte est heureux d’accueillir au sein de son équipe Kyle Ahluwalia. Né à Iqaluit, et ayant grandi à Toronto, Kyle est francophile et détient une maîtrise théorique en théâtre de l’Université d'Ottawa. Il est entré en poste le 5 mai.
 
Crédit photo Lindsay et Benoît : © Sylvain Sabatié
Offrir l’inspiration
La campagne de collecte de fonds pour nos tournées, lancée en février dernier, continue !
 
Pour que les artistes de La Fille d’argile et d’Ik Onkar puissent aller à la rencontre de jeunes partout au Canada, contribuez !
 
Visitez le www.catapulte.ca/contribuez pour plus d’informations !
Une belle tournée pour Ik Onkar
Lors de la saison 2014-2015, Ik Onkar aura l’honneur de se rendre chez de grands diffuseurs du théâtre jeune public au Québec lors de sa tournée québécoise :
  • Théâtre Hector-Charland, L’Assomption : 28 et 29 octobre 2014.
  • La Maison Théâtre, Montréal : du 11 au 21 mars 2015.
  • L’Arrière Scène, Belœil : le 24 mars 2015.
  • Les Gros Becs, Québec : les 26 et 27 mars 2015.
  • Rencontre Théâtre Ados, Laval : 16 avril 2015.
On a bien hâte !
 
Crédit photo : © Sylvain Sabatié
 
Au Théâtre l'Escaouette
D’ici et d’ailleurs : un retour sur la saison 2013-2014
La dernière saison du théâtre l’Escaouette « d’ici et d’ailleurs » a été un énorme succès. Deux nouvelles créations se sont ajoutées à son impressionnante théâtrographie, soit Visage de feu, mise en scène de Joël Beddows, en coproduction avec le Théâtre Blanc et le Théâtre français du Centre national des Arts et Naufrages, de Pascal Chevarie, coproduit avec le Théâtre du Double signe de Sherbrooke.
Une importante diffusion nationale de Les trois exils de Christian E. de Philippe Soldevila et Christian Essiambre se poursuit et ne récolte que des éloges partout où elle se produit. Cette tournée totalise déjà 109 représentations rejoignant 15 769 spectateurs depuis sa création en 2010. Quatre créations d’ici et d’ailleurs ont complété la programmation. En tout, tournées, accueils, et spectacles à domicile, le théâtre l’Escaouette a rassemblé 8226 spectateurs pour 72 représentations cette saison.
La 38e saison sera lancée le mardi 26 août 2014.
10 ans au 170, rue Botsford
Le théâtre l’Escaouette est particulièrement heureux d’avoir souligné, le 4 juin dernier, son dixième anniversaire dans son lieu de création et de diffusion pluridisciplinaire où se sont déroulées, en 2013-2014, plus de 200 activités de tous genres. En juin 2004, la compagnie est devenue propriétaire et
gestionnaire de cette usine de production et de mise en marché des produits de l’imaginaire située sur la rue Botsford à Moncton.
Au début, la bougie d’allumage de l’entreprise était surtout le théâtre, mais avec les années, se sont ajoutées toutes sortes d’autres activités. C’est ainsi qu’au cours des dix dernières années, le théâtre l’Escaouette a accueilli des équipes de production d’émissions de télévision telles que Luc et Luc, Makusham et Pour l’amour du country, mais aussi des conférences, des évènements littéraires, des spectacles de danse et de musique, pour ne nommer que ceux-là.
Le théâtre l’Escaouette est un espace unique en Acadie, tant pour le public que pour les artistes de la scène de toutes sortes qui en ont font leur lieu de spectacle.
Festival à haute voix
Dans le cadre de la huitième édition du Festival à haute voix, une vingtaine de textes d’auteurs établis et de la relève ont été reçus suite à l’appel de textes. À la fin juin, le comité de lecture se rencontrera pour faire la première sélection de textes. Ces auteurs seront invités à participer à l’atelier de développement dramaturgique du 23 août au 1er septembre sous la direction de Louis-Dominique Lavigne.
Marc Paulin remporte le prix de l’Artiste de l’année en théâtre aux Éloizes
 
Le théâtre l’Escaouette félicite Marc Paulin, collaborateur de longue date, qui s’est mérité le prix de l’Artiste de l’année en théâtre lors de la Soirée des Éloizes. Ce prix est décerné à un artiste pour la qualité ou l’originalité de sa contribution à une production théâtrale. M. Paulin a été récompensé pour la conception d’éclairages de La vieille femme près de la voie ferrée, une production du théâtre l’Escaouette. 
 
Au Cercle Molière
Départ d’une amie - Irène Mahé, une retraite bien méritée
C’est avec émotion que le Cercle Molière annonce le départ d’une de ses très chères employées, Irène Mahé. Après trente-neuf ans de service au sein de l’organisme, Irène a décidé de prendre sa retraite.
 
Irène a fait ses débuts au Cercle Molière comme comédienne en 1964, dans Les Bergers de Félix Leclerc alors qu’elle était encore étudiante au secondaire. Au courant des années, elle a porté 
plusieurs chapeaux au sein de l’organisme : comédienne, couturière, metteur en scène, accessoiriste, décoratrice, maquilleuse, coiffeuse, traductrice et dramaturge.
 
Irène a toujours misé sur la jeunesse. En 1986, elle a mis sur pied le Théâtre du Grand Cercle, la troupe pour jeunes publics du CM, dans le but d’encourager la dramaturgie locale et de développer un théâtre de chez nous pour le public scolaire. Elle a également imaginé et mis en œuvre les 2 projets qui tournent dans les écoles manitobaines depuis 1994 (De Bouche à oreille) et 2001 (Récits et chansons du Manitoba français). En 2001, elle a également fondé la Petite école de théâtre du Cercle Molière, qui offre des cours de théâtre pour enfants.
 
Irène a été décorée d’honneurs pour son dévouement à la francophonie du Manitoba. Elle a reçu le Prix Réseau (1991), l’Ordre des Francophones d’Amérique (1991) et tout récemment, la Médaille du jubilé de diamant de la reine Elizabeth II en avril 2013.
 
L’équipe du CM ainsi que le Conseil d'administration lui souhaitent un bon repos lors de sa retraite bien méritée. Sa contribution importante au Cercle Molière et au développement de la scène artistique manitobaine ne sera jamais oubliée.
Formation de mise en scène
Cette année, les metteurs en scène participant au Marathon ont pu profiter d’un atelier de formation avec Frederic Dubois les 11, 12 et 13 avril 2014.  Ils en sont ressortis avec de nombreux outils et ont eu l’occasion de travailler avec des comédiens locaux. À l’unanimité, les participants ont apprécié la générosité du formateur, qui a partagé sa vaste expérience de travail en théâtre avec eux, les a nourris en tant que metteurs en scène et a animé chez eux la passion du théâtre. Frédéric Dubois a pu se rendre au Manitoba grâce au soutien du Bureau du Québec à Toronto.
 
3e Marathon de mises en scène
Le 3e Marathon de mises en scène du 22 mai a connu un grand succès ! 7 nouveaux (et moins nouveaux) metteurs en scène ont mis en scène un extrait d’un texte de leur choix. 17 comédiens participaient, dont plusieurs qui montaient pour la première fois sur les planches du CM. Le public de la salle de théâtre du Théâtre Cercle Molière était chaleureux et a apprécié les choix variés de textes.
 
Suivi : soirée sous-titrées
Nous sommes très satisfaits des résultats de notre projet pilote des Soirées sous-titrées, lancé lors de la dernière pièce de la saison (Le Dieu du carnage). Les spectateurs désirant des sous-titres avaient accès à des iPod Touch lors de 4 soirées désignées. 10 appareils étaient disponibles par soir. Au total, ils auront été utilisés 36 fois sur une possibilité de 40. Selon les sondages, les utilisateurs ont apprécié la technologie et l’expérience personnalisée que les appareils permettent. La qualité de l’adaptation a aussi été notée. Ce projet sera repris en 14-15.
44e Festival théâtre-jeunesse 2014
La 44e édition du Festival Théâtre-Jeunesse du Cercle Molière a eu lieu du 5 au 9 mai 2014. Près de 700 jeunes de 29 écoles ont présenté 33 spectacles dans ce concours de théâtre « par et pour les jeunes » . Une école de la Colombie-Britannique participait également.
 
Étudiants et professeurs rêvent de cet événement depuis la rentrée scolaire en septembre et les cinq jours du FTJ se sont déroulés sans anicroche sous l’habile direction de Marie-Claude McDonald et son équipe. Professeurs et responsables des troupes rappellent également l’importance d’une activité comme le FTJ dans la vie des participants, indiquant que c’est un excellent moyen de rehausser l’estime de soi et de faire une expérience du travail de groupe. La compétition était féroce mais le sens de camaraderie entres troupes était encore plus fort. La générosité, le talent et l’initiative démontrés par les jeunes étaient à la hauteur de toutes attentes. 
 
La soirée du « Gala » du vendredi soir, qui avait pour thème « Carnaval », a bien clôturé la semaine. Les participants, parents, enseignants et amis sont tous venus applaudir le travail des autres et récolter les récompenses bien méritées.

   Gagnants du présecondaire                                                         Gagnants du secondaire
Carol Shields Festival
Le Cercle Molière a participé pour la première fois au Carol Shields Festival of New Works, produit par le Prairie Theatre Exchange. Le Festival, dans sa 11e année, a pour but de faire découvrir de nouveaux textes par des dramaturges canadiens. La participation du CM à ce Festival a permis à ce que l’œuvre de Rhéal Cenerini, un de nos auteurs franco-manitobains les plus prolifiques, soit entendu par la communauté théâtrale de Winnipeg. Son texte Oswald a été présenté devant une salle intime d’une soixantaine de personnes de la communauté théâtrale de Winnipeg.

Soirée donateurs – 12 juin 2014
Le CM a tenu sa Soirée de reconnaissance pour accueillir ses donateurs le jeudi 12 juin. Geneviève Pelletier a présenté ses choix de la saison et donné un premier aperçu du dépliant de saison 2014-2015. La soirée s’est déroulée à merveille avec près de 90 donateurs présents. 
 
EN ROUTE VERS LE 30e
Par Antoine Côté Legault
Un théâtre de « patenteux »
Entretien avec Pier Rodier, directeur artistique de la Compagnie Vox Théâtre
Antoine Côté Legault : Tu as créé le Théâtre du Cabano en 1979, alors que tu étais encore à l'école secondaire. Ce n'était d'ailleurs pas une troupe scolaire, mais une compagnie qui évoluait en marge de l'école, une situation assez peu commune. C'est seulement en 1987 que la troupe devient la Compagnie Vox Théâtre. Comment le Cabano est-il né au départ?
Pier Rodier : Mon amie Lucie Desjardins et moi avons décidé qu’on devait faire quelque chose, parce que la troupe scolaire ne fonctionnait jamais bien. À l’époque, le Théâtre d'la Corvée (maintenant le Théâtre du Trillium) avait ses locaux derrière l’école secondaire où on étudiait et ils nous les prêtaient pour les répétitions. C'est de cette façon qu'on a créé la troupe à l’extérieur des murs de l’école.

ACL : D'où venait le nom Cabano?
PR : Dans le langage populaire, le mot « cabano » voulait dire un « gros garde-robe », le mot « cabanon » a aussi la même origine. Puis nous, où on jouait, dans les locaux de la Corvée, ça avait l’air d’une porte de cabanon, de cabano. On jouait dans un genre de gros placard. C'est pourquoi on a nommé la compagnie : Théâtre du Cabano.
 
ACL : Avant que le Théâtre du Cabano devienne Vox Théâtre, était-ce un véritable  collectif ou y avait-il un leader principal ?
 
PR : Lucie Desjardins et moi venions de l'école André-Laurendeau. Quelques mois plus tard, nous avons rencontré Marie-Thé Morin dans un festival de Théâtre Action, appelé le bulldozer. J'ai vu sa pièce et je me suis dit qu'il faudrait collaborer. Le noyau de la compagnie s'est formé autour de la pièce Si mes parents savaient, que nous avions jouée ensemble. Au niveau du leadership, je pense que j'ai été le leader dès le début, mais j'ai toujours cultivé cette complicité d’être à l’écoute des gens qui m’entourent. Finalement, Marie-Thé s’est imposée. Il y avait aussi à l'époque Lucie Desjardins, Luc Dorion et Louis Robillard.
 
ACL : Qu'est-ce qui a amené le changement de nom pour la Compagnie Vox Théâtre ?
 
PR : En 1987, le collectif a éclaté et les membres sont allés dans d’autres directions. À cette époque, c’est moi qui est devenu le directeur artistique de Vox. Il y a eu un six mois de recherche de nom et celui qui a été retenu c’est Vox Théâtre, pour la simple et bonne raison qu'à cette époque, on avait commencé à faire une recherche sur la voix chez l’acteur (la voix chantée, la voix parlée) avec Jennifer Allen, une disciple du Roy Hart[1].  Dans mon travail, j’haïssais devoir placer la voix. Un acteur ne peut pas placer la voix, il faut la libérer. Ce travail avec Jennifer Allen a expliqué bien des choses par rapport à mon regard sur le théâtre et m’a éclairé sur les raisons pourquoi j’aimais certains comédiens... dans cette expression de l’intérieur qui venait de la voix. On a donc choisi  Vox Théâtre.
 
Le théâtre est un lieu
 
ACL : Où jouiez-vous à l'époque ?
 
PR : Petit garçon, j’allais voir des spectacles à Montréal et, du théâtre, ce n’était pas seulement dans un gymnase. C’était un lieu. Ça a toujours été très important pour nous. Dans les débuts de Vox Théâtre, on a créé un petit théâtre de poche de 35 places sur la rue McArthur, près de Saint-Laurent, dans le sous-sol d’un petit centre d’achats, qui avait encore une porte de cabano. Il y avait de petits sièges qu’on avait récupérés du Cinéma Rideau, on avait fait des gradins et notre système d’éclairage c’était des grosses boîtes de tomates avec des ampoules à l'intérieur. On a joué deux, trois années à cet endroit.
 
ACL : Vous étiez locataires ?
 
PR : Oui, ça coûtait 600 dollars. À l’époque c’était des gros « bidoux », mais on gardait ça vivant. C’était toujours dans le but d’animer le quartier entre les écoles André-Laurendeau et Belcourt. Trois ou quatre fois par année, on avait des cabarets où les gens préparaient des numéros : musique, chanson, théâtre et c’était toujours complet. Il fallait jouer vendredi et samedi. Après, on est allés à Orléans, parce qu’on n’avait plus de local.
 
ACL : Ensuite, il y a eu la Cour des Arts, puis La Nouvelle Scène?
 
PR : Au moment de penser la Nouvelle Scène, j’étais à la présidence de Théâtre Action. On avait eu nos états généraux, qui disaient que ce serait bien d'avoir des centres de théâtre à Ottawa, Toronto et Sudbury. Un triangle de possibilités qui nous permettrait de faire circuler nos œuvres. La Cour des arts, où Vox était à l'époque, semblait limitée. On était locataire et le propriétaire, c’était la Ville d’Ottawa. À la Nouvelle Scène, on est devenu copropriétaires, donc les responsabilités n'étaient plus les mêmes.
 
ACL : Qu'est-ce que la Nouvelle Scène a changé ?
 
PR : Je crois que toutes les compagnies ont fait un grand pas en avant. On s’est structuré, on pouvait proposer quelque chose de plus stable, de plus sérieux.
 
ACL : Les possibilités étaient différentes, mieux adaptées au théâtre?
 
PR : Comme on connaissait plus les lieux, on était en mesure de voir plus de possibilités. Je pense aussi que les spectacles étaient plus appréciés.
 
ACL : Est-ce que le rapport au public était différent lui aussi?
 
PR : Oui. C’était un lieu où on était chez soi, c’était donc plus facile d’accueillir les gens. Les spectateurs sont plus à l’aise et reconnaissent que c’est leur lieu.
 
Le théâtre selon Vox
 
ACL : Si on essayait de décrire le théâtre créé par Vox Théâtre, on pourrait dire que dans le processus de création, il y a un aspect qui reste très collectif ?
 
PR : Pas dans les textes. Quand Marie-Thé écrit un texte, c’est son texte. Alors, il n'y a pas toujours un aspect collectif, mais c'est plutôt vrai dans le processus de création, même si je joue le rôle de leader. Que ce soit avec Manon Doran, que ce soit avec Marie-Thé Morin, que ce soit avec n’importe qui dans l’équipe.
 
ACL : En fait, je remarque qu’il y a quelque chose de collaboratif dans votre façon de travailler qui détonne de la hiérarchie qu’on a l’habitude de voir : un texte, un metteur en scène, des acteurs…
 
PR : Oui. Quand tu laisses les gens être qui ils sont, ils travaillent bien ensemble. La règle de départ, c’est que la meilleure idée gagne. À un moment donné, s'il faut trancher, je suis capable de le faire. Mais il faut se donner la chance d'essayer pour pouvoir dire que non, ça ne fonctionne pas.
1- Jacques Brel toujours vivant, théâtralisation et mise en scène de Pier Rodier
2- Les 7 péchés capitaux de Berthol Brecht et Kurt Weil, théâtralisation et mise en scène de Pier Rodier
3- La Miss et la Madame de Marie-Thé Morin
ACL : Vox Théâtre ne fait pas que du théâtre jeunesse, mais vous en faites beaucoup, c’est un des principaux éléments qui définissent la compagnie. Pourquoi les enfants?
 
PR : Durant les années à la Cour des arts, j’ai fait des shows pour adultes qui ont eu du succès, mais j'avais de la difficulté à trouver des bons textes, on ne m'en proposait plus. D'ailleurs, il me semblait que de faire du théâtre pour enfants me donnait davantage de liberté, que ça me permettait de toucher à tous mes intérêts plus facilement.
 
ACL : Un univers fantaisiste, notamment ?
 
PR : C’est surtout de dire les choses différemment. Souvent, Vox Théâtre, c’est un travail pour stimuler nos champs d’intérêt du moment : parfois la mise en scène, parfois le texte, parfois le jeu, etc. Je crois profondément que j’ai toujours eu des atomes crochus avec les enfants, même avant d’en avoir, ils entrent très vite dans mon univers. Je pense que j'ai aussi le goût de dire aux enfants que c’est possible de créer, de se réinventer, de changer le monde, tout en espérant qu’ils retournent dans leur propre demeure et réinventent des choses eux aussi. J’aimerais qu’on reconnaisse davantage le savoir-faire des gens qui œuvrent avec des enfants. C’est une forme de théâtre qui demande une discipline incroyable. Le niveau d’énergie et de respect qu’il faut avoir pour notre ami spectateur est très grand. D’ailleurs, ce sera mon prochain champ de travail, de faire reconnaître que les compagnies pour enfants ont souvent moins d’argent. J’aimerais qu’on reconnaisse que ce sont les spectateurs d’aujourd’hui, mais aussi les spectateurs de demain.
 
ACL : Vox transmet aussi aux enfants à travers son stage estival depuis 2004.
 
PR : Oui, le stage estival, on a recommencé en 2004, mais avant ça, il y avait l’école d’art dramatique d’Ottawa. C'était à De la Salle, les samedis matins. Cette activité s'est tenue pendant 4 ans. Il y avait Benjamin Gaillard, Natalie Joy Quesnel… Et maintenant, il y a aussi les ateliers dans les écoles. On en donne environ 15 par années, mais comme ils durent seulement de 90 minutes à 3 heures, on n'a pas vraiment la chance d'approfondir. Avec le stage estival par contre, c’est deux semaines de pur bonheur, parce qu’on a le temps d’aller plus loin dans les exercices, de voir les enfants créer. Je m’inspire vraiment d’eux, je veux connaître leurs opinions. Tout ça me nourrit pour mes prochains spectacles.
 
ACL : Vox a fait beaucoup d'adaptations d’œuvres connues comme Pinocchio ou Le magicien d'Oz. Qu'est-ce qui explique cela?
 
PR : Le fait que la majorité des enfants connaissent déjà la base de l’histoire aide à les embarquer plus facilement dans notre univers, qui n’est pas centré uniquement sur le texte.
 
ACL : Ça permet de créer un univers scénique qui n’est pas seulement dans la parole, qui est aussi dans la voix, dans le geste, dans l’ambiance, le décor, la musique, etc.
 
PR : Oui, dans le « patentage ». Avoir une bonne matière de base, où tout le monde connaît la même histoire, nous permet de patenter davantage, de trouver d'autres façons de raconter. Adapter Le magicien d'Oz pour deux comédiens a été une expérience très spéciale pour Marie-Thé et moi en tant qu’interprètes, en tant qu’auteurs, de voir que ce texte avait beaucoup d’écho chez les francophones. On a découvert une nouvelle façon d'écrire. On ne pensait pas que ce projet allait durer huit ans !
 
ACL : Cette interaction de plusieurs langages scéniques, c’est très intéressant et c’est très propre à Vox, il me semble. On remarque aussi une influence de la commedia dell'arte et de la marionnette, qui est peut-être plus récente.
 
PR : À l'origine, ça vient peut-être de cette jeunesse avec le CNA où j’ai eu la chance de voir des spectacles de commedia dell’arte. J’ai aussi pris beaucoup d’ateliers de masque, alors ma formation d'acteur est beaucoup dans la présence du corps et de la voix.
 
Et les autres patenteux
 
ACL : Tu parles d’autres façons d’écrire le théâtre, tu parles de patentage, je ne peux pas m’empêcher de penser à Manon Doran. Elle est là depuis combien de temps exactement?
 
PR : Au moins onze ans, douze ans.
 
ACL : Quelle est son importance pour Vox Théâtre, dirais-tu ?
 
PR : On échange beaucoup, on travaille ensemble l’aspect visuel de la matière. Manon c’est aussi beaucoup l’aspect de récupération. Elle est toujours curieuse. C’est aussi beaucoup d’échange sur le fond de ce qu’on raconte, mais aussi sur la forme. Il y a Manon Doran, mais il y a aussi Robert Harmor, qui est de la région. Il fait des costumes, toutes sortes de choses, mais il travaille seulement avec Vox, une fois de temps en temps. Lui aussi est important. Il pense beaucoup au détail. Lui aussi a toujours été un patenteux.
 
ACL : On peut donc dire que Manon et Robert font partie de la signature visuelle de Vox ?
 
PR : Oui !
 
ACL : Dans son cas, Marie-Thé fait-elle moins de patentage ?
 
PR : C’est une patenteuse, mais elle est aussi auteure. Chez elle, c’est une maison à patenter.
 
ACL : De l’extérieur, j’avais l’impression qu’elle était principalement auteure et comédienne.
 
PR : Oui, tout à fait. Dans Tout arrive à Toutou, elle veut être dans l’équipe de patentage et je suis content parce que, quand tu joues un personnage, il faut que ça te ressemble.
 
ACL : Pour l’avenir, aimerais-tu continuer dans le théâtre pour jeune public, est-ce ce qui t’appelle en ce moment?
 
PR : Oui, la petite enfance, le théâtre des sens. Le théâtre pour l’enfance aussi, jusqu’à 12 ans. Pour les plus vieux, il y a d’autres gens qui le font très bien. Aussi, depuis cinq ans, je pense monter un gros musical comme Vox les a faits dans les années 1990, début 2000. Les projets sont aussi de développer des partenariats pour présenter nos œuvres dans les réseaux spécialisés pour la petite enfance. L’enfance, mais dans des conditions de représentation gagnantes, en respectant l’œuvre, alors peut-être moins dans les réseaux populaires du moment. Mon autre projet d’avenir c'est de développer une série pour enfants en partenariat avec la Vieille 17. Une excellente série qui va être présentée dans notre nouveau chez-nous! Je suis très emballé par ce partenariat.
 
[1]   Fondé en 1968 par l'acteur Roy Hart, reconnu pour ses capacités vocales exceptionnelles, le Roy Hart Theatre est toujours en opération, dans le Sud de la France. Son fondateur y a développé et enseigné une méthode pour libérer la voix parlée et chantée de l'acteur jusqu'à sa mort subite en 1975. Jennifer Allen faisait alors partie de la compagnie d'acteurs du Roy Hart Theatre.
1- Pinocchio de Lucie Desjars, Luc Dorion, Marie-Thé Morin, Pier Rodier et Mario Gendron.
2- OZ de Marie-Thé Morin et Pier Rodier
3- Pinocchio dans ma valise de Pier Rodier
Pour en savoir davantage sur la Compagnie Vox Théâtre, visitez son site Internet!
Dans le Bulletin de septembre 2014, l’ATFC vous présentera le Théâtre français de Toronto!
 

EN BREF

Troisième édition de la plateforme qui se penche sur la formation de base en théâtre dans la francophonie canadienne
 
Depuis le printemps 2012, l’ATFC anime les travaux d’une plateforme de réflexion qu’elle tient de façon annuelle avec les institutions postsecondaires qui offrent une formation en études théâtrales, en art dramatique, ou encore en technique de scène. Le troisième rendez-vous annuel de cette plateforme s’est tenu à Moncton les 25 et 26 avril dernier au Département théâtre de l’Université de Moncton. Les Universités Laurentienne, de Moncton et d’Ottawa étaient présentes.
 
En établissant cette plateforme, le souhait de l’ATFC est d’intensifier l’arrimage entre le secteur de la formation institutionnelle et celui de la pratique. L’objectif ultime consiste à discuter de formation artistique et de contenu, en mesurant de quelle façon la formation actuellement dispensée en français un peu partout au pays correspond toujours aux réalités d’une pratique qui se veut exigeante, en mouvement, et de haut niveau. Le principal intérêt réside donc dans la naissance, à terme, d’une formation initiale de niveau pratique.
 
Le récent rendez-vous a permis de confirmer qu’avec l’avènement prochain (vraisemblablement à l’automne 2017) d’une formation de type Conservatoire à l’Université d’Ottawa, l’ATFC a déjà atteint, en bonne partie du moins, les objectifs qu’elle s’était fixée en matière de formation de base.
 
Par ailleurs, l’ATFC continuera à discuter avec les représentants des départements de théâtre de l’Université d’Ottawa et de l’Université de Moncton. Une consultation de ces deux universités avec les membres de l’association est d’ailleurs à l’agenda de l’aga 2015, afin de leur permettre de mieux saisir les besoins actuels de la pratique afin que la formation qui y est offerte puisse être au diapason.
 
Une présence abondante et massive du théâtre de la francophonie canadienne à Québec, à l’occasion du Carrefour international de théâtre !
Photo de Renaud Philippe
Le milieu professionnel du théâtre de la francophonie canadienne a récemment tenu une vaste activité de promotion en plusieurs volets à l’occasion du Carrefour international de théâtre, à Québec: Laboratoires de création, table ronde, remise des Prix d'excellence de la Fondation pour l'avancement du théâtre francophone au Canada, assemblée générale annuelle de l'ATFC. Pour en savoir davantage sur ces activités, lire le communiqué du 4 juin dernier.

Il est aussi possible de lire quelques écrits concernant ces événements sur l'ESPACE BLOGUE du Carrefour.
 
Remise des Prix d'excellence 2014 de la Fondation pour l'avancement du théâtre francophone au Canada
Photo de Renaud Philippe
De gauche à droite: Natalie Feheregyhazi, Jean-Philippe Deneault, Jean-Daniel Lafond, président de la Fondation, Emilie Leclerc, Ludger Beaulieu, Isabelle Bartkowiak, Joannie Thomas et Sarah Migneron.
La dixième cérémonie de remise des Prix d'excellence de la Fondation pour l'avancement du théâtre francophone au Canada a eu lieu, le 1er juin 2014, dans le cadre  du Carrefour international de théâtre, à Québec. À cette occasion, la Fondation a décerné neuf Prix d’excellence accompagnés de bourses. Huit à des artistes et travailleurs culturels de la relève du milieu théâtral de la francophonie canadienne et un à un auteur d’expérience.

Les détails des projets de chacun des récipiendaires sont disponibles sur le site Internet de la Fondation. Des capsules vidéo réalisées par Balestra Productions seront également disponibles sous peu.

La Fondation tient à remercier tous les donateurs de cette 10ème remise de Prix :

La Fondation RBC, La Banque Nationale, Power Corporation du Canada, Balestra Productions, le Ministère de la culture de l'Ontario, La Fondation Viola Léger, La Congrégation Notre-Dame du Sacré-Coeur (Dieppe, N.-B.), Le Centre des Écritures Dramatiques Wallonie-Bruxelles, la Commission Internationale du Théâtre Francophone.
 
Rencontres internationales de jeunes créateurs et critiques des arts de la scène
Du 28 mai au 7 juin, l’ATFC a permis à deux jeunes créateurs de la francophonie canadienne de se rendre à Montréal pour prendre part aux Rencontres internationales de jeunes créateurs et critiques des arts de la scène, qui se sont déroulées au cours du Festival TransAmériques. Onze candidatures avaient été soumises à l’association. Mélanie Léger (Moncton), Fanny Collet (Ottawa) et Nathalie Lefebvre-Gnam (Vancouver) ont été sélectionnées. 
Malheureusement, Fanny Collet a dû se désister à la toute dernière minute, car, la chanceuse !, une maison d’opéra en Allemagne lui a récemment offert un engagement de deux ans.  
 
Mélanie Léger et Nathalie Lefebvre-Gnam se sont dites enchantées de leur expérience et de la qualité des rencontres que cette activité leur a permis de faire avec des artistes de leur génération provenant d’un peu partout sur la planète. 
 
Le Festival du Jamais lu

Comme c’est le cas à chaque année depuis 2011, trois auteurs franco-canadiens ont récemment été invités à assister au Festival du Jamais lu, à Montréal. Du 2 au 9 mai 2014, Mishka Lavigne (Ottawa), Pierrette Requier (Edmonton) et Joannie Thomas (Moncton) ont ainsi pu se rendre à Montréal. Elles ont toutes été grandement enchantées, comme elles ont eu l’occasion de le témoigner à la direction générale de l’ATFC au moment de sa présence au festival, à l’occasion de la lecture publique de l’auteur acadien, Gabriel Robichaud, Crow bar. Cette lecture a d’ailleurs reçu un accueil véritablement très chaleureux de la part du public montréalais.
 
Délégation de la francophonie canadienne au Festival d’Avignon
Au cours des derniers mois, l’ATFC apprenait qu’elle bénéficiait d’un soutien de la part de la Commission internationale du théâtre francophone (CITF) afin de lui permettre de former une délégation qui assistera au prochain Festival d’Avignon. Du 15 au 22 juillet 2014, un groupe de six artistes canadiens assistera à des spectacles du IN et du OFF du Festival d’Avignon, rencontrera des professionnels d’autres pays (actifs ou simplement présents dans le cadre du festival), entrera en contact avec les responsables de lieux de programmation et profitera de la possibilité d’échanger et de partager sur les spectacles et les rencontres. La délégation sera menée sur place par EMILE&CIE (avec Émile Lansman et Laura Jandrau) qui en assure la préparations t la coordination.
 
La délégation sera formée de Anne-Marie White, directrice générale et artistique du Théâtre du Trillium (Ottawa), Maurice Arsenault, directeur artistique et général du Théâtre populaire d’Acadie (Caraquet), Denis Rouleau, directeur général et artistique de La Troupe du Jour (Saskatoon), Gilles Poulin-Denis, auteur de Vancouver, René Cormier, directeur artistique des Zones théâtrales et Alain Jean, directeur général de l’ATFC.
Il va de soi que l’ATFC remercie ici chaleureusement la Commission internationale du théâtre francophone.
 
L’ATFC récemment présente en Pologne
 
Le Service du théâtre du Conseil des Arts du Canada appuyait récemment l’ATFC afin de lui permettre d’envoyer deux directions artistiques de ses compagnies membres qui créent, soit pour le jeune public ou le public ado, au congrès mondial de l’Assitej (l’Association internationale du théâtre pour l’enfance et la jeunesse). Ce congrès se tenait du 24 au 30 mai 2014 à Varsovie, en Pologne, à l’occasion du Korczak Festival.
 
Le congrès mondial de l’Assitej se veut la rencontre la plus importante des membres de cet organisme. Il se déroule tous les trois ans. Le thème de cette année était Faire face au public : le théâtre pour le jeune public et les adolescents qui comprend les changements auxquels les spectateurs sont aux prises, qui les suit et qui y réagit. Une attention particulière a été apportée aux trois thèmes suivants :
  • Le théâtre pour les plus jeunes ;
  • Le théâtre pour les adolescents ;
  • Le théâtre inclusif (créé par des représentants de groupes socialement exclus et dirigés vers de larges publics).
 
Marcia Babineau, directrice générale et artistique du théâtre l’Escaouette (Moncton) et Craig Holzschuh, directeur général et artistique du Théâtre la Seizième (Vancouver) ont ainsi représenté l’association. Ils en ont d’ailleurs profité pour travailler de concert avec TUEJ (Théâtres Unis Enfance Jeunesse, du Québec), PACT (Professional Association of Canadian Theatres) et les festivals canadiens dédiés à l’enfance et à la jeunesse afin de relancer la branche canadienne d’Assitej. L’ATFC sera ainsi fort active dans la remise sur pied de cet outil essentiel au développement du théâtre destiné aux jeunes publics dans notre milieu 
 
ASSITEJ Canada est le centre canadien de l’Association Internationale du Theatre pour l’Enfance et la Jeunesse affiliée à l’UNESCO. ASSITEJ Canada est dédiée à la reconnaissance et la célébration de l’excellence canadienne dans les arts de la scène à destination de l’enfance et de la jeunesse et à la circulation d’information entre ses membres à travers le pays.
 
Marie-Claire Marcotte, de retour de la Chartreuse
L’auteure et comédienne fransaskoise Marie-Claire Marcotte revient tout juste du Sud de la France, où elle a effectué une résidence d’auteure individuelle à La Chartreuse, Centre national des écritures du spectacle, à Villeneuve-lez-Avignon, du 12 mai au 12 juin derniers. Elle y a terminé l’écriture de son texte, Peau. Cette résidence a été rendue possible grâce à l’invitation de la directrice générale, Catherine Dan, et avec le soutien du Conseil Culturel Fransaskois et du CNES – la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon dans le cadre du Programme Odyssée – ACCR, 
Ministère de la culture et de la communication (France).

De retour au pays, Marie-Claire déclarait : « La Chartreuse a été l’endroit propice pour le genre d’isolement et d’inspiration que mon projet nécessitait. Ma démarche artistique étant axée sur la nouvelle création, j’ai besoin de ces moments en résidence pour continuellement renouveler et confronter mon art et définir de quelle façon mes créations me représentent, moi, ainsi que ma culture canadienne. J’en ressors régénérée et inspirée. Durant les périodes d’échanges et de discussions avec les autres artistes j’ai pu développer des liens artistiques avec des gens qui appartiennent au théâtre francophone à l’échelle internationale. La Chartreuse a aussi créé des moments propices aux rencontres avec le public durant les soirées intitulées Les Nuits Secrètes, où j’ai pu en apprendre davantage au sujet des autres projets, tout en présentant le mien et d’en lire des extraits».

Révéler de nouvelles écritures et dramaturgies, accompagner des artistes notamment émergents dès le stade de la conception de leur projet, organiser des premières rencontres avec des professionnels et le public autour d’une étape de travail, tels sont les enjeux auxquels tente de répondre le CNES, dans un monde qui nous demande d’ajuster en permanence nos cadres perceptifs et interprétatifs. Cette action se développe et s’enrichit par un ensemble de relations avec des partenaires de divers milieux artistiques, culturels, éducatifs et scientifiques et se décline sur différentes échelles territoriales, qu’elles soient régionale, nationale ou européenne. Elle s’articule autour de deux modes opératoires principaux, la résidence et la recherche et l’expérimentation : http://www.chartreuse.org/
 
Le texte Peau sera lu pendant les Feuilles vives, Paysages de la dramaturgie franco-ontarienne, de Théâtre Action, le dimanche 21 septembre prochain, à Ottawa.
 


[Facebook] [Twitter] [Google+] [LinkedIn] [MySpace]

Artistes professionnels
Milieu scolaire
Liens utiles
Connexion
Copyright © 2014 Association des théâtres francophones du Canada | Droits et aspects légaux
Conception graphique & production web : Existo Communications & Sociotechnologies