Bulletin de l'ATFC

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JANVIER 2015 Numéro 33

Dans cette édition

BULLETIN DE L'ATFC
JANVIER 2015, NUMÉRO 33

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DANS CETTE ÉDITION


Dans ce 33e numéro, l’ATFC profite de son grand dossier pour présenter le premier d’une série de trois textes au sujet des recommandations mises de l’avant par la Coalition canadienne des Arts en vue de la prochaine élection fédérale. Ces trois recommandations visent à assurer un meilleur soutien du milieu artistique et culturel canadien. Dans la section Zoom, l’ATFC poursuit son enquête sur la jeune dramaturgie au Canada en présentant le collectif d’auteur(e)s d’Ottawa-Gatineau les Poids Plumes. Chez nos membres, renferme les dernières nouvelles de nos compagnies membres, alors que la section Dans le sillon du 30ème, est l’occasion d’offrir un portrait d’une de celles-ci, le Théâtre du Nouvel-Ontario, àtravers le regard de sa directrice artistique actuelle Geneviève Pineault. Finalement, les dernières nouvelles de l’ATFC, ainsi que celles des artistes de notre milieu, se trouvent dans la section En bref.
 

GRAND DOSSIER



Par Alain Jean, directeur général de l'ATFC

Recommandations en vue des élections fédérales de 2015 !!



Avec le présent bulletin, l’ATFC amorce une série de trois grands dossiers qui se poursuivra lors de ses deux prochaines éditions. Notre association profitera de cette tribune qui lui est propre afin de présenter les trois recommandations qu’elle désire soutenir et mettre de l’avant en vue de la prochaine élection fédérale.

 

Comme on le sait, celle-ci est, pour l’instant, prévue le 19 octobre 2015.Issues tantôt de la Coalition canadienne des arts, tantôt de la Fédération culturelle canadienne française – deux organismes dont elle est membre –, ces recommandations auxquelles l’ATFC s’arrime humblement, ont pour objectif principal de mieux soutenir l’ensemble du milieu culturel et artistique canadien afin qu’il puisse être en mesure de dialoguer avec l’ensemble des citoyens de notre pays avec un dynamisme, une vigueur et une sensibilité renouvelés. 

Recommandation 1 : Que le gouvernement du Canada restitue son appui au fonctionnement de certaines agences culturelles fédérales incontournables pour l'essor des arts et de la culture au Canada (le Centre national des arts, la Société Radio-Canada, Téléfilm Canada, l'Office national du film) et à la hauteur de ce qu’il était avant le budget fédéral 2012.
 
L’ATFC représente des compagnies de théâtre. Des compagnies de théâtre francophone qui évoluent dans un contexte linguistique minoritaire. C’est évident. À ce titre, ses compagnies membres, tout comme l’association elle-même sont plus directement affectées par les coupes subies par deux de ces agences culturelles fédérales. Le Centre national des Arts et la Société Radio-Canada. Le CNA est un partenaire de l’ATFC depuis de nombreuses années. Notamment, il est producteur des Zones théâtrales, un événement rassembleur dont le mandat est de « proposer un temps de rencontre et un lieu de rayonnement pour le théâtre professionnel des communautés francophones canadiennes et des régions du Québec ». Depuis la création des Zones Théâtrales (ou des diverses autres appellations portées par l’événement au cours des années), il va de soi que les compagnies de l’association bénéficient d’une tribune importante. Les Zones théâtrales ne semblent pas être en danger, puisqu’elles viennent d’être renouvelées pour les années 2015, 2017 et 2019. Ce qui est une excellente nouvelle ! Dans le même souffle, le Théâtre français du Centre national des Arts est un partenaire des compagnies de l’association depuis très longtemps. Que ce soit par le biais de coproductions, ou encore, dans un passé pas si lointain, par diverses formes d’appui au développement de certaines œuvres avant même qu’elles ne passent en mode production.
 
Quant à Radio-Canada, plusieurs des compagnies membres de l’ATFC possèdent des ententes et des partenariats avec leur station régionale de la Société d’état. Ces ententes apportent une visibilité importante, une forme de promotion essentielle à certaines productions, ou, dans plusieurs cas, aux saisons entières de certaines compagnies. Il n’est pas rare que Radio-Canada soit un partenaire de saison des compagnies. Et ce, depuis de nombreuses années.
 
Il va sans dire que les membres de l’association craignent un jour qu’on leur annonce la fin de ces partenariats, faute d’un soutien conséquent aux activités du Centre national des Arts ou à celles de notre radio télévision publique. Notre milieu craint de voir la diminution des moyens dont bénéficient certains de ses partenaires mener au retrait des ententes qui les lient depuis plusieurs années avec lui.
 
Si ces craintes sont bien réelles, c’est néanmoins sur un plan plus large, un plan citoyen, un plan philosophique, que l’ATFC désire ici présenter la recommandation qui est au cœur du présent dossier. Au cours des dernières années, elle a d’ailleurs eu l’occasion de faire entendre à quelques reprises les inquiétudes qu’elle exposera dans les lignes qui suivent, notamment à l’occasion de la Journée des arts sur la Colline. Cet événement permet à des représentants de toutes les branches du secteur culturel et artistique canadien de tenir des rencontres étoffées avec des représentants de diverses provenances de la sphère politique de partout au pays.
 
Dans ce contexte culturel plus large que le secteur théâtral, ou que celui des minorités linguistiques, des institutions phares de la culture canadienne ont été – et continuent à être–,  fortement fragilisées et ce, depuis les quelques dernières années. Les montants des compressions subies par ces organismes, lesquels varient, bien sûr, beaucoup d’une institution à l’autre, sont bien connus et disponibles dans la sphère publique. Ce n’est pas sur ce plan qu’il nous semble pertinent d’apporter notre point de vue.
 
Au-delà de ces données factuelles, qui sont, bien sûr, bien réelles pour ces institutions, tout comme pour nos concitoyens, il nous semble surtout essentiel –  au moment où notre pays vivra un moment charnière de sa vie démocratique, celui où nous pourrons nous exprimer à nouveau sur le type de société dans laquelle nous souhaitons évoluer, sur « nos besoins » selon une formule consacrée au cours des récentes années, sur nos aspirations, nos peurs et le regard que nous portons sur nous-mêmes–, de rappeler à nouveau l’importance de ce patrimoine national que notre pays a bâti à travers les dernières décennies, un patrimoine qui appartient à tous les Canadiens et qu’on ne peut tout simplement pas nier pour des raisons d’ordre idéologique ou autres. Ce patrimoine est un bien commun qui, dans un monde idéal, devrait avoir une incidence sur la personnalité même de notre pays, nous influencer et refléter qui nous sommes, les quelque trente-cinq millions d’entre nous. Dans un monde idéal, ce patrimoine devrait favoriser notre évolution collective, nous permettre de mieux penser et réfléchir, notamment par le partage d’informations, lesquelles, dans un monde idéal, devraient nous permettre de prendre des décisions éclairées. Dans un monde idéal, le gouvernement qui sera élu en octobre prochain devrait participer à présenter ce patrimoine à nos concitoyens comme un bien qui leur appartient. Dans un monde idéal, le gouvernement qui sera élu en octobre prochain devrait dialoguer avec nos concitoyens pour mieux leur permettre de saisir les raisons pour lesquelles il doit considérer ce patrimoine comme étant le leur.
 
En demandant un appui financier renouvelé à ces quatre agences culturelles fédérales phares, nous souhaitons d’abord et avant tout leur permettre de rattraper les dommages brutaux qu’elles ont subis, à différents niveaux et dans un passé pas si lointain. Mais nous souhaitons, d’abord et avant tout, voir émerger une véritable politique culturelle canadienne. Une chose qui semble synonyme d’une véritable utopie si on se fie au passé récent et à moyen terme de ce pays.
 
Cette politique culturelle devrait d’ailleurs se développer avec ses semblables, ou ses équivalents, disparus au cours des dernières années. Soit la recherche fondamentale, les études canadiennes et les diverses déclinaisons des missions culturelles canadiennes à l’étranger. Dans un monde idéal, notre prochain gouvernement ne brandirait pas uniquement des préoccupations d’ordre économique, mais il saurait reconnaître et mettre de l’avant le développement de la pensée, si essentielle à une société qui souhaite être en constante évolution.
 
C’est tout le réseau culturel canadien, ici et à l’étranger, qui doit être reconstruit. Avec une véritable vision de sa valeur intrinsèque, de sa contribution à la société, de sa relation avec l’éducation et, oui, bien sûr, de sa puissance économique. Mais dans cet ordre et pas dans un autre !
 
Nous souhaitons que le gouvernement qui sera élu par les Canadiens lors des prochaines élections fédérales soit un allié des arts et de la culture et non pas son ennemi quasi auto-proclamé. Nous souhaitons que ce gouvernement saura reconnaître et appuyer de façon conséquente certaines des institutions phares de notre vie intellectuelle et artistique et inciter nos concitoyens – tous nos concitoyens –, à le fréquenter, à le faire sien et à y prendre part.

 

ZOOM

Par Antoine Côté Legault

 
Zoom sur Les Poids Plumes, un collectif d'auteur(e)s d'Ottawa-Gatineau

Lors du dernier Zoom, l'ATFC s'entretenait avec David Baudemont, dramaturge, auteur de livres pour enfants et art-thérapeute de Saskatoon. Lors de cette entrevue, nous avions abordé le sujet de la dramaturgie francophone dans l’Ouest du pays. Afin de continue à questionner l’émergence d’une jeune dramaturgie, il semblait pertinent aux yeux de l’ATFC d’aborder le même sujet avec des gens d’une autre région, cette-fois-ci, l’Ontario. Pour ce zoom, nous avons choisi de nous entretenir avec les Poids Plumes, un collectif d’auteur(e)s d'Ottawa-Gatineau, qui célèbre d’ailleurs en janvier 2015 son deuxième anniversaire. Les activités de ce groupe se déclinent en deux principaux volets. D’une part, les Poids Plumes tiennent à chaque mois des cercles d’écriture qui permettent à ses membres d’échanger sur leurs textes en chantier de façon informelle. D’autre part, le groupe développe des créations en collectif à partir de défis d’écriture, qui sont ensuite présentées devant public. C’est le cas du Cabaret trendy-trash au sujet de la région d’Ottawa-Gatineau (créé une première fois aux Feuilles Vives 2014 de Théâtre Action, qui sera également repris à undercurrents en février prochain) et de la Carte Blanche qui a été accordée au groupe, en mai prochain, à l’Espace René-Provost. L'auteur du présent article étant lui-même membre du collectif, l'ATFC vous propose un portrait de l’intérieur des Poids Plumes, qui compte présentement seize auteur(e)s. Pour ce faire, vous êtes invités dans le salon d’une de ses membres, lors la dernière rencontre mensuelle du collectif, où dix auteur(e)s étaient rassemblé(e)s.

Pièce en un acte, écrite à trente-deux mains

PERSONNAGES (dont six absents) : Marjolaine Beauchamp, Annie Cloutier, Antoine Côté Legault, Marie-Eve Fortier, Élise Gauthier, Sébastien Lajoie, Gabrielle Lalonde, Mishka Lavigne, Josianne Lavoie, Lisa L’Heureux, Sarah Migneron, Marie-Pierre Proulx, Gabriel Robichaud, Charles Rose, Louis-Philippe Roy, Stéphanie Turple.

Antoine : Pour les besoins de l’entrevue, j’aimerais qu’on définisse qu’est-ce que les Poids Plumes?

Gabriel : Je dirais que c’est un collectif d’auteur(e)s dramatiques de l’Outaouais. L’Outaouais représentant les deux côtés de la rivière, autant Ottawa que Gatineau.

Lisa : C’est simple, j’aime.

Annie : Je seconde.

Louis-Philippe : Moi aussi.

Antoine : On est aussi majoritairement de la tranche d’âge de 20 à 35 ans.

Gabriel : Au delà de l’âge, je pense qu’il y avait au départ cette envie de collaborer, de briser la solitude.

Mishka : Notre première rencontre a eu lieu il y a deux ans entre Lisa, Élise et moi. En janvier 2012, on s’est retrouvées chez Lisa dans le but d’échanger au sujet de nos textes en chantier. Finalement, on a passé la soirée à parler d’écriture, de théâtre, sans nécessairement avoir d’objectif précis, de cadre structuré.

Lisa : L’idée était de rassembler des auteur(e)s pour discuter du métier. Rapidement, il s’est dessiné le besoin de rassembler des gens de manière régulière. Théâtre Action avait mis sur pied des cercles d’écriture à travers son volet dramaturgie et c’est cette initiative qui nous a donné le goût de créer des rencontres plus régulières et plus informelles, dans nos salons. Au départ, on était trois, puis rapidement on s’est retrouvés dix, puis douze...

Gabriel : Je pense qu’on s’est aussi donné un prétexte pour écrire. C’est-à-dire que, dans la vie, tout prétexte est bon pour écrire ou ne pas écrire. Donc, d’une certaine façon, ce collectif a donné un cadre à notre écriture. 

Lisa : Ce qui nous permet aussi d’avoir une rétroaction, d’avoir des complices, sans que ce soit trop formel.

Marie-Pierre : On s’est créé un cocon confortable dans lequel, on devient de plus en plus à l’aise à se présenter des textes qui ne sont pas finis ou plus maladroits.

Lisa : Je pense que pour plusieurs d’entre nous, les rencontres mensuelles nous aident à assumer le titre d’auteur(e).

Antoine : C’est aussi une motivation pour écrire. 

Annie : À mon avis, les Poids Plumes se divisent en deux volets. Il y a les rencontres mensuelles, comme celle qu’on vit en ce moment, qui sont synonymes d’une grande liberté. Je retourne chez moi à chaque fois avec une énergie nouvelle pour écrire, un nouvel élan. Puis, il y a aussi le deuxième volet, où je suis plus active, c’est-à-dire les projets collectifs (comme le cabaret, comme la carte blanche), qui nous forcent à produire quelque chose qui est hors de nos zones de confort. Ce deuxième volet relève du travail en collectif et est, somme toute, organisé. Il y a une direction artistique qui fait des choix, qui sélectionne des textes, qui assure la mise en scène, puis les auteur(e)s amènent de l’eau au moulin.

Marie-Pierre : Il y a un aspect intéressant dans ce que tu évoques, c’est-à-dire qu’il y a une hiérarchie mouvante chez les Poids Plumes. Il y a différentes personnes qui assument la direction artistique selon les projets et les moments. Cela se fait de façon très organique. Je trouve que c’est une grande richesse.

Antoine : Je serais curieux de vous entendre sur ce que vous apportent individuellement les cercles d’écriture, qui se tiennent une fois par mois, puis les projets collectifs, créés à partir de défis d’écriture et ensuite produits sous forme de spectacles?

Mishka : Personnellement, les défis d’écriture me permettent d’écrire de façon beaucoup plus spontanée, sur une période très courte. Je me souviens qu’à notre deuxième défi, je devais écrire une scène dont le personnage principal était Terminator, dans le style de Tchekhov. J’ai trouvé incroyable de pouvoir créer quelque chose qui est aussi loin de mon style habituel. Il y a quelque chose de très gratifiant dans ce type d’exercice.

Marie-Pierre : Un autre bel aspect des défis, c’est qu’ils nous apprennent à écrire pour écrire, à oser, sans essayer de créer des chefs d’œuvre à tout coup. 

Gabrielle : Ça nous sort de notre zone de confort. Puis, ça nous permet de nous amuser, d’explorer des styles, sans avoir à s’en tenir au même genre tout le temps.

Josianne : Personnellement, je ne suis pas encore très confiante en mon écriture. Les défis lancés dans le cadre des projets collectifs, c’est vraiment fantastique, parce que ça te met dans une position où tu baisses ta garde, tu enlèves ta carapace, puis tu fonces. En même temps, tu es entouré de gens qui comprennent tous l’état de fragilité dans lequel tu peux te trouver, parce qu’ils sont tous passés par là. Il y a quelque chose de très rassurant. 

Gabriel : Je pense qu'avec les défis, qui ont débouché vers nos spectacles développés en collectif, on s’est donné la permission de ne pas dépendre des institutions pour créer, pour développer des projets, de ne pas attendre l’approbation pour proposer notre parole.

Antoine : Toi Sébastien, tu es le membre le plus récent.

Sébastien : Pendant plusieurs années, je me voyais surtout comme acteur ou comme un idéateur. J’avais souvent des idées, des concepts, mais je ne me suis jamais vu comme un auteur. Depuis un certain temps, j'écris des trucs dont je suis satisfait. Je me suis joint à vous et je suis en train de me redécouvrir.

Antoine : Les Poids Plumes t'ont donné un cadre de création.

Sébastien : Oui, nos rencontres ont ouvert des portes en moi.

Louis-Philippe : Contrairement à Sébastien, je n’ai pas encore vécu l’épiphanie. (Rires) C’est certain que c’est inspirant les Poids Plumes. Je suis un peu comme Annie, quand je sors de nos rencontres à chaque mois, j’ai toujours le goût d’écrire, mais ce sont les défis d’écriture qui me motivent le plus. Un autre élément qui est intéressant c’est que tous les membres des Poids Plumes ont différents niveaux d’expérience en écriture, tout le monde a un style différent, ce qui fait qu’on a tous notre place au sein du groupe.

Annie : Même si chacun d’entre nous écrit dans des univers complètement différents, c’est super inspirant de se retrouver ensemble.

Antoine : Et les autres?

Mishka : De mon côté, je trouve que c’est agréable de pouvoir discuter avec d’autres auteur(e)s durant les cercles à chaque mois, parce qu’ils comprennent ce qu’est un projet en cours, ils comprennent pourquoi ça prend deux ans écrire un texte.

Antoine : J’ai l’impression que les rencontres des Poids Plumes se font sans jugement et sans attente, parce qu’elles se font entre collègues et non avec des producteurs. 

Gabrielle : J’ajouterais simplement à cela le fait que d’avoir un groupe comme les Poids Plumes m’a permis de faire en sorte que l’écriture devienne une priorité, tandis que ça occupait une place plutôt accessoire pour moi avant.

Gabriel : De mon côté d’ailleurs, étant de Moncton, quand j’ai entendu parler de ces rencontres d’auteur(e)s, j’ai trouvé ça super stimulant.

Josianne : Je pense que ça démontre bien qu’il y a des choses qui se passent en Outaouais, qu’il y a une vitalité, qu’il y a un désir de parole libre.

Gabriel : Une urgence de créer et de se donner les moyens de le faire.

Lisa : Un besoin de se rencontrer, mais aussi de créer de manière collective, de prendre parole, d’assumer une place dans notre collectivité. Un autre élément qui est beau des Poids Plumes, c’est qu’il s’agit d’un groupe de soutien, oui pour l’écriture, mais aussi pour le développement de nos projets individuels, pour les demandes de subventions. On est seize, mais il n’y a pas d’esprit de compétition. Il y a une fierté à l’idée qu’un des nôtres accompli de belles choses. On gagne tous lorsque nos membres rayonnent.

Verres qui clignent, gorgées de vin, quelques niaiseries, des rires. Rideau.

 

Antoine Côté Legault

Formé en théâtre à l'Université d'Ottawa (baccalauréat et maîtrise), Antoine Côté Legault est un amant comblé du théâtre et de l'écriture. Dramaturge et conseiller dramaturgique, il est aussi créateur de la Bibitte Poétique, à travers laquelle il développe des spectacles de poésie-théâtre. Parallèlement à sa carrière artistique, il remplit de nombreux contrats de rédaction, d'analyse, de vulgarisation et d'animation d'ateliers dans le domaine du théâtre et de la poésie orale.

 

CHEZ NOS MEMBRES

 

Au théâtre l'Escaouette

crédit photo : Nicola-Frank Vachon

Le long voyage de Pierre-Guy B. en tournée

La tournée de Le long voyage de Pierre-Guy B., une coproduction du Théâtre Sortie de Secours, du théâtre l’Escaouette et du Théâtre français du Centre National des arts, se poursuit à Ottawa et Québec en 2015. Le Théâtre français du Centre national des Arts accueillera la pièce du 28 au 31 janvier et le Théâtre Périscope du 10 au 28 février. Ce spectacle qui a joué à l’Escaouette et dont on a entendu que des éloges est le deuxième d’une trilogie qui a débuté par Les trois exils de Christian E., spectacle encensé par la critique et qui a mérité plusieurs récompenses à son interprète Christian Essiambre qui dans Le long voyage de Pierre Guy B. partage la scène avec Pierre-Guy Blanchard.
 
40e anniversaire du Département d’art dramatique de l’Université de Moncton

Pour souligner le 40e anniversaire du Département d’art dramatique de l’Université de Moncton, le théâtre l’Escaouette diffusera la pièce Le jeu de la mélancolie. Cette création du Département d’art dramatique réunissait sur scène les finissants de l’année 2013-2014. Il s’agit d’un texte de Sarah Ruhl traduit par Herménégilde Chiasson et mis en scène par Marcia Babineau.
crédit photo : André Banville

Festival à haute voix : Réservez les dates

La huitième édition du Festival à haute voix se déroulera du 17 au 19 avril 2015 au théâtre l’Escaouette de Moncton. Cet évènement bisannuel permet au public d’assister aux premières lectures de textes inédits.

La programmation du festival sera dévoilée en mars sur www.escaouette.com
 
Au Théâtre de la Vieille 17

 

La Vieille 17 poursuivra les festivités entourant son 35e anniversaire du 12 au 20 février prochain avec Quand la mer..., un conte épique d’Esther Beauchemin, mis en scène par Philippe Soldevila, qui sera présenté à l’École De La Salle. Créée lors des Zones Théâtrales 2013, cette ambitieuse coproduction du Théâtre de la Vieille 17 (Ottawa), du Théâtre Sortie de Secours (Québec), et du Théâtre du Nouvel-Ontario (Sudbury), a donné l’occasion à trois compagnies de présenter un spectacle festif, émouvant et profondément humain.
 
D'autre part, c’est dans une grande fébrilité que la pièce Petites Bûches de Jean-Philippe Lehoux sera présentée les 8 et 9 mai prochain. Mis en scène par Joël Beddows, le spectacle pour les 8 ans et plus raconte les aventures du jeune Marco, qui s’égare dans une ville d’Europe de l’Est. Loin de ses parents et de ses repères habituels, Marco fait la rencontre de deux petites gitanes qui rêvent d’évasion, et d’un inquiétant vieux clown italien.  À leur façon rude ou poétique, les nouveaux amis de Marco lui feront découvrir cette ville étrangère et ses secrets.

 
Au Théâtre la Catapulte
Nouvelle direction administrative
 
Arrivée début janvier au Théâtre la Catapulte, Sariana Monette-Saillant assurera la direction administrative jusqu’en octobre 2015. Sariana détient un baccalauréat en théâtre avec plusieurs cours en administration des arts et une maitrise pratique en mise en scène. Elle a déjà travaillé en tant que régisseure avec la Catapulte pour le Projet RideauAfghanistan et Ik Onkar. Elle fut aussi régisseure ou directrice de production pour les compagnies Évolution Théâtre, Tara Luz Danse ou encore le Théâtre de l’Ile. Cette année, elle assurera également la régie de la nouvelle production du Théâtre de la Vieille 17, Petites bûches. Au cours de ses études, Sariana a fondé avec Éric Perron le Théâtre de Dehors, dont elle est encore la co-directrice artistique et administrative et avec qui elle a signé plusieurs mises en scène.

Lire la biographie de Sariana en entier en cliquant ici .

crédit photo : Sylvain Sabatié

 
crédit photo : Sylvain Sabatié

En bref :
 
En février, le Théâtre la Catapulte sera à Québec pour présenter la version intégrale d’Ik Onkar à la Bourse Rideau. Le spectacle continuera ensuite sa tournée en mars à la Maison Théâtre (Montréal), à l’Arrière Scène (Beloeil), au Théâtre jeunesse les Gros Becs (Québec) et en avril à la Rencontre Théâtre Ados (Laval).
De plus, depuis le 11 janvier, Jean Stéphane Roy et les comédiens Lissa Léger, Caroline Lefebvre, Jonathan Charlebois et Chançard Lemvo ont commencé un laboratoire en vue d’une nouvelle production. Il s’agira d’une mise en scène du texte Le Long de la Principale de Steve Laplante.
 
Enfin, notre prochaine production en partenariat avec le Théâtre Belvédère, Cinéma de Mishka Lavigne, mise en scène par Caroline Yergeau, fera partie de la programmation de Scène Ontario. Les représentations auront lieu du 29 avril au 2 mai à 19 h 30, le lieu reste à dévoiler. Scène Ontario révèlera la programmation du festival et les informations concernant la billetterie le 2 mars.
crédit : Guillermo Trejo
 
Au Théâtre du Trillium

 

Love is in the Birds remporte le Prix Coup de cœur de la Fabrique culturelle


C’est lors d’une soirée tenue, le mardi 13 janvier 2015, au Théâtre Hector-Charland à L’Assomption, que le Théâtre du Trillium recevait le Prix Coup de cœur La Fabrique culturelle 2014 de Télé-Québec pour sa production Love is in the Birds : une soirée francophone sans boule disco. Ce spectacle a remporté la faveur du public en récoltant le plus de votes lors de sa représentation au Festival de théâtre à L’Assomption, en octobre dernier.

Anne-Marie White (directrice artistique du Théâtre du Trillium et metteur en scène de Love) et Gabriel Robichaud (co-concepteur, auteur, interprète et musicien de Love) étaient présents pour accepter ce prix joint à une bourse de 1500$.

Après avoir complété la première moitié de sa tournée nationale (Montréal, Hamilton, Kingston, Oshawa et L’Assomption) et une vitrine lors de la FrancoFête en Acadie, Love is in the Birds retourne sur les routes et s’arrêtera à Rouyn-Noranda, Timmins, Hearst, La Pocatière, Jonquière et Rimouski, en mars 2015.
Sur la photo : Gabriel Robichaud, Anne-Marie White et Marie-Josée Desjardins (coordonnatrice régionale de Télé-Québec Mauricie/ Centre-du-Québec/Lanaudière)

LabGeste 15

Une nouvelle association vient de naître avec Scène Ontario du Centre national des Arts. Suite au succès retentissant de notre collectif d’auteurs Love is in the Birds dont elle a eu écho, la directrice de Scène Ontario, Heather Moore, a convié le Théâtre du Trillium à une coproduction d’un événement d’envergure provinciale, multidisciplinaire, mettant en lumière les artistes de l’Ontario. Étant donné la seconde année d’itinérance due à la reconstruction de la Nouvelle-Scène, la compagnie a sauté sur l’occasion pour poursuive son travail de création « au cœur de la cité ».
 
Plus de détails au cours de la saison.

Effet Papillon – Édition Casselman

Après une réponse positive et une subvention substantielle de la part de la Fondation Trillium de l’Ontario, le Théâtre du Trillium présentera et mettra en œuvre son projet Effet Papillon. Ce projet consiste à envoyer dans la municipalité de Casselman (ville ciblée pour le projet-pilote) un groupe d’artistes professionnels qui auront comme mandat de créer un déambulatoire festif inspiré directement des « histoires d’la place », le tout avec la collaboration des gens de la communauté. Des volets web/vidéo, arts visuels et musique seront aussi jumelés à ce défi de taille.

Un site web créé spécialement pour le projet a été mis en ligne le 31 décembre 2014. En visitant le www.effetpapillontrillium.com, vous trouverez: textes des auteurs, vidéos, matériel audio, etc. Le tout marqué par l’essence même du village et de ses citoyens et mis à jour régulièrement.

Le projet Effet Papillon prendra fin en avril prochain avec le volet performatif live.

Anne-Marie White – vice-présidente du C.A. de La Nouvelle Scène

Depuis peu, Anne-Marie White a été élue au poste de vice-présidence du conseil d’administration de La Nouvelle Scène. À l’intérieur de son mandat, elle sera appelée à mener à terme le financement, la construction et la réouverture de la nouvelle Nouvelle Scène.
 
Au Théâtre français de Toronto
Le TfT commence l’année 2015 tout en profondeur avec Une Vie pour deux. Basé sur le roman de Marie Cardinal, adapté pour la scène par Évelyne de la Chenelière et mis en scène par Alice Ronfard (fille de Marie Cardinal). Le TfT présente un drame poignant, autopsie d’un couple effiloché qu’une macabre découverte séparera encore davantage. Du 21 au 25 janvier 2015. 
crédit photo : Caroline Laberge
Cela fait maintenant quatre ans que le TfT organise chaque année le projet éducatif des Zinspirés, ouvert à tous les élèves du secondaire en Ontario et dont les cinq textes lauréats sont adaptés sur scène par la compagnie à la fin de chaque édition. Quelle meilleure façon de célébrer un tel anniversaire qu’en publiant le recueil des contes des trois premières éditions, contes qui ont fait rire, ont interpelé ou transporté les spectateurs sur la scène du Berkeley Street Theatre. C’est avec une profonde joie que le TfT annonce la sortie du recueil des Zinspirés, disponible depuis début décembre, publié en partenariat avec les prestigieuses éditions du GREF. 
 
À l'UniThéâtre
L’UniThéâtre est heureux de recevoir à Edmonton Le destin tragi-comique de Tubby et Nottubby du Théâtre Fools and Feathers de ParisLe spectacle sera présenté au théâtre de La Cité francophone du 29 janvier au 1er février 2015.

Écrite, mise en scène et interprétée par la Britannique Sophie Brech et le Québécois Louis Fortier, cette production tendre et drôle explore les dimensions comique et tragique de l’existence humaine, et renoue avec la part d’enfance et de mystère qui vit en chacun de nous. Célébré par la critique et le public canadien et américain, ce spectacle « Shakespearien » burlesque et dantesque est plein de surprises, de rencontres inattendues, et de rebondissements.
crédit photo : Karine Côté

 
Au Théâtre la Seizième
Le Théâtre la Seizième et l’Alliance française de Vancouver présentent Stupeur et tremblements d’Amélie Nothomb, adapté à la scène par l’artiste française Layla Metssitane. Cette production de la Compagnie Théâtre des Hommes, acclamée en France lors de son passage au Festival off d’Avignon, sera à l’affiche du Studio 16 de Vancouver du 17 au 21 février 2015. 
crédit photo : Emily Cooper

Une supplémentaire pour Séquence 8 : http://seizieme.ca/une-supplementaire-de-sequence-8/
 

 

DANS LE SILLON DU 30e

 
 

Par Antoine Côté Legault

 Le Théâtre du Nouvel-Ontario


À l'aube du 45ème anniversaire du Théâtre du Nouvel-Ontario (TNO), qui coïncidera avec la saison 2016-2017, lATFC sest entretenue avec Geneviève Pineault, sa directrice artistique depuis 2004, afin de dresser le portrait de cette compagnie phare de l'histoire du théâtre franco-ontarien. Nous n'avons certes pas eu l'occasion de traiter de l'ensemble de l'histoire de l'organisme, cet entretien se voulant davantage de l'ordre du survol que du portrait global, celui-ci méritant sans doute un article substantiel, si ce n'est un ouvrage complet.
crédit photo : Alexandre Mattar

 

Le TNO vient du Nord, 'stie
 
Antoine Côté Legault : Le Théâtre du Nouvel-Ontario (TNO) est né durant le foisonnement culturel des années 70, au même moment que la Coopérative des Artistes du Nouvel-Ontario (CANO). Comment le TNO a-t-il vu le jour exactement?
 
Geneviève Pineault : La troupe de théâtre étudiante à l'Université Laurentienne, dont faisait partie André Paiement, a créé Moé j'viens du Nord 'stie. La première a eu lieu le 1er février 1971. Il y a eu quelques représentations à Sudbury et c'est ce qui a donné envie aux membres de la troupe de poursuivre la création de pièces à l'extérieur du contexte universitaire. Pendant l'été 1971, le TNO a été créé, puis il y a eu de nouvelles pièces de théâtre. À la même époque, il y a une forme de monmentum et plusieurs institutions voient le jour à Sudbury: la Coopérative des artistes du Nouvel-Ontario (1972), les Éditions Prise de parole (1973), La Nuit sur l’étang (1973), CANO-Musique (1975), etc.
 
ACL : Le TNO a été le premier théâtre franco-ontarien?
 
GP : Le premier théâtre de création du moins, parce que le Théâtre français de Toronto, qui s'appelait à l'époque Théâtre du p'tit bonheur (né en 1967), proposait plutôt un répertoire français et québécois. Dès le départ, au Théâtre du Nouvel-Ontario, il y avait une prise de position claire, c'est-à-dire que ce n’était pas les histoires du Québec ou de la France qui nous intéressait. C’était nos histoires qu'on voulait raconter, dans notre langue. De là est né Moé j'viens du Nord, stie.
 
ACL : En 1976, André Paiement quitte la direction artistique du TNO, pour se consacrer à CANO-musique.
 
GP : Hélène Gravel prend le flambeau de 1976 à 1978.
 
ACL : Ensuite, il y a une forme de flottement pendant quelques années.
 
GP : Certaines personnes ont donné un coup de main à la compagnie, comme Alain Poirier, mais le TNO a été réduit pendant quelques années à des documents qui dormaient dans des boites, dans la cave d'Yvan Rancourt, un des membres du conseil d'administration. C'est lui qui a approché Brigitte Haentjens et Jean-Marc Dalpé en 1982 pour qu’ils assument la direction artistique. Brigitte et Jean-Marc ont vraiment repris le TNO et l'ont fait renaître de ses cendres. C'était beaucoup de travail lorsqu'ils sont arrivés dans la région.
 
ACL : Ils ont aussi créé énormément de spectacles ensemble.
 
GP : Oui, ils ont commencé à écrire des pièces de théâtre ensemble, d’abord Hawkesbury blues (1982) pour le Théâtre de la Vieille 17 à Ottawa, ensuite Un ptit bout de stage (1983) et Nickel (1984) au TNO. Jean-Marc écrivait déjà de la poésie seul, mais c’est seulement avec Le chien, en 1987, qu'il s'est mis à écrire du théâtre en solo. La création de cette pièce constitue un des moments marquants dans l'histoire du TNO, le spectacle a connu un grand succès, en plus du texte qui a remporté le prix du Gouverneur général.
 
ACL : La pièce Les Rogers a aussi été écrite et jouée par le trio Robert Bellefeuille, Robert Marinier et Jean-Marc Dalpé durant le mandat de Brigitte Haentjens. Sa création en 1985 a été un événement marquant?
 
GP : C'est sûr qu'il y a eu qu’il y a eu la controverse autour des Rogers et l’annulation de représentations dans le milieu scolaire, mais la pièce a acquis un vrai succès populaire. Il y a eu au dessus d'une centaine de représentations de cette pièce. Les Rogers a été une création importante. On l'oublie parfois, mais c'était la première fois qu'une compagnie de l'Ontario jouait à Montréal. C’est aussi pourquoi on a remonté la pièce pour fêter le 40e du TNO!

1- Le Chien de Jean Marc Dalpé, mise en scène Brigitte Haentjens  (crédit photo : Jean-Guy Thibodeau)
2- Le Chien de Jean Marc Dalpé, mise en scène de Joël Beddows  (crédit photo : Alexandre Mattar)
3- Du pépin à la fissure de Patrice Desbiens, mise en scène d'André Perrier (crédit photo : Jules Villemaire)
4- Slague : l'histoire d'un mineur de Mansel Robinson, traduction de Jean Marc Dalpé, mise en scène de Geneviève Pineault (crédit photo : Daniel Lalande)
5- French town de Michel Ouellette, mise en scène de Sylvie Dufour (crédit photo : Rachelle Berg)
Une compagnie enracinée dans sa communauté
 
ACL : Le Théâtre du Nouvel-Ontario est fortement ancré dans sa communauté. Il y a d'ailleurs une pièce communautaire montée à tous les ans par la compagnie.
 
GP : Oui, c'est notre 35ème édition cette année avec Silence en coulisses, de Michael Frayn. Ça ne s'est pas tenu sur 35 ans consécutifs, mais tout même.
 
ACL : Pourquoi cette activité est-elle importante?
 
GP : Je trouve que c'est une façon de redonner à la communauté. Dans deux ans, ce sera le 45ème anniversaire du Théâtre du Nouvel-Ontario. Si la compagnie est encore présente depuis tout ce temps en région et en situation minoritaire, c'est parce que la communauté a toujours été au rendez-vous. Les spectacles communautaires sont aussi un excellent outil d'éducation artistique, parce qu'en jouant dans la pièce, les comédiens de la communauté voient tout le travail que demande une production théâtrale. Alors, lorsqu'ils redeviennent spectateurs, ils ne voient plus le spectacle de la même façon. Il y a également dans les pièces communautaires un volet de développement de public, puisque ça permet d'amener au TNO des spectateurs qui n'y seraient jamais venus, parce qu'ils viennent voir leur collègue de travail, leur famille ou leur ami. La question à se poser à ce moment-là, c'est de savoir comment on les fait revenir par la suite? Du point de vue des artistes émergents, les spectacles communautaires servent de tremplin. Ça peut permettre de dénicher du talent.
 
ACL : Tu mentionnais un peu plus tôt la situation particulière du TNO, c'est-à-dire en région et en situation minoritaire. Quelle est l'importance d'avoir un théâtre francophone dans une communauté comme celle de Sudbury?
 
GP : C'est certain que, quand on fait des sondages, puis qu'on demande aux gens pourquoi ils viennent au théâtre, la réponse qui revient le plus souvent c'est toujours de pouvoir faire une activité en français. Le théâtre permet de vivre un moment en communauté.
 
ACL : La culture est fortement enracinée à Sudbury, des institutions phares le sont.
 
GP : L'âme du TNO n'a jamais changée, parce que la compagnie est enracinée, je crois. En 43 ans, malgré les changements de direction artistique (André Paiement, Hélène Gravel, Brigitte Haentjens, Sylvie Dufour, André Perrier, Geneviève Pineault), l’âme de la compagnie est restée la même. La compagnie a toujours voulu prendre la parole, a toujours été d'actualité.
 
ACL : Justement, le TNO a joué un rôle important pour la dramaturgie franco-ontarienne, il y a plusieurs auteurs phares dont les textes ont été montés par la compagnie : André Paiement, Jean-Marc Dalpé, Michel Ouellette.
 
GP : Jean-Marc Dalpé et Michel Ouellette ont développé leur voix d'auteur avec le TNO. Notre mandat a toujours été la création franco-ontarienne. En 2006, j'ai fait ajouter création et répertoire franco-ontarien, parce que je trouvais important de pouvoir identifier les pièces de notre répertoire. Je trouvais important de pouvoir nommer les pièces qui traversent les époques. Comment peut-on montrer que notre dramaturgie est vivante si elle n'est pas remontée? À mon entrevue d'embauche comme directrice artistique, on m'avait demandé quels étaient mes projets et j'avais mentionné qu'en 2007 ce serait les vingt ans du Chien. Personnellement, j'ai étudié cette pièce à l'école, mais à l’époque je ne l’avais jamais vue. Combien d'autres personnes n'ont jamais vu cette pièce? Pour le 40ème, en 2011-2012, on a élargi le mandat pour inclure la dramaturgie canadienne, en priorisant la franco-ontarienne. Il y a des paroles de l'Acadie ou de l'Ouest qui peuvent résonner ici.

Lavalléville d'André Paiement, mise en scène Pierre Germain
Le TNO selon Pineault
 

ACL : J'aimerais qu'on parle de ton arrivée au TNO. Tu es entrée en poste comme directrice artistique en 2004?
 
GP : Juillet 2004 oui.
 
ACL : Au moment où tu as senti que tu étais mieux installée dans le rôle de directrice artistique, quelles sont les valeurs qui t'ont guidée ? On a mentionné plus tôt l'importance de la dramaturgie et de la prise de parole, mais est-ce qu'il y avait d'autres éléments que tu désirais voir se refléter dans ta direction artistique?
 
GP : C'est certain que la relation avec le public et avec la communauté était importante pour moi. Je me rappelle d’assister à des spectacles au Théâtre français de Toronto et de voir le directeur artistique Guy Mignault accueillir le public à tous les soirs. De la même façon, depuis que je suis au TNO, à moins que je sois à l'extérieur de la ville, je suis présente à chaque représentation. C'est important pour moi d'accueillir le public.  Il y a une fierté chez les gens de Sudbury par rapport au fait que le TNO soit leur théâtre. Ils se l'approprient, sans qu'il y ait d'ingérence. J'ai vraiment l'impression d'être en dialogue avec le public année après année. Pour moi, le contact avec le public ne commence pas au moment où les lumières s'éteignent. Il commence au moment où le spectateur appelle au théâtre. Je dis souvent à Michelle de la billetterie, oui je suis le visage du TNO, mais toi tu es la voix du TNO. C'est vraiment important pour moi que chaque spectateur sente qu'il est important, parce qu'il l'est réellement. Que tu sois un abonné ou que ce soit la première fois que tu viens, tu es aussi important. C'est certain que je veux proposer des œuvres marquantes, comme mes prédécesseurs l’ont fait.
 
ACL : Le TNO a obtenu à l'automne dernier le Prix de la Première Ministre pour l'excellence artistique. C’était la la troisième nomination de l'organisme pour cette distinction. Qu'est-ce que cela représente pour toi?
 
GP : Le TNO est le premier organisme francophone à gagner ce prix. C'est très beau d'obtenir cette distinction quand on repense à la création de la compagnie, puis à l'importance qu'elle a eue en termes de prise de parole franco-ontarienne. Ce prix reconnaît tout le travail artistique, mais aussi le fait que l'organisme est implanté dans sa communauté, le rayonnement du TNO et son impact tant dans la région, que dans la province et même au Canada. J'étais emplie d'un très beau sentiment quand on a gagné et j'ai accepté le prix au nom de toutes les directions artistiques, au nom du public, au nom de la communauté. Par la suite, j'ai téléphoné à Jean-Marc, Brigitte, Sylvie, André Perrier et même à la mère d'André Paiement, qui vient encore au TNO. On ne fait pas notre travail pour des prix, mais c'est certain que ça fait chaud au cœur d'être reconnu.
 
ACL : Qu'est-ce que tu souhaites pour le TNO dans le futur?
 
GP : Notre salle est trop petite pour nos besoins. En même temps, on a une intimité incroyable, on a un super rapport scène-salle, mais on n’a juste pas assez de place par soir. C'est sûr que je souhaite pouvoir réaliser le projet, qu'on mène avec Regroupement des organismes culturels de Sudbury (ROCS), de créer un nouveau lieu de création, de production et de diffusion multidisciplinaire au centre-ville. Tous les organismes ont travaillé très fort pour que ça voit le jour. La communauté le mérite, elle a le droit d'avoir ce lieu. Parfois on a l'impression en situation minoritaire qu'on est toujours dans une dynamique de survie. Non, je veux vivre en français, puis la communauté ici a le droit de vivre en français, puis d'avoir un lieu qui incarne toute la portée des arts francophones à Sudbury. Ce lieu va nous pousser à nous dépasser artistiquement. J'aimerais que le TNO, même après quarante ans d'existence, continue à être pertinent, continue à faire découvrir des textes et des artistes importants. Qu'on ne sente pas les 45 ans de l'organisme. C'est sûr qu'avec les années, il y a une certaine sagesse qui s'acquiert, mais en même temps, j’aimerais qu’il n’y ait pas de rides qui se développent. J’aimerais que le TNO continue à être pertinent, d'actualité, qu’il porte des prises de parole fortes, qu’il crée des productions marquantes et que le public soit au rendez-vous. Longue vie au TNO!

Les Rogers de Robert Bellefeuille, Jean Marc Dalpé, Robert Marinier, mise en scène de Brigitte Haentjens (crédit photo : Alfred Boyd)
Pour en savoir davantage sur le Théâtre du Nouvel-Ontario, visitez son site internet. Il est également possible de suivre ses activités via FacebookTwitter ou Vimeo.
 

EN BREF


L’équipe de l’ATFC s’agrandit !
Deux nouveaux employés se joignent à l’équipe de l’ATFC. Il s’agit d’Antoine Côté Legault, qui remplit le poste d’Agent de projets et de Lisa L’Heureux, qui assume le rôle de Responsable des communications. En ce début d’année, qui s’annonce bien remplie, l’ATFC est très heureuse de pouvoir compter sur de nouvelles recrues tout aussi dynamiques que compétentes. Pour en apprendre davantage sur elles, nous vous invitons à consulter leur biographie dans la section Équipe de notre site internet.
 
L’ATFC crée plusieurs nouvelles instances de réflexion sur la pratique.

 

 

Le 12 janvier dernier, l’ATFC procédait au lancement de deux nouvelles instances nationales, chacune impliquant la majorité des compagnies membres de l’association. Ces instances nous semblent témoigner de la maturité dont fait maintenant preuve l’ATFC et ses quatorze membres. Elles ont pour objectifs de réfléchir à certains aspects précis du développement de la pratique selon des prérogatives artistiques. 

 
En matinée, le 12 janvier, l’ATFC créait une table qui se penchera sur la pratique en théâtre destiné aux jeunes publics. Douze compagnies membres de l’association créent et/ou diffusent à l’intention de ces publics. Puis, l’après-midi, une seconde table, qui, pour sa part, consacre ses travaux à la diffusion spécialisée en théâtre, voyait le jour. En plus de leur rôle de producteur de spectacles, onze de nos compagnies membres consacrent une partie de leurs activités à la diffusion spécialisée.
 
Ces deux instances se réuniront à nouveau en marge de l’assemblée générale annuelle de l’association, soit le 3 juin prochain, à Ottawa. Ce sera, entre autres, le moment d’en préciser les mandats. D’ici là, la réflexion ayant émané de la table sur la pratique en jeunes publics nourrira les travaux de la table Théâtre/Éducation, mise sur pied l’an dernier par l’ATFC. L’association y discute des conditions de la pratique en théâtre jeunes publics avec des représentants du milieu scolaire ; cette plateforme s’est déjà réunie à trois reprises depuis mars 2014.  De même, la réflexion provenant de la table sur la diffusion spécialisée alimentera les travaux d’une troisième nouvelle instance. Celle-ci sera créée par l’ATFC le 21 février prochain, en collaboration avec Scènes francophones (RADARTSRéseau Ontario et Réseau des Grands espaces de l’Ouest et du Nord), Zones théâtrales et les Voyagements. Elle aura pour mandat d’établir un plan d’action ralliant l’ensemble du secteur de la diffusion autour d’enjeux communs concernant le développement de la diffusion du théâtre franco-canadien sur le territoire de la francophonie canadienne pour les prochaines années.


crédit photos : Geneviève Pineault


 

 

Première résidence d’écriture franco-canadienne
 

L’ATFC et ses deux partenaires ont le plaisir d’annoncer la tenue de la toute première résidence d’écriture exclusivement destinée aux auteurs de la francophonie canadienne ! Cette activité aura lieu à tous les deux ans, au Banff Centre, en Alberta. Pour l’édition 2015, les trois candidatures retenues sont celles des dramaturges Marie-Claire Marcotte (Ouest), Mishka Lavigne (Ontario) et Joannie Thomas (Atlantique). Du 9 au 27 février prochain, chacune d’entre elles aura l’occasion de travailler individuellement au développement d’une pièce en chantier, sous la supervision de l’auteur et conseiller dramaturgique montréalais, David Paquet. Ce dernier est diplômé de l’École nationale de théâtre du Canada en écriture dramatique, en 2006. Il a écrit les pièces Porc-épic et 2h14, qui ont toutes deux été publiées. Son texte Le brasier a fait l’objet d’une mise en lecture à la 8e édition du Festival du Jamais Lu et a été créé au Théâtre des Martyrs à Bruxelles en novembre 2012. Sa dernière pièce Appels Entrants Illimités, écrite pour le Théâtre Le Clou, tourne actuellement au Québec et en France. Cette résidence d’écriture est le fruit d’un partenariat entre l’Association des théâtres francophones du Canada (Ottawa), le Centre des auteurs dramatiques (Montréal), et le Banff Centre for the Arts (Banff).


Painter's house au Banff Centre for the Arts


 
Lancement de l’appel de candidatures concernant les Rencontres internationales de jeunes créateurs et critiques des arts de la scène, au FTA
 
Depuis le printemps 2012, l’ATFC donne annuellement l’occasion à trois jeunes créateurs (auteurs, metteurs en scène, concepteurs, âgés entre 25 et 35 ans) de participer aux Rencontres internationales de jeunes créateurs et critiques des arts de la scène qui se tiennent en marge du Festival TransAmériques, à Montréal. L’appel pour l’édition 2015 vient tout juste d’être lancé et les artistes de la francophonie canadienne qui désirent déposer leur candidature ont jusqu’au 1er mars prochain pour le faire.
 
En plus de découvrir certaines des esthétiques les plus radicales, affirmées et pointues des domaines du théâtre et de la danse internationales en assistant à la programmation officielle, les trois participants franco-canadiens ont l’occasion de verbaliser et de mieux comprendre certaines des démarches les plus excitantes de la création mondiale en échangeant avec une trentaine de créateurs de leur génération en provenance de partout sur la planète. Les artistes intéressés à postuler trouveront toutes les informations nécessaires en consultant le lien suivant : www.atfc.ca
 
Au cours des trois dernières années, huit artistes franco-canadiens ont profité de cette rare opportunité de briser leur isolement relatif, d’échanger et de tisser des liens durables avec des pairs de leur génération issus de nombreuses cultures: Mathieu Chouinard (Acadie), Gilles Poulin Denis (Ouest), Nathalie Lefebvre Gnam (Ouest), Pierre-Antoine Lafon-Simard (Ontario), Émilie Leclerc (Ouest), Mélanie Léger (Acadie), Magali Lemèle (Ontario) et Lou Poirier (Acadie). En plus d’entraîner des incidences certaines sur la démarche de ces huit créateurs, deux de ceux-ci ont eu l’occasion de développer des liens menant à des projets concrets. Mathieu Chouinard, participant 2012, développe présentement une coproduction Tchad-Acadie avec le danseur et chorégraphe Taïgue Ahmed. Mathieu s’est rendu en Afrique en décembre 2013 et Taïgue a découvert l’Acadie au cours de l’été dernier. Un spectacle conjoint devrait voir le jour dans un proche avenir. 
 
Quatrième édition du Stage en formation continue de l’ATFC au Banff Centre
Pour une quatrième année consécutive se tenait le stage en formation continue de l’ATFC, offert au Banff Centre, en collaboration avec cet organisme et l’École nationale de théâtre du Canada. Du 17 novembre au 5 décembre derniers, seize praticiens du théâtre francophone au Canada, provenant de Vancouver à Moncton, ont convergé vers l’Alberta pour prendre part à trois ateliers offerts par des professeurs associés à l’École nationale de théâtre du Canada. Ces périodes de formation portaient sur la création théâtrale (Philippe Ducros), la création vidéo (David Leclerc) et l’analyse de texte (Maureen Labonté).
 
Les participants ont également eu la chance d’assister à plusieurs spectacles et de participer à des rencontres avec des créateurs à la pratique artistique unique, tels que le comédien et metteur en scène Robert Lepage, le comédien et créateur Rick Miller, ainsi que Peter Balkwill, le directeur artistique du Old Trout Puppet Workshop de Calgary. L’ATFC et ses partenaires souhaitent reconduire cette activité de perfectionnement professionnel, dont le contenu change d’une édition à l’autre, aussi longtemps qu’il sera pertinent de le faire. Nous vous invitons à consulter le fil Twitter, ainsi que la page Facebook de l’ATFC pour avoir accès à des photographies de l’activité. Ce stage en formation continue représente un partenariat au plan de la formation entre l’Association des théâtres francophones du Canada, l’École nationale de théâtre du Canada et le Banff Centre. Il est rendu possible, outre la contribution des partenaires, grâce à l’appui généreux du Fonds du Canada pour la formation dans le secteur des arts, du Service du théâtre du Conseil des Arts du Canada et du Théâtre français du Centre national des Arts du Canada.

 

Photo 1 : rencontre avec Robert Lepage (crédit photo : David Leclerc)
Photo 2 : présentation de Rock Miller (crédit photo : David Leclerc)
Photo 3 : atelier de création vidéo (crédit photo : Marie-Pierre Proulx)
Photo 4 : atelier de création (crédit photo : Alain Jean)


 
Une nouvelle étape pour la campagne Saviez-vous que…
 
L'Association des théâtres francophones du Canada compte quatorze compagnies membres, réparties dans six provinces (le Nouveau-Brunswick, l'Ontario, le Manitoba, la Saskatchewan, l'Alberta et la Colombie-Britannique). Ces compagnies contribuent à la vitalité des communautés francophones, non seulement dans leur propre province, mais aussi partout au pays.
 
Avec leur soutien et grâce au lien étroit qu'elles entretiennent avec leur communauté, l'ATFC a donné la parole aux Canadiennes et aux Canadiens en leur demandant de s'exprimer sur l'importance du théâtre dans leur vie. C’est avec fierté que notre association vous fait découvrir la nouvelle vignette créée dans le cadre de cette troisième édition de la campagne nationale Saviez-vous que…

 
Deux dramaturges d’ici en résidence au cours des prochains mois
La dramaturge acadienne Mélanie Léger se rendra à Yaoundé, au Cameroun, en mars et en avril 2015, pour prendre part à la deuxième édition de l’événement Contexthéâtral. Cette résidence d’écriture d’une quarantaine de jours sera l’occasion pour elle de développer sa pièce Laura de Montréal, qui traite de manière satirique du rapport entre une métropole (Montréal) et sa périphérie (l’Acadie) en abordant particulièrement la question de la langue. La pièce trouve un fort écho au Cameroun où existe une culture linguistique similaire à celle de l’Acadie, le « camfranglais ». Lors de sa présence au FTA, Mélanie a fait la rencontre de Edouard Elvis Bvouma. C’est à l’invitation de cet auteur, metteur en scène et comédien camerounais qu’elle se rendra à Yaoundé prochainement.
De son côté, la dramaturge et metteure en scène d’Ottawa Lisa L’Heureux prendra son envol vers Villeneuve-lès-Avignon, en France, pour participer à une résidence d’écriture à La Chartreuse. Dans le cadre de cette activité d’une durée de trois semaines, elle travaillera au développement de son texte Et si un soir. Celui-ci est constitué d’un ensemble de récits enchâssés qui explorent les thèmes de l’amour et de l’horreur humaine. La Chartreuse est un lieu d’exploration des conditions contemporaines de l’écriture dans le spectacle vivant. Au cœur de cette action, les résidences sont un vecteur primordial de croisements et de rencontres entre les auteurs et les artistes de différentes disciplines. Lisa L’Heureux, qui est la seconde auteure franco-canadienne à profiter d’une résidence à la Chartreuse en deux ans, après Marie-Claire Marcotte l’an dernier, a bénéficié de deux bourses de la Fondation pour l’avancement du théâtre francophone au Canada. Elle a également fait partie de délégations d’auteurs de l’ATFC au Festival du Jamais Lu et à Dramaturgies en dialogue (CEAD).

crédit photo : Pink Monkey Studios
 
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