Bulletin de l'ATFC

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Le 23 mars 2015 Numéro 34

Dans cette édition

BULLETIN DE L'ATFC
MARS 2015, NUMÉRO 34
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DANS CETTE ÉDITION


Dans ce 34e numéro, l’ATFC profite de son grand dossier pour présenter le deuxième d’une série de trois textes au sujet des recommandations mises de l’avant par la Coalition canadienne des Arts en vue de la prochaine élection fédérale. Ces trois recommandations visent à assurer un meilleur soutien du milieu artistique et culturel canadien. Dans la section Zoom, l’ATFC présente le comédien et créateur acadien, cofondateur du Théâtre La Cigogne, Ludger Beaulieu. Ce jeune artiste a été récipiendaire de deux Prix de la Fondation pour l’avancement du théâtre francophone au Canada l’an dernier. Chez nos membres, renferme les dernières nouvelles de nos compagnies membres, alors que la section Dans le sillon du 30ème, est l’occasion d’offrir un portrait d’une de celles-ci, le Théâtre la Catapulte, à travers le regard de son directeur artistique actuel, Jean Stéphane Roy. Finalement, les dernières nouvelles de l’ATFC, ainsi que celles des artistes de notre milieu, se trouvent dans la section En bref.
 

GRAND DOSSIER

Par Alain Jean, directeur général de l'ATFC

 

Le secteur canadien des arts et de la culture en réflexion en vue de la prochaine élection fédérale

 
L’ATFC présente ici le deuxième d’une série de quatre grands dossiers. Notre association continue ainsi à  présenter les recommandations qu’elle désire soutenir et mettre de l’avant en vue de la prochaine élection fédérale, prévue, pour l’instant, le 19 octobre prochain. Cette série se poursuivra d’ailleurs à l’occasion des prochaines éditions du bulletin, en juin et en septembre.

Issues tantôt de la Coalition canadienne des arts, tantôt de la Fédération culturelle canadienne française – deux organismes dont elle est membre –, ces recommandations auxquelles l’ATFC s’arrime humblement, ont pour objectif principal de mieux soutenir l’ensemble du milieu culturel et artistique canadien afin qu’il puisse dialoguer avec l’ensemble des citoyens de notre pays. Elles souhaitent également que notre secteur puisse être considéré comme un élément central à la vie canadienne, toutes considérations confondues.

En janvier dernier, l’ATFC présentait dans ce bulletin la première de ces trois recommandations : Que le gouvernement du Canada restitue son appui au fonctionnement de certaines agences culturelles fédérales incontournables pour l'essor des arts et de la culture au Canada (le Centre national des arts, la Société Radio-Canada, Téléfilm Canada, l'Office national du film) et à la hauteur de ce qu’il était avant le budget fédéral 2012. 

Cette recommandation est toujours d’actualité. 

Avant de poursuivre avec la nomenclature des autres recommandations qu’elle désire appuyer, l’ATFC a dernièrement réalisé qu’elle tentait sans doute d’aller un peu plus vite que le reste du secteur des arts et de la culture au Canada. Une récente conférence téléphonique de la Coalition canadienne des arts à laquelle elle a participé lui a d’ailleurs permis de le constater. C’est pourquoi elle juge préférable de traiter des questionnements qui habitent présentement notre milieu pris dans son ensemble, plutôt que de poursuivre avec sa série de recommandations, comme elle l’avait annoncé en janvier dernier. Cette conférence téléphonique, qui réunissait des représentants des arts et de la culture en provenance de partout au pays et parlant les deux langues, démontre − à quelque sept mois de l’élection−, l’importance que recèlera ce scrutin. Elle atteste également l’amplitude des enjeux que celui-ci met en branle ; pour notre secteur, comme pour plusieurs autres. D’ici à la parution du bulletin de juin, la  réflexion du milieu des arts et de la culture aura évolué et il sera alors possible de revenir sur l’objectif premier de cette série de grands dossiers.

Le questionnement des membres de la Coalition canadienne des arts trouve son origine dans le fait que, traditionnellement, selon plusieurs, notre milieu a toujours peiné à se mobiliser lors de telles occasions ; mais que, cette fois-ci, il se doit de répondre « présent » à l’appel. Dans le même souffle, plusieurs dénotent notre difficulté à attirer l’attention médiatique sur les grandes préoccupations nationales.         

La première question qui mobilise présentement les membres de la Coalition canadienne des arts tourne autour de la forme que prendra notre positionnement. Le secteur des arts et de la culture devrait-il se positionner en solo, par lui-même, ou devrait-il plutôt s’arrimer avec un (ou plusieurs) autre organismes appartenant à un autre domaine, mais possédant des préoccupations et des valeurs similaires aux nôtres ?  Par exemple, des valeurs comme l’équité et la justice sociale. 

Si notre secteur allait par là, cela serait synonyme de laisser de côté nos revendications culturelles et artistiques. Devrions-nous taire les préoccupations de notre secteur pour nous arrimer à quelque chose de plus large ? Y a-t-il un danger d’y perdre notre âme et notre identité ? Devrions-nous conserver notre intégrité en tant que secteur, faire preuve de concentration, en comparaison avec une forme d’édulcoration ? Ces questions sont légitimes et des réponses trop simplistes les banaliseraient. Malgré tout, certains de nos collègues, et l’ATFC tendent à aller dans le même sens, pointent le danger de diluer le message en agissant ainsi. Si nous ne sommes pas les porteurs de notre propre cause, personne ne pourra le faire à notre place. 

D’autre part, certains intervenants de notre milieu soulignent que l’enjeu sera tellement vaste lors de l’élection d’octobre prochain que le véritable objectif devrait uniquement être de « faire sortir le vote », d’encourager nos concitoyens, surtout les plus jeunes, à exercer leur droit, question de ne pas louper ce rendez-vous et de permettre aux Canadiens de véritablement se prononcer sur le type de gouvernement qu’ils souhaitent voir à Ottawa pour les prochaines années. 

Peu importe l’option qui sera choisie par notre secteur, et à laquelle, au final, l’ATFC se ralliera, ces deux stratégies poursuivent des objectifs tout à fait distincts. Nous positionner dans la société canadienne, ou tenter une action d’éclat. 

Tous s’entendent pour dire que les priorités et les recommandations de notre milieu sont justes et représentent de véritables enjeux mobilisateurs. Mais souhaitons-nous nous contenter de le savoir entre nous sans les partager ? En étant trop beiges, risquons-nous de ne pas être à la hauteur de l’occasion ? L’ATFC se rallie ici à certains qui, pour leur part, disent que, si le secteur des arts et de la culture manque son rendez-vous cette fois-ci et ne parvient pas à bien se faire entendre dans le tumulte des voix qui s’élèvent lors des scrutins nationaux, les contrecoups seront graves et s’éterniseront sur une longue durée. 

Ce tiraillement entre deux types d’action n’est pas étranger au fait que, pour l’instant, l’opinion canadienne ne semble pas tranchée et qu’il est difficile de bien voir d’où vient le vent.  

Outre la recommandation qui a fait l’objet du texte de janvier dernier, l’ATFC souhaitera ultimement se rallier aux deux message suivants : 

  • Augmenter le crédit parlementaire du Conseil des arts du Canada de 35 millions de dollars en 2015 en vue d’atteindre à long terme une enveloppe de 300 millions de dollars. 

Rappelons que le budget du Conseil avoisine présentement 180 millions et que ce message, que notre secteur martèle depuis plusieurs années, marque plus ou moins la raison même de la naissance de la Coalition canadienne des arts.

L’autre recommandation est : 

  • Accroitre la présence du Canada sur la scène artistique internationale d’ici 2017 en investissant 25 millions de dollars dans la création d’un programme pilote triennal dans le cadre du ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement, et ce à l’occasion du 150e anniversaire de la fondation du Canada.

Arrimer cette recommandation avec le 150e anniversaire de la Confédération n’apparaît présentement pas comme une idée pertinente aux yeux de plusieurs. L’ATFC est de ceux-ci. Parmi les arguments, on entend que ce qui est réellement célébré avec ce 150e anniversaire de la création du pays n’est pas particulièrement clair. De même, nous sommes en 2015, placer une fin d’échéance dans seulement deux ans, même pour un projet pilote, c’est presque souhaiter que la recommandation ne se réalise pas.  

Sur un tout autre plan, certains autres intervenants soulignent qu’il serait essentiel que les actions de notre secteur mettent de l’avant sa contribution au Produit intérieur brut du Canada. Rappelons qu’après la dernière élection fédérale, en mai 2011, plusieurs intervenants du domaine des arts et de la culture ont cru important de parler la langue du gouvernement en place et de témoigner de nos liens étroits avec différents secteurs qui touchent à l'économie, l'infrastructure sociale, etc. C’est d’ailleurs avec ces idées en tête que la campagne Saviez-vous que… de l’ATFC a été créée en septembre 2011. Toutefois, il faut avouer que ce type de langage est limité. Après quelques éditions, notre association s’est davantage concentrée sur les bienfaits de nature plus globale apportés par notre secteur (comme son aspect rassembleur et mobilisateur pour une collectivité, ses impacts positifs sur la santé, le développement de la pensée, etc.).   

Peu importe le type de positionnement qui sera choisi par notre milieu, la Coalition canadienne des arts  souhaitera rendre publique une série de questions qui seront adressées aux différents partis au cours de l’automne prochain. Ces questions, qui s’articuleront autour des messages clés de notre secteur, seront également disponibles sur le site de l’organisme.

Quelque sept mois avant l’élection, il est sans doute normal que notre milieu n’ait pas encore arrêté le type d’action qu’il souhaite déployer en vue de ce rendez-vous incontournable. Certains de nos collègues disent que c’est peut-être même heureux. Qu’il est possible que des communautés de pensée se regrouperont prochainement et qu’il apparaîtra alors comme organique que, faute d’être une véritable locomotive, notre milieu se joigne à elles. S’il est présentement difficile de savoir ce à quoi pourraient exactement ressembler ces communautés de pensée, c’est probablement au cours de l’été que la situation s’accélérera et qu’elles se mettront à apparaître.

Comme on le voit, l’opinion de l’ATFC au sujet du positionnement des arts et de la culture à l’occasion du prochain scrutin fédéral n’est pas tout à fait arrêtée, bien qu’elle penche, pour l’instant, vers une démarche en solitaire.  

Une chose nous semble toutefois sûre. Tous ceux et toutes celles qui gravitent autour de notre secteur doivent se mobiliser en vue de cette élection, car son enjeu sera, rappelons-le, sans aucun doute plus grand que celles des dernières décennies.

 

ZOOM

Par Antoine Côté Legault
Zoom sur Ludger Beaulieu

Ludger Beaulieu constitue très certainement l’un des jeunes artistes de théâtre acadien à surveiller. Comédien formé au Département d’art dramatique de l’Université de Moncton, cofondateur du Théâtre La Cigogne avec Isabelle Bartkowiak, Frédéric Melanson et Bianca Richard, il a été récipiendaire en 2014 du Prix national d’excellence RBC pour un artiste émergent et du Prix Spécial Suzanne-Cyr, tous deux accordés par la Fondation pour l’avancement du théâtre francophone au Canada.

crédit photo : Ludger Beaulieu

Antoine Côté Legault : Quel parcours t'a amené à devenir un praticien de théâtre ?

Ludger Beaulieu : À l'école secondaire, on était super chanceux, on avait une prof de français qui s'occupait aussi de la troupe de théâtre de l'école et qui croyait à l'importance de l'art dans l'éducation des jeunes. J’ai fait partie de la troupe de théâtre pendant trois ans. Je me suis ensuite inscrit à l'Université de Moncton, au baccalauréat en art dramatique et je suis rendu ici maintenant.

ACL : Dans ta pratique, tu es à la fois acteur, metteur en scène, créateur, codirecteur de compagnie, comment ces différentes fonctions interagissent-elles ? Est-ce que ce sont des rôles séparés ? 

LB : Non, tout ça va ensemble. Cette question, je la trouve dure, parce que je ne me décris pas nécessairement comme metteur en scène. Je me décris comme comédien, comme « copropriétaire d'une compagnie », mais je n’ai pas encore présenté de projet pour lequel j’étais uniquement metteur en scène. Au Théâtre La Cigogne, on a toujours fait des mises en scène collectives jusqu’à maintenant, et ça a toujours été super.

ACL : Il y a une interrelation, ce ne sont jamais des rôles qui sont fermés à la Cigogne. Ce ne sont pas des rôles de création purs, si on veut.

LB : Tu as entièrement raison !

ACL : Justement, parlant du Théâtre La Cigogne, d'où est venue l'impulsion aux quatre cofondateurs (Isabelle Bartkowiak, Frédéric Melanson, Bianca Richard et toi) de créer la compagnie ?

LB : Les trois autres m’ont approché en étant très motivés à se créer de l’emploi en fondant une compagnie. Je dois avouer que j'étais réticent au début, de peur de l’aspect administratif de tout ça, mais ils m'ont mis en confiance, puis j'ai embarqué dans le projet à 100% et je ne pourrais pas être plus heureux. 

ACL : Au fond, la Cigogne est née d'une volonté de créer de l'emploi dans le domaine du théâtre au-delà des compagnies établies depuis plus longtemps ? 

LB : C'est exactement ça, on s'est dit, la pire erreur qu'on pourrait faire c'est de s'asseoir sur le divan à attendre que le téléphone sonne, alors faisons quelque chose dès maintenant. Malheureusement, les compagnies établies n'ont pas assez de moyens et ne créent pas assez de productions pour faire vivre la masse artistique. Ce n'est pas seulement vrai en Acadie, c'est vrai partout. D’ailleurs, d'autres compagnies ont été créées avant la nôtre et d’autres le seront dans le futur.

ACL : Y a-t-il une importance à avoir une jeune compagnie comme la Cigogne au sein du paysage théâtral acadien ?

LB : Oui! Ça a certainement une importance. Ce n'est pas un secret que la scène artistique en général en Acadie est en expansion. On peut le voir juste avec la musique qu'on entend à la radio partout au Canada. En Acadie, toutes les formes d'arts explosent et, particulièrement en théâtre, de bonnes idées surgissent. La Cigogne veut pouvoir être là pour aider. Pour l'instant, c'est plutôt nous (les fondateurs), qui travaillons avec la compagnie, mais le grand but est de devenir un outil pour la relève. Les gens de la relève ont des idées, ça brûle, et justement, on voudrait être là pour pouvoir les assister, les guider.

ACL : Être une rampe de lancement si on veut ! Quels sont les projets présents et futurs du Théâtre La Cigogne ?

LB : Il y a les filles (Bianca Richard, Isabelle Bartkowiak et Joannie Thomas), qui travaillent sur Le loup l'histoire d'un incompris, un spectacle de marionnettes. Les filles ont vu The Table, un spectacle anglais qui les a marquées et qui leur a donné envie de créer un spectacle à partir d'une marionnette du style japonais Bunraku, manipulée par trois personnes. Elles sont parties de la forme pour ensuite créer un univers. C'est un spectacle super intéressant, autant pour les jeunes que pour les adolescents ou les adultes. C'est une création collective au sens pur du terme. Elles ont fait leur propre décor, leur propre mise en scène, avec la marionnette de Marie-Ève Cormier, qui est splendide. 

ACL : Il y a également le projet pour lequel tu as remporté le Prix national d’excellence RBC pour un artiste émergent, de la Fondation pour l’avancement du théâtre francophone au Canada.

LB : Oui, Le froid est un détail de l'hiver, qui s'appelait initialement projet Icare. La commande initiale à l’auteur Matthieu Girard était de prendre un poème d'Herménégilde Chiasson pour nous écrire une trame. Par contre, au moment de notre premier laboratoire en janvier 2014, il nous est arrivé avec une pièce complète, sur laquelle on a travaillé pendant trois semaines. À la fin du laboratoire, on avait 90 pages de matériel plutôt solide. Aujourd'hui, environ un an plus tard, Matthieu continue à travailler sur le texte et il sera présenté au Festival à haute voix en avril cette année au théâtre l'Escaouette. Notre objectif serait de produire le spectacle au début 2016. Parmi nos projets en développement, on compte aussi celui sur lequel on a commencé à travailler en atelier dans le cadre du Stage en formation continue de l'ATFC au Banff Centre. Il s’agit de Violences, une dénonciation de tous les processus qui entraînent la violence et la haine. C’est un projet qu'on souhaiterait pouvoir continuer à développer dans un autre contexte d'atelier. 

ACL : C'est peut-être votre projet le plus engagé sur le plan des idées. Toujours dans une forme qui est éclatée, en mettant l'acteur à l'avant-plan, en utilisant différents vocabulaires scéniques.

LB : C'est notre leitmotiv, c'est toujours l'acteur à l'avant-plan. Même si on a souvent eu des décors et des costumes, ce sont des éléments plus secondaires dans notre travail. Dans Le loup, par exemple, les filles portent des vêtements neutres, noirs, auxquels ils ajoutent des éléments de costume simples pour évoquer les différents personnages. L'importance est accordée principalement au corps du comédien et à comment il est sur scène. C'est ce qui guide la plupart de nos projets, je crois.

ACL : C'est d'une part un théâtre léger au sens où il peut sans doute tourner facilement, mais aussi un théâtre pauvre au sens minimaliste, en mettant à l'avant-plan l'acteur, la rencontre, le jeu, le propos.

LB : Au début, pour nous, c'est devenu du théâtre pauvre, du théâtre minimaliste à cause de manque de moyens, mais on a pris conscience avec le temps que ça pouvait grandement nous servir.

ACL : En plus du Prix RBC, tu es également récipiendaire du Prix Spécial Suzanne-Cyr, qui te permet de faire un stage à la direction artistique avec Marcia Babineau au théâtre l'Escaouette. Comment se déroule ton expérience jusqu'à maintenant, qu'est-ce que ça impliqué ?

LB : J’ai rempli quelques tâches ici et là, de l'évaluation de spectacles notamment, mais le gros du stage commence maintenant, puisque c’est la coordination du Festival à haute voix, un événement dans lequel sont mises en lecture des pièces acadiennes. Mon travail consiste à coordonner les metteurs en lectures, les comédiens, faire les horaires, etc. 

ACL : C'est la huitième édition du Festival à haute voix cette année. Qu’est-ce que ça représente pour toi exactement?

LB : C'est un festival hyper important pour plusieurs raisons. Il permet à la communauté artistique et au public de faire le point sur le développement de la dramaturgie acadienne. C'est également une chance en or pour les auteurs d’entendre leur texte dans un contexte où il est lu devant public par des comédiens. Les metteurs en scène qui abordent les pièces donnent aussi un regard différent sur l'œuvre.

ACL : Couplés aux mises en lecture, il y a aussi les ateliers de développement dramaturgique.

LB : Oui, il y a d'abord un atelier de création auquel tout le monde peut s'inscrire, dans lequel les gens écrivent avec le soutien de Louis-Dominique Lavigne. À la fin, il y a un premier jury, auquel les participants peuvent soumettre leur texte et certains d’entre eux sont sélectionnés pour participer au second atelier de développement dramaturgique. À l’issue de ce deuxième atelier, il y a un autre jury qui sélectionne les pièces qui feront partie de la programmation du festival. Les initiatives de l'Escaouette m’apparaissent vraiment pertinentes, parce que, du début, elles permettent à l'auteur de travailler sur son texte. On donne un vrai coup de pouce aux auteurs du début à la fin.

ACL : Comment se porte la dramaturgie en Acadie ?

LB : Le milieu artistique acadien vit une véritable explosion, et la dramaturgie ne fait pas exception. Il y a plein de nouveaux auteurs qui nous surprennent constamment. Les auteurs de la relève sont forts, sont vivants, ils s'imposent, ils ont plein d'idées, puis ils n’hésitent pas à les présenter. Il ne faut pas oublier les auteurs établis qui trouvent toujours une manière de se réinventer, puis de trouver des sujets qui interpellent.

ACL : On peut penser à Herménégilde Chiasson, Marcel-Romain Thériault, Mélanie Léger, Emma Haché, pour ne nommer que ceux-là. Y a-t-il de jeunes plumes à surveiller dans les années futures ?

LB : Il y a notamment Joannie Thomas, qui est allée à Banff dernièrement pour participer à la résidence d'écriture de l’ATFC, très certainement à surveiller. Il y a aussi Caroline Belisle, qui en est à sa deuxième participation au FHV. Elle est très intéressante, son univers est tout à fait décalé. Il y a aussi l'auteur du projet Icare, Matthieu Girard. Il est très certainement à surveiller. À chacune des nouvelles versions du texte, il arrive toujours à nous surprendre, c'est incroyable, j'adore sa plume.

ACL : En plus de permettre un regard sur la dramaturgie, quel impact crois-tu que le Festival a sur les auteurs qui ont la chance d'y participer ?

LB : Bien sûr, ce n’est pas négligeable d'avoir une pleine équipe qui travaille sur ton texte pendant une semaine, puis qui le lit devant public. Non seulement il y a des comédiens qui peuvent donner une interprétation différente au texte, mais il y a aussi le public, qui y réagit en direct. 

ACL : Ça permet de donner le pouls aux auteurs à savoir comment leur pièce est reçue. Quels sont tes souhaits pour le Festival à haute voix et pour la dramaturgie acadienne dans le futur ?

LB : Sincèrement, j’aime vraiment beaucoup le festival. Je trouve que c’est aussi important pour les auteurs que tous les autres artistes impliqués : comédiens, metteurs en scène, etc. J’espère sincèrement que ça va continuer à grandir avec les années.

ACL : Et toi, comme coordonnateur de l'événement, crois-tu que ça aura un impact sur ta carrière, puis plus globalement que ton stage à la direction artistique à l’Escaouette, qui est rendu possible grâce au Prix Spécial Suzanne-Cyr de la Fondation pour l’avancement du théâtre francophone au Canada, permettra de forger quelque chose pour l'avenir ?

LB : Très certainement, je n'en doute pas une seconde! Pour moi, la meilleure école c'est l'observation, et en ce moment, je suis en train d'observer à 110%. J'ai un siège en première classe pour voir tout ce qui entoure le travail d’une compagnie de théâtre, des bureaux administratifs, jusqu'à la scène. Ça ouvre les yeux, ça ouvre l'esprit, c’est une belle leçon d’humilité.

ACL : Je suppose que ce sont des apprentissages que tu pourras réinvestir dans la Cigogne aussi.

LB : Bien entendu, c'est sûr que ça va nous servir.

ACL : Quels sont tes souhaits pour l’avenir comme cofondateur de la Cigogne?

LB : Une longue vie. Le but plus noble derrière notre projet, c’est de voir la compagnie se perpétuer afin de pouvoir aider les gens de la relève, qui se trouvent dans la même position que celle dans laquelle nous étions au départ, dans 10 ans, dans 15 ans.

1 - Le loup : l'histoire d'un incompris en spectacle à la Folie des arts de Bouctouche. Isabelle Bartkowiak, Joannie Thomas et Bianca Richard. (crédit photo : Ludger Beaulieu)

2 - Paul et la mer. Isabelle Bartkowiak, Ludger Beaulieu et Bianca Richard

Antoine Côté Legault
Formé en théâtre à l'Université d'Ottawa (baccalauréat et maîtrise), Antoine Côté Legault est un amant comblé du théâtre et de l'écriture. Dramaturge et conseiller dramaturgique, il est aussi créateur de la Bibitte Poétique, à travers laquelle il développe des spectacles de poésie-théâtre. Parallèlement à sa carrière artistique, il remplit de nombreux contrats de rédaction, d'analyse, de vulgarisation et d'animation d'ateliers dans le domaine du théâtre et de la poésie orale.

 

CHEZ NOS MEMBRES

Au théâtre l'Escaouette


La programmation du Festival à haute voix 2015 est dévoilée !

La programmation de la huitième édition du Festival à haute voix est disponible au www.escaouette.com. Cette activité bisannuelle qui se déroulera du 17 au 19 avril 2015 au théâtre l’Escaouette de Moncton constitue une vitrine incontournable sur la dramaturgie acadienne où le public peut assister à des premières lectures de textes dramatiques d’auteurs établis et de la relève.

Pendant les trois jours du Festival, le public aura l’occasion d’apprécier les mises en lecture des six textes des auteurs suivants : Caroline Bélisle, Matthieu Girard, Gabriel Robichaud, Danielle Séguin-Tétreault, Marcel-Romain Thériault et Joannie Thomas. Les deux textes des gagnants du concours de rédaction des écoles secondaires du Nouveau-Brunswick, en collaboration avec le Festival Frye, sont également inscrits dans la programmation.

 

Je…Adieu à l’aube de sa 100e représentation

Je…Adieu de Mélanie Léger a fait l’objet d’une tournée de 10 représentations en mars dans les écoles du nord-est du Nouveau-Brunswick. Cette pièce mettant en vedette les interprètes acadiens, Stephanie David, Matthieu Girard et Anika Lirette, reprendra la route en avril prochain pour Winnipeg au Cercle Molière où elle prendra l’affiche pour 12 représentations.

crédit photo : Marc Paulin
 

Au Théâtre populaire d'Acadie

Le porteur : petit miracle sans paroles

Le Théâtre populaire d'Acadie est enchanté de recevoir Le porteur à Caraquet, une pièce pour tous (dès 5 ans) du Théâtre de l’Œil qui fait florès depuis maintenant près de 20 ans. En effet, ce spectacle de marionnettes sans paroles, signé Richard Lacroix, André Laliberté et Richard Morin, a visité plus de 10 pays, cumulant plus de six cent cinquante représentations. 

« J'avoue avoir été conquise cette fois par la finesse des enchaînements, la personnalité des marionnettes et la magie à l'oeuvre. (...) Sans barrière linguistique, ce spectacle pourra voyager librement, la tête dans les étoiles. » – Patricia Belzil, Voir, mars 1998.

Lire la suite en ligne.

crédit photo : Léon Gniwesch

 
 

Au Théâtre la Catapulte

Ik Onkar en tournée au Québec

Le 11 mars, Ik Onkar reprenait sa tournée québécoise commencée fin octobre au Théâtre Hector-Charland à L’Assomption. Jusqu’au 21 mars, la production est à la Maison Théâtre à Montréal pour une série de sept représentations. Le spectacle se rendra ensuite à L’Arrière Scène à Belœil les 23 et 24 mars et au Théâtre jeunesse les Gros Becs les 26 et 27 mars. La tournée se conclura par deux représentations à la Rencontre Théâtre Ados à Laval le 16 avril. Au total, Ik Onkar se sera produit à 17 reprises au Québec cette saison.

Un lieu pour Cinéma !

Cinéma de Mishka Lavigne sera présentée dans un lieu non théâtral, un entrepôt situé dans l’Est d’Ottawa, au 2241 Gladwin (cliquez ici vers la carte Google). Pour Caroline Yergeau, la metteure en scène, Cinéma est l’histoire d’un vide existentiel que l’on tente de combler par la fiction. Elle voulait créer « loin des salles de théâtre, déjà si pleines de fiction, pour aller habiter un espace où tout est à créer, […] où tout est possible »

Comme le spectacle sera présenté dans le cadre de Scène Ontario, la billetterie se fera auprès du CNA. Vous pouvez dès à présent réserver vos places.

crédit photo : Sylvain Sabatié

Le Journal d’Anne Frank

En partenariat avec le MIFO, le Théâtre la Catapulte accueille la coproduction de Spectra Musique en collaboration avec le Théâtre du Nouveau Monde et Didier Morissonneau, Le Journal d’Anne Frank. Après 26 représentations à Montréal dont 6 supplémentaires, la pièce se jouera à guichets fermés au Centre des Arts Shenkman à Orléans.

crédit photo : Sylvain Sabatié


La fin de l’aventure Zone

Le 27 février, Zone de Marcel Dubé, notre coproduction avec le Théâtre français de Toronto entonnait son chant du cygne au Young People’s Theatre à Toronto. Troisième production du projet sur cinq ans qui visait à promouvoir le théâtre francophone en Ontario, Zone s’est produit 173 fois, dont 5 semaines à guichets fermés au Théâtre Denise Pelletier à Montréal. Créé le 1er février 2012 avec le TfT, le spectacle a tourné pendant 4 saisons et a rejoint 48 292 spectateurs.

La production a visité cinq provinces : l’Ontario, le Québec, la Saskatchewan, le Nouveau-Brunswick et l’Île-du-Prince-Édouard (une première pour le Théâtre la Catapulte) et s’est méritée de nombreux prix :

  • Prix Rideau 2012 de la « production de l’année » ;
  • Prix Rideau 2012 de la « mise en scène de l’année » remis à Jean Stéphane Roy ;
  • Prix Rideau 2012 de la « conception de l’année » remis à Dominic Manca pour sa scénographie ;
  • Prix d’excellence artistique Avant-scène de Théâtre Action remis à Nicolas Desfossés ;
  • Prix du meilleur acteur de soutien masculin du Théâtre Denise-Pelletier, saison 2013-2014, remis à Dave Jenniss pour son rôle de Moineau.

C’est non sans un petit pincement au cœur que la Catapulte dit adieu à Zone. Merci à tous les artistes qui ont contribué à faire de cette pièce un succès : Kyle Ahluwalia, Paul Auclair, Antoine Côté Legault, Nicolas Desfossés, Sophie Ducharme, Guillaume Houët, Dave Jenniss, Maxime Lavoie, Alain Lauzon, Richard J. Léger, Dominic Manca, Nina Okens, Jean-Michel Ouimet, Annie Parkinson, Anie Richer, Jean Stéphane Roy, Frédérique Thérien, Jean-Simon Traversy, Lindsay Tremblay et… Marcel Dubé !

Andrée au Festival Théâtre Action en Milieu Scolaire

Le Théâtre la Catapulte, en coproduction avec le Théâtre français de Toronto et le Théâtre du Nouvel-Ontario assurera la mise en lecture d’Andrée, une pièce de Gabrielle McLaren qui a remporté le Prix Étincelles HJ/GL l’an dernier. Ce prix récompense le meilleur texte de création écrit par un ou des adolescents et présenté dans le cadre du FTAMS. La mise en lecture sera dirigée par Dillon Orr et mettra en vedette les comédiens Antoine Côté Legault, Marie-Eve Fortier, Marie-Pierre Proulx, Luc Thériault et Chloé Tremblay.

 

À Vox Théâtre 

Tout arrive à Toutou

Cette fable poétique, visuelle et vocale pour les 3 à 6 ans sera présentée au Musée canadien de la guerre du 8 au 12 mai 2015 lors du Festival international de la jeunesse d’Ottawa.

L’amitié d’Alex et Toutou existe depuis toujours et n’a jamais cessé de grandir.

Aussi, c’est le drame quand Toutou disparaît par un matin de printemps en se promenant à vélo avec Alex.

Les saisons passent et ils ne se retrouvent pas, même s’ils ne sont jamais très loin l’un de l’autre. 

Alex peut rentrer dans le confort de sa maison. Toutou doit affronter les dangers de la vie en plein air et les caprices des quatre saisons.

Alex prend de grands moyens pour retrouver son ami. En vain.

Mouillé, meurtri, séché au soleil, enseveli sous la neige, c’est un Toutou métamorphosé qui affronte un autre ménage du printemps et se retrouve aux déchets. Alex saura-t-il le reconnaître sur le bord du chemin ?

 

À Créations In Vivo

« C’est en mars que le printemps chante »... et que la compagnie Créations In Vivo réalise sa première tournée en Amérique latine! Notre nouvelle création Vie et mort d’un char boiteux (interprétée par Stéphane Guertin dans une co-mise en scène de Magali Lemèle) sera présentée au Panama, en Équateur, au Nicaragua et au Costa Rica, du 11 au 27 mars prochain. Six représentations et cinq journées de formation dans les écoles d'immersions françaises sont à l’horaire ! 
 
La Cadence du conteur repart visiter la France pour la quatrième fois en avril. Stéphane Guertin aura le bonheur de diriger une classe de maître au théâtre du Conservatoire de Bayonne en plus d’offrir dix représentations au public de Biarritz, de Marseille et de Manosque… et ce n’est pas un poisson d’avril !
Suite au succès des ateliers Artistes aux 4 coins  des dernières années, l’équipe de Créations In Vivo est très heureuse de poursuivre ces rencontres avec les jeunes apprenants des écoles françaises de l'Ontario.  D’ici la fin de l’année, il reste quelque vingt jours de formation à offrir pour compléter les 86 journées de formation de la saison 2014-15. 
 
L’équipe de Créations In Vivo est en plein état de flottement, d’exploration et de répétitions avec artistes et concepteurs. Notre prochaine création, État Vertical, prendra l’affiche à l’automne 2015. Une œuvre sur le deuil à la croisée des chemins entre le théâtre, le cirque contemporain et la danse moderne/verticale. Une toute première co-production avec Alan lake factori(e) et Look-up !

crédit photo : Marianne Duval
 

Au Théâtre français de Toronto

Le Théâtre français de Toronto vient à peine de terminer les représentations de Midsummer (Une pièce et neuf chansons), qui a reçu un très bon accueil du public et des médias, qu’il se prépare déjà pour la production du Malade imaginaire, mis en scène par Guy Mignault, qui aura lieu du 6 au 24 mai 2015 au Berkeley Street Theatre. Des représentations avec surtitres anglais auront lieu les mercredis, vendredis et samedis soir. Payez-ce-que-vous-voulez les mercredis soir et billets de dernière minute à 20$ les samedis soirs (paiement comptant au guichet, 1 h avant le début de la représentation). Aussi, ne manquez pas la soirée-bénéfice du TfT qui se tiendra le 21 mai 2015 avec, au programme : spectacle, cocktail et animations. Cliquez ici pour en savoir plus sur la pièce.  

Le Théâtre français de Toronto est actuellement en pleine campagne de réabonnement avec l’envoi de la nouvelle brochure en cours. Une saison 2015-2016 qui s’annonce innovante, surprenante avec une programmation variée, adressée à tous et qui débutera en juillet avec deux spectacles présentés en partenariat avec le festival d’art et culture PANAMANIA : LEO et Timber !  Suivront Le long voyage de Pierre-Guy B., une pièce en provenance d’Acadie, Les Zinspirés puissance 4, la suite de notre projet d’écriture adressé aux jeunes ontariens, Un neurinome sur une balançoire, une histoire de survie autobiographique, Kiss & Cry, le spectacle phénomène en tournée dans le monde entier, Espoir / ESPWA, une production du TfT avec vol direct Toronto-Haïti, et enfin Le Placard de Francis Veber. Huit spectacles au total et six formules d’abonnement différentes pour accommoder tous les besoins ! Cliquez ici pour consulter la brochure en ligne.

 

Au Cercle Molière

Rencontre publique du Cercle Molière

Le Cercle Molière a tenu sa deuxième Rencontre publique le lundi 19 janvier. La rencontre s’est déroulée dans une atmosphère conviviale. Une cinquantaine de personnes étaient présentes pour discuter du bilan 13-14. Le rapport annuel est affiché sur le site Web du Cercle Molière.

Retraite d’Irène Mahé 

Dans l’intimité d’environ 75 personnes, nous avons célébré les nombreuses années de service d’Irène Mahé qui a pris sa retraite l’été dernier. Irène a joué de nombreux rôles au sein de l’organisme : comédienne, technicienne, metteure en scène, dramaturge et finalement directrice du volet jeunesse (Théâtre du Grand Cercle). Merci Irène !

On a agrandi le Cercle 

Le CM a accueilli au sein de son équipe Alain Tshinza, qui assume les tâches liées à la coordination des programmes jeunesse, notamment le Festival théâtre-jeunesse qui célébrera sa 45e édition cette année. Alain est en poste depuis le début août.


L’École de théâtre du CM
L’École de théâtre présentera son spectacle de fin d’année devant parents et amis le dimanche 15 mars. En tout, 31 jeunes ont participé aux cours de l’école de théâtre qui ont débuté en octobre 2014.

Développement professionnel
Le Cercle Molière a pu accueillir monsieur Réjean Vallée pour donner une formation sur le jeu les 28 février et 1er mars derniers. Une douzaine de comédiens étaient au rendez-vous.

Monsieur Ricardo Lopez-Muñoz est venu au Cercle Molière dans le cadre d’un projet exploratoire dans le but de créer un spectacle-événement qui a comme thème ‘Winnipeg et migration’. C’est le début d’un projet consultatif qui se déroulera sur les deux prochaines saisons. 

Le CM accueillera aussi Frédéric Dubois de nouveau les 20, 21 et 22 mars pour donner une formation sur la mise en scène. Les participants de la formation auront l’occasion de mettre en pratique ce qu’ils ont appris lors du Marathon de mises en scène au mois de mai dernier. 

Départ de la Marraine du Cercle Molière

Cet automne, nous avons tous été attristés par le départ d’une comédienne du CM et d’une très chère amie, Madame Laurette Rouillard. Comédienne d’abord, cuisinière et hôtesse hors pair, grand-mère à tous, raconteuse, farceuse, femme de caractère fort, nous avons été très heureux et heureuses de la connaître. Repose en paix chère Laurette.

 

DANS LE SILLON DU 30e

 
 
Par Antoine Côté Legault

Le Théâtre la Catapulte


Entrevue avec Jean Stéphane Roy, le directeur artistique de la compagnie depuis 2010.
 
crédit photo : Dominique Prégent
Antoine Côté Legault : Comment le Théâtre la Catapulte est-il né ?
 
Jean Stéphane Roy : C'est né d'un regroupement de jeunes artistes, dirigé par Louis-Patrick Leroux, qui trouvaient qu'il n'y avait pas assez de place pour eux au théâtre, puis qu'il se faisait du théâtre trop conventionnel dans la région d'Ottawa. Ils ont d'abord créé deux productions autogérées, puis comme elles avaient bien fonctionné et que les critiques aimaient leur travail, les artistes du regroupement ont décidé de créer une structure plus organisée. En fait, le Théâtre la Catapulte est né d'une urgence de s'exprimer, de bousculer les données, d'amener un nouveau langage au théâtre. Les productions proposaient quelque chose de plutôt avant-gardiste sur le plan formel.
 
ACL : Qu'est-ce qu'a apporté Patrick Leroux comme premier directeur artistique de la Catapulte ?
 
JSR : Il a fait sa place, ça c'est sûr, dans un créneau qui n'existait pas ici. Son travail artistique a ouvert la voie à créer une nouvelle écologie théâtrale. Quand la Catapulte est entrée dans le giron de La Nouvelle Scène, elle a imposé quelque chose de nouveau. Par contre, la compagnie a eu de la difficulté à trouver son rythme de croissance, parce qu’il y avait certains manques sur le plan de la gestion. Il faut aussi dire que la compagnie avait peu d’employés à l’époque, ce qui ajoute au défi.
 
ACL : Après le mandat de Patrick Leroux, c'est Joël Beddows qui lui succède comme directeur artistique, c'est un tout autre profil...
 
JSR : Oui, Joël arrive en poste avec l'avènement de La Nouvelle Scène. C'est donc un nouveau départ à plusieurs niveaux pour la compagnie. Le gros travail de Joël durant les premières années a été de donner une santé fiscale à la compagnie, ainsi que d'en renforcer la gestion, lui donner une structure qui soit solide et viable, ce qu'il a fait avec génie. Lorsque je suis entré en poste, tout était déjà en place. Le théâtre pour adolescents a aussi été développé durant le mandat de Joël. C'était un manque ici en Ontario.
 
ACL : Artistiquement, qu'a-t-il apporté d'autre ?
 
JSR : Je pense que le plus grand apport de Joël est la démarche esthétique. Il a contribué à faire en sorte que l'identité ne passe plus seulement par les mots, mais par l'esthétique aussi, qu'un théâtre identitaire peut prendre plusieurs formes et non pas seulement celle de la parole. C'est un des éléments à propos duquel je me questionne dans ma démarche, à savoir comment visuellement y a-t-il des choses qui nous sont propres ?
 
ACL : Très peu de temps après que tu sois arrivé dans la région d'Ottawa pour remplir le rôle d'enseignant au Département de théâtre de l'Université d'Ottawa, le poste de directeur artistique du Théâtre la Catapulte a été affiché. Comment percevais-tu la compagnie à l'époque ?
 
JSR : Pour moi, Joël était un roi. Dans ma tête, il allait demeurer directeur artistique à vie, je ne m'attendais pas du tout à ce qu'il parte. Ça a été un choc d'apprendre qu'il quittait son poste, puis je me suis demandé ce qu’il allait arriver à la compagnie et à l'écologie théâtrale locale. On m'a fortement incité à poser ma candidature, mais je trouvais ça super dur de chausser les chaussures de Joël. Après tout, il a été directeur artistique pendant plus de dix ans, il a laissé sa marque, il a eu le temps de faire une recherche esthétique poussée, jusqu'au spectacle Frères d'hiver. Il a aussi permis à la compagnie d'ouvrir une brèche vers le Québec. Par la suite, moi, venant de là, je me suis servi de cette brèche pour ouvrir la porte davantage. Ça ouvre énormément notre marché.
 
ACL : Y a-t-il une fierté reliée au fait que Zone ait tourné largement au Québec et qu'Ik Onkar, la dernière création adolescents de la Catapulte, tourne présentement dans cette province ?
 
JSR : Ah oui ! Venant de Montréal, je sais à quel point on peut avoir des préjugés par rapport à tout ce qui vient d'ailleurs. Mais quand le produit est bon, il n'y a plus de frontières. Une des choses que j'aime dans Ik Onkar, et c'est peut-être mon côté identitaire, c'est qu'il y a des références au lieu d'où vient la pièce. On parle de la capitale, on parle de la rivière des Outaouais, on parle de l'École secondaire de la Salle. Ça aide aussi les artistes à porter le spectacle davantage.

1- Le Rêve totalitaire de dieu l'amibe de Louis Patrick Leroux, mise en rythme et chef d'orchestre Anne-Marie White  (crédit photo : Raymond Charette)
2- Frères d'hiver de Michel Ouellette, mise en scène de Joël Beddows (crédit photo : Sylvain Sabatié)

ACL : Tu évoquais plus tôt à quel point succéder à Joël constituait des gros souliers à chausser, comment as-tu réussi à t'approprier le Théâtre la Catapulte et son mandat ?
 
JSR : Je dois avouer que ça n'a pas été facile, ça m'a beaucoup questionné. Je suis arrivé en poste durant les débuts du « Projet sur cinq ans » de la compagnie, créé en coproduction avec le Théâtre français de Toronto, qui consistait à offrir du théâtre de répertoire pendant cinq saisons consécutives aux spectateurs de l'Ontario, surtout ceux des régions, puisque très peu de théâtre circulait hors des grands centres. Le « Projet sur cinq ans » me bouscule encore, parce qu'il nous a vraiment donné un nouveau souffle, il nous a permis de rejoindre beaucoup de spectateurs et il m'a fait comprendre que c'était possible de créer un théâtre qui abolit les frontières entre la jeunesse et le public adulte. Depuis trois ans, je m'efforce de créer des programmations dans lesquelles tous les spectacles peuvent être présentés aux deux publics. Il y a des pièces plus osées bien entendu, mais il y a des enseignants qui aiment les risques et des étudiants spécialisés en art qui cherchent quelque chose de plus poussé. Mon objectif est de m'assurer que le spectateur adulte ne rentre jamais dans des pantoufles et qu'on s'adresse toujours à l'intelligence des jeunes. C'est ce que j'aspire combiner depuis trois ans.
 
ACL : La tournée semble faire partie de l'ADN de la Catapulte, on peut le constater autant avec le « Projet sur cinq ans », qu’avec le nombreux spectacles adolescents offerts en tournée. Autant ça peut constituer une contrainte, autant j'ai l'impression que c'est quelque chose d'important pour toi d'aller à la rencontre des spectateurs de partout. Quelle est l'importance des tournées de la Catapulte en Ontario, et même dans d'autres provinces ?
 
JSR : C'est à la fois d'offrir du théâtre à des endroits où il n’y en a presque jamais, puis de consolider le fait français. J'ai tellement appris en travaillant dans la francophonie canadienne avant de m'installer à Ottawa. À chaque fois, j'étais abasourdi de voir la passion qui régnait à l'intérieur des artistes et des techniciens. Le technicien roule son fil, mais il le roule en français !
 
ACL : Les tournées des Médecins de Molière, de Zone et d'Ik Onkar ont été de très grands succès.
 
JSR : Avec Zone, avant même que le spectacle ne soit créé, on a vendu trois semaines de représentations. Le spectacle a été joué au Théâtre Denise-Pelletier, à Montréal. Au total, Zone a été jouée 173 fois, devant 49 000 spectateurs, dans sept différentes provinces. De son côté, Ik Onkar fait le tour des diffuseurs spécialisés au Québec cette année.
 
ACL : Quels sont les thèmes et les formes que tu as envie de proposer au public ?
 
JSR : Pour moi, le théâtre c'est large, ce n'est pas qu'une seule chose. En offrant une programmation de plusieurs spectacles par année, je me dois d'offrir une diversité, de présenter le théâtre sous plusieurs facettes. Le parti que j'ai pris, c'est d'essayer d'amener tous les publics à apprécier des propositions plus osées, tout en leur donnant un bonbon de temps en temps. Ce n'est pas parce que c'est un bonbon que c'est du mauvais théâtre. Mouving, par exemple, c'était un bonbon, mais qui aidait à créer l'équilibre à l’intérieur de la saison avec Frères d'hiver.
1- Zone de Marcel Dubé, mise en scène Jean Stéphane Roy (crédit photo : Sylvain Sabatié)
2- Ik Onkar, création collective mise en scène par Fanny Gilbert-Collet et Jean Stéphane Roy (crédit photo : Sylvain Sabatié)
ACL : Ottawa est la ville qui compte le plus de compagnies de théâtre francophones en Ontario, mais aussi au Canada français, qu'est-ce qui distingue le Théâtre la Catapulte ?
 
JSR : L'une de nos forces est notre lien avec le public. Je me rends compte que dans toutes nos actions, on n'exclut jamais le public. Malgré le fait qu'on soit en itinérance depuis deux ans, en raison de la reconstruction de La Nouvelle Scène, on continue à avoir beaucoup de spectateurs dans nos salles, surtout durant les matinées scolaires. Ce qui me touche, c'est de voir la diversité des gens qui viennent voir nos spectacles. Une de mes ambitions dans la vie c'est de parler à du monde, à du vrai monde.
 
ACL : Et les adolescents dans tout ça ?
 
JSR : Moi mon but avec les adolescents, c'est de leur donner des chocs culturels. Je me dis que si on ne leur en donne pas un, ils vont aller le chercher ailleurs. Il faut qu'ils croient qu'il est possible de vivre un choc culturel chez eux, sinon c'est évident qu'ils vont aller à Montréal. Je me rends compte que depuis que je suis ici, j'ai contribué à planter des graines qui commencent à pousser. Il y a de plus en plus de jeunes finissants du Département de théâtre qui décident de rester, qui partent des projets sans attendre que les compagnies les appellent.

ACL : Quels sont tes rêves pour l'avenir comme artiste de théâtre installé à Ottawa ?
 
JSR : Que le théâtre soit reconnu. L'une des grandes difficultés d'Ottawa, c'est que l'élite est politique et non artistique. C'est une région très dure à cerner, à comprendre. J'aimerais qu'il y ait une unification de la francophonie, parce que c'est un peu éparpillé. Il y a les Québécois, les Franco-Ontariens, les Européens, les Haïtiens, les Nord-Africains... Ils ne lisent pas les mêmes journaux, ne regardent pas les mêmes nouvelles. J'aimerais contribuer à la force du français.
 
ACL : Quels sont tes souhaits pour l'avenir comme directeur artistique de la Catapulte ?
 
JSR : Il y en a beaucoup, mais une chose qui me tient beaucoup à cœur ce serait que la Catapulte obtienne une reconnaissance, une vraie. C'est sûr qu'il y a aussi le rêve de l'international qui me revient, pas tant pour les spectacles grand public que pour les spectacles adolescents. Ik Onkar, je crois que ça peut voyager loin. J'aimerais que le volet adolescent puisse avoir une portée outre Atlantique. 
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Pour en savoir davantage sur le Théâtre la Catapulte, visitez son site internet. Il est également possible de suivre ses activités via FacebookTwitter ou Vimeo.
 

EN BREF

Une équipe revampée à l’ATFC !
 

L’Association des théâtres francophones du Canada est fière d’annoncer la venue de nouveaux membres au sein de son personnel. Julien Lelièvre, à titre de Responsable de l’administration et Étienne Gauvin, à titre de Responsable des communications se joignent à Antoine Côté Legault, déjà en poste depuis novembre dernier comme Agent de projets, et à Alain Jean, directeur général. Avec cette nouvelle équipe, l’ATFC poursuivra son mandat qui consiste au développement du milieu du théâtre francophone au Canada, comme elle le fait déjà depuis sa création en 1984. Nous vous invitons à consulter la page Équipe, de notre site internet pour en apprendre davantage sur les membres de notre personnel.

 
 
JOURNÉE MONDIALE DU THÉÂTRE 2015
Message canadien pour la Journée Mondiale du Théâtre !
 
Le 27 mars marque la Journée Mondiale du Théâtre. À l’occasion de ce moment de célébration, l’Association des théâtres francophones du Canada, Professional Association of Canadian Theatres (PACT) et Playwrights Guild of Canada (PGC), unissent leurs forces afin de vous présenter un message canadien pour la JMT. Celui-ci, écrit en anglais par l’artiste polyvalente, basée à Edmonton, Mieko Ouchi, est disponible sur notre site internet dans  sa version originale, tout autant que dans une traduction française de la dramaturge et traductrice d’Ottawa Mishka Lavigne. 


Deux occasions de célébrer la JMT à Ottawa
 
L’Association des théâtres francophones du Canada, le Théâtre français du Centre national des Arts, La Nouvelle Scène et ses quatre compagnies fondatrices et résidentes vous invitent chaleureusement à célébrer la Journée Mondiale du Théâtre lors d’une réception qui se tiendra au Centre national des Arts (53 Elgin, Ottawa), le 27 mars de 18h à 20h, dans la salle de la Fontaine. Au menu, vin, bouchées et lecture par des comédiens professionnels de différents messages (franco-ontarien, québécois, canadien, international) pour la Journée Mondiale du théâtre.
 
Vous êtes également conviés par le Conseil des arts du Canada à un moment de célébration, de midi à 13h, dans la salle d’exposition Âjagemô (150 rue Elgin), organisée en partenariat avec le Centre national des Arts et l’ATFC.
 
Première incursion de l’ATFC dans la rédaction d’un message à l’occasion de la Journée Mondiale du Théâtre pour l’enfance et la jeunesse.

Depuis plusieurs années, l’ATFC est très active dans les célébrations de la Journée mondiale du théâtre, laquelle se tient tous les 27 mars. Elle a toutefois été moins présente à l’occasion des festivités du 20 mars, Journée Mondiale du Théâtre pour l’enfance et la jeunesse. Cette situation appartient maintenant au passé. Reconnaissant que plus de la moitié des productions, des représentations, et du public rejoint par ses compagnies membres sur une base annuelle le sont en partenariat avec le milieu scolaire, l’ATFC a rédigé un message franco-canadien afin de souligner la journée du 20 mars. Ce message a été distribué aux membres de la Table Théâtre/Éducation de l’ATFC et aux compagnies membres afin qu’elles le distribuent à leur tour aux milieux scolaires avec lesquels elles sont en contact. On peut lire le message en cliquant ICI.   
 
Création de la Table nationale sur la diffusion du théâtre

Le 21 février dernier, l’ATFC, les trois réseaux de diffusion de la francophonie canadienne (Réseau Ontario, RADARTS et le Réseau des grands espaces de l’Ouest et du Nord), ainsi que Zones théâtrales, les Voyagements et le Service du théâtre du Conseil des Arts du Canada lançaient, à l’instigation de notre association, les travaux d’une table nationale sur la diffusion du théâtre de la francophonie canadienne sur le territoire franco-canadien. L’objectif est de développer, à terme, un plan d’action national qui ralliera tous les joueurs du secteur de la diffusion du théâtre (les producteurs, les diffuseurs pluridisciplinaires et spécialisés, ainsi que les partenaires) autour d’enjeux communs et d’actions partagées. La prochaine rencontre aura lieu à Ottawa en octobre prochain. À nouveau, l’ATFC démontre son rôle moteur dans le développement des diverses ramifications de la chaîne création, production, diffusion du théâtre de la francophonie canadienne. Les partenaires remercient le Fonds du Canada pour la présentation des arts pour avoir soutenu la rencontre initiale de cette instance de concertation qui engendrera des résultats tangibles au cours des prochaines années.   

 
 
Poursuite des travaux de la Table Théâtre/Éducation

Le 23 mars dernier, l’ATFC tenait la quatrième rencontre de sa Table nationale Théâtre/Éducation, dont les travaux se sont amorcés il y a tout jute un an, soit le 26 mars 2014. Réunissant, outre l’ATFC, qui est la locomotive de cette instance, des représentants des Ministères de l’Éducation du Nouveau-Brunswick, de l’Ontario et de la Saskatchewan, en plus de délégués de la Fédération canadienne des enseignants francophones et de Théâtre Action, cette table se veut un lieu de dialogue où les conditions de la pratique théâtrale en jeunes publics dans la francophonie canadienne sont adressées.  Bien qu’elle ait déjà soufflé sa première bougie, cette instance de dialogue en est encore à ses premiers balbutiements, soit l’étape où les partenaires commencent à connaître le champ de rayonnement de chacun et où des actions possibles commencent à poindre et à prendre forme. Ses premières initiatives et ses résultats initiaux devraient être visibles d’ici les douze à dix-huit prochains mois. 
 
Lancement prochain de la onzième édition des Prix d’excellence de la Fondation pour l’avancement du théâtre francophone au Canada

C’est jeudi le 2 avril prochain que sera lancé le nouvel appel aux dossiers de la Fondation pour l’avancement du théâtre francophone au Canada (le bras philanthropique de l’ATFC). La prochaine remise des prix d’excellence aura lieu au cours des Zones théâtrales, à Ottawa, à la mi-septembre prochain. Cette année, dix prix, dont les bourses totaliseront 70 000 $, seront remis à des artistes ou à des travailleurs culturels du théâtre de la francophonie canadienne. Pour en connaître davantage sur la Fondation, on peut consulter son site Internet : www.fondationtheatrefrancophone.ca   
 
 
Délégation au Festival TransAmériques
 
Pour une quatrième année consécutive, l’ATFC, en collaboration avec le Festival TransAmériques, donnent l’occasion à de jeunes artistes franco-canadiens de participer aux Rencontres internationales des jeunes créateurs et critiques en arts de la scène. En plus de découvrir certaines des esthétiques les plus pointues des domaines du théâtre et de la danse internationales en assistant à la programmation officielle du Festival, les participants ont l’occasion d’échanger avec une trentaine de créateurs de leur génération en provenance de partout sur la planète. Restez à l’affût, nous annoncerons très prochainement les artistes franco-canadiens retenus pour prendre part à l’édition 2015 de cette occasion unique d’échange et de développement artistique.
 
Deux de nos créatrices à Petits bonheurs
Du 1er au 10 mai prochains se tiendra à Montréal la 11ème édition de Petits bonheurs, un événement annuel qui rassemble des spectacles d’ici et d’ailleurs, de même que des activités de sensibilisation aux arts destinés aux enfants de 0 à 6 ans. L’ATFC est fière d’annoncer que Sarah Migneron et Laura Lussier, deux créatrices de théâtre franco-canadiennes feront partie de la programmation de l’événement cette année. 
Originaire de Saint-Boniface au Manitoba, Laura Lussier est comédienne et metteure en scène. Elle présentera, avec sa compagnie, le Théâtre p’tits bouts d’choux, La Chasse aux étoiles, le samedi 2 mai à 10h et 13h30 et le dimanche 3 mai à 10h, à la Maison de la Culture Maisonneuve. Laura a d’ailleurs offert une série de représentations de cette pièce sans parole, avec danse, musique et marionnettes au Cercle Molière, à Saint-Boniface, au cours du mois de janvier 2015. Dans ce spectacle, deux amies se balancent entre le sommeil et le réveil, dans un monde magique, tout en explorant le connu et l’inconnu, l’amitié, la joie et l’émerveillement. La Chasse aux étoiles découle directement du stage en création pour la petite enfance 2011, offert par Petits bonheurs et deux partenaires européens et auquel l’ATFC avait permis de participer quatre créateurs. À l’occasion de cette activité, Laura a pu s’initier au théâtre pour les tout-petits. Elle a également reçu, la même année, une bourse de la Fondation pour l’avancement du théâtre francophone au Canada, afin de l’aider à développer ce spectacle. 

crédit photo : Victoria Anne Photograph
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Pour sa part, l’auteure et traductrice d’Ottawa Sarah Migneron offrira, en collaboration avec Vox Théâtre, une mise en lecture de Mots de jeux, le lundi 4 mai à 15h, à la Maison de la Culture Maisonneuve, dans le cadre de Petits bonheurs. Elle présentera également son texte au Centre des services communautaires Vanier à Ottawa pendant un groupe de jeu, le 24 avril à 10h30. Mots de jeux se définit comme une pièce poétique pour tout-petits. À travers une succession de tableaux, les trois voix jouent avec les mots et les sonorités d’une façon ludique, afin de relater les événements d’une journée dans la vie d’un bambin. Tout comme Laura, Sarah a pris part au stage en création pour la petite enfance de l’ATFC en 2011. Elle a aussi bénéficié d’une bourse de la Fondation pour l’avancement du théâtre francophone au Canada pour l’écriture de ce texte pour la petite-enfance en 2014.

crédit photo : Sylvain Sabatié
 
Deuxième résidence d’écriture dans le cadre du Prix CED-WB
 
David Baudemont – dramaturge, auteur de littérature pour la jeunesse et art-thérapeute fransaskois – participe présentement à une résidence d’écriture à Mariemont, en Belgique, pour travailler au développement de sa pièce À reculons. Cette activité est le fruit d’un partenariat entre la Fondation pour l’avancement du théâtre francophone au Canada et le Centre des Écritures Dramatiques Wallonie-Bruxelles. Pour en apprendre davantage sur cette initiative bisannuelle, rendez-vous sur la page de la Fondation ou encore jetez un coup d’œil à l’entrevue avec David Baudemont dans le bulletin de l’ATFC de septembre dernier.
 
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