Un théâtre qui s’impose et qui s’exporte

PENDANT LONGTEMPS, les réalisations des théâtres franco-canadiens sont restées méconnues ou du moins peu visibles sur la scène théâtrale canadienne. Compte tenu de leur éloignement du lieu principal de l’activité théâtrale francophone au Canada (le Québec, Montréal), les compagnies avaient peu d’occasions de se manifester et de faire valoir la qualité de leurs productions à l’échelle nationale. Leurs efforts étaient avant tout dirigés vers leur communauté immédiate – locale, provinciale – pour y développer un public ou y créer un marché de tournée.

C’est à partir du moment où certains théâtres et certains créateurs ont cru qu’ils avaient en main des productions capables de rejoindre un plus large marché qu’ils ont commencé à s’ouvrir et à étendre leurs antennes à l’extérieur. L’un des pionniers à cet égard est certainement le Théâtre du Nouvel-Ontario qui, dès 1984, décide de se produire à Montréal (Salle Fred-Barry) pour y présenter Nickel, sa plus récente création,. Il récidive peu après avec Les Rogers (coproduction avec le Théâtre de la Vieille 17) puis, en 1988, avec la pièce Le Chien (Prix du Gouverneur général) qui lui ouvrira vraiment les portes du milieu montréalais. Un autre théâtre ontarien fait également œuvre de pionnier, mais dans le domaine du théâtre pour jeunes publics, c’est le Théâtre de la Vieille 17. Grâce à une facture originale et une stratégie active de collaboration, il réussit dans les mêmes années à présenter régulièrement ses spectacles au Centre national des Arts (Ottawa), à la Maison Théâtre (Montréal) puis au Périscope (Québec).

Dans la trace ouverte par ces deux compagnies mais aussi sous l’effet d’autres facteurs, dont l’ouverture manifestée par le Théâtre français du Centre national des Arts (CNA), des occasions de plus en plus nombreuses se présentent alors aux compagnies pour déborder leurs frontières naturelles et aller chercher ailleurs une autre forme de rayonnement et de visibi-lité. Ces occasions se portent d’abord sur le théâtre pour jeunes publics qui trouve notamment, dans la programmation jeunesse du Théâtre français du CNA, une vitrine de choix pour se faire connaître. Successivement, le Théâtre l’Escaouette, le Théâtre populaire d’Acadie, le Théâtre du Nouvel-Ontario, le Théâtre de la Vieille 17, le Cercle Molière, le Théâtre la Seizième, la Compagnie Vox Théâtre… y font des apparitions remarquées. Puis, se servant de cette vitrine comme tremplin, plusieurs se fraient des entrées dans les circuits de tournée pour jeunes publics au Canada.

Le théâtre pour adultes suit un peu le même chemin mais, ne bénéficiant pas d’une même fenêtre dans la saison du CNA, il a moins d’opportunités de se faire remarquer. Il profite tout de même de certaines vitrines, comme la FrancoFête à Moncton, Contact ontarois en Ontario ou la Bourse RIDEAU au Québec, pour rejoindre et intéresser certains diffuseurs. Le véritable coup d’envoi lui est toutefois donné par Les 15 Jours de la dramaturgie des régions dont la première édition, en mai 1995, consacre pour la première fois l’importance de la production franco-canadienne sur la scène nationale. À partir de là, les compagnies franco-canadiennes ne cessent d’élargir leur visibilité et leur rayonnement. À nouveau mises en lumière par les deux éditions suivantes de l’événement, qui devient en 2001 le Festival du théâtre des régions, elles profitent aussi d’autres événements comme le Festival de théâtre des Amériques, le Carrefour international de théâtre de Québec et, en France, le Festival international des francophonies en Limousin qui leur ouvrent une fenêtre sur la scène internationale.

L’élargissement des frontières

Comme si Les 15 Jours de la dramaturgie des régions confirmaient chez les compa-gnies leur appartenance à un espace géographique plus large (pan-canadien), on assiste à partir de 1995 à un débordement de plus en plus généralisé des frontières traditionnelles dans lesquelles les compagnies opéraient jusqu’ici. Le Théâtre de la Vieille 17 est, comme on l’a déjà indiqué, l’un des premiers à marquer ce mouvement, non seulement en faisant voyager ses spectacles de plus en plus loin (comme Le Nez qui se rend en 1996 jusqu’en France, après avoir visité le Québec et l’Acadie) mais aussi en provoquant des collaborations régulières avec des compagnies d’autres régions : les productions « Mentire », coproduit avec le TPA et le Théâtre du Frêne (France), puis Exils, coproduit avec le Théâtre l’Escaouette et le Théâtre Sortie Secours (Québec), inaugurent une série de coproductions mettant en jeu des compagnies du Canada français, du Québec et d’ailleurs.

Des initiatives semblables émergent toutefois un peu partout au pays. En Acadie, le Théâtre populaire d’Acadie et le Théâtre l’Escaouette, qui sont déjà habitués à rayonner à travers les provinces atlantiques, commencent aussi à tourner leurs spectacles en Ontario et dans l’Ouest. Cap enragé (Théâtre l’Escaouette) puis Pour une fois (coproduction TPA/Théâtre l’Escaouette) sont parmi les productions qui ouvrent la voie. En Ontario, le Théâtre de la Vieille 17 n’est pas non plus le seul à rayonner à l’extérieur. Plusieurs autres compagnies font également des tournées remarquées qui les amènent au Québec ou dans d’autres provinces. Ainsi, le Théâtre français de Toronto avec Soirée Tchekhov, la Compagnie Vox Théâtre avec Jacques Brel toujours vivant, le Théâtre du Trillium avec La fuite comme un voyage (coproduit avec le Théâtre la Seizième) ou le Théâtre la Tangente avec La Passagère.

Même phénomène dans l’Ouest où les compagnies multiplient d’abord les occasions de tournées régionales mais débordent aussi au-delà, en Ontario notamment. Avec Le Petit Prince, une pièce pour enfants, le Théâtre la Seizième effectue en 1997 une importante tournée du pays. Il récidive avec La Grande Ourse puis Pierrette Pan, Ministre de l’Enfance et des Produits dérivés. Le Cercle Molière réalise aussi, avec la participation des autres compagnies de l’Ouest, plusieurs tournées de spectacles pour adultes, dont Les Tremblay, Chat en poche, qui remportent un beau succès. Stimulés par la création de l’Association des compagnies de théâtre de l’Ouest (ACTO), les projets de collaboration sont de plus en plus nombreux à voir le jour entre les compagnies de cette région.

Le nombre de spectacles qui circulent d’une région à l’autre ou qui sont produits avec le concours de plusieurs compagnies ne cesse ainsi de croître. L’Agenda des théâtres francophones du Canada (2003-2004) est, là encore, un excellent révélateur. Non seulement peut-on y voir un grand nombre de productions voyageant à travers le pays, comme Pour une fois (Toronto), Épinal (Sudbury, Toronto, Vancouver), Du pépin à la fissure (Edmonton), Safari de Banlieue (Winnipeg, Saskatoon, Vancouver), mais on peut aussi y retracer plusieurs coproductions réunissant des compagnies de diverses régions. Mentionnons : Willy Graf (Théâtre de la Vieille 17/Théâtre l’Escaouette), Le désir de Gobi (Théâtre du Trillium/Théâtre du Trident), La petite ombre (Théâtre populaire d’Acadie/Les Gros Becs/Théâtre du Papyrus). Fait évident, les frontières des compagnies franco-canadiennes se sont élargies et embrassent désormais un territoire qui est à tout le moins régional, mais bien souvent national, voire international.

Enfin, on pourrait ajouter à cela l’ouverture de certaines frontières « média-tiques ». Coup sur coup, deux productions franco-canadiennes, Exils (Théâtre l’Escaouette/Théâtre de la Vieille 17) et Les champs de boue (Théâtre du Trillium) se voient adaptées pour la télévision et présentées à la télévision de Radio-Canada dans le cadre de l’émission Les Beaux-Dimanches.



Le Festival du théâtre des régions

L’idée d’un festival de théâtre consacré au théâtre franco-canadien naît de plusieurs sources. Les représentants de l’ATFC y songent déjà depuis plusieurs années quand Jean-Claude Marcus, alors directeur du Théâtre-Jeunesse au Théâtre français du Centre national des Arts, leur manifeste son intérêt de s’associer à un projet semblable. Le Théâtre français du CNA a établi depuis quelques années un programme de développement à l’intention des compagnies franco-canadiennes, le Développement du théâtre en région (DTR), et ce festival pourrait être un prolongement naturel de son action. Finalement, c’est en juin 1993, lors d’une rencontre spéciale des directions artistiques que le projet est vraiment débattu et ses paramètres établis.

C’est ainsi qu’en mai 1995, Les 15 Jours de la dramaturgie des régions voient le jour au Centre national des Arts et dans quelques lieux annexes à Ottawa. L’événement est conçu en deux volets : une programmation de spectacles et de lectures, dirigée par le Théâtre français du CNA, et une programmation de rencontres et d’ateliers, parrainée par l’association des théâtres sous le titre « Les Rendez-Vous de l’ANTFHQ ». Se déroulant, comme son titre l’indique, sur une période de deux semaines, l’événement permet de présenter au public d’Ottawa une dizaine de productions des compagnies membres de l’ATFC, en plus de lectures et de spectacles de poésie. Une centaine de praticiens associés aux compagnies se voient également réunis à cette occasion et prennent part à différents forums de discussion.

Une deuxième édition de l’événement est organisée quatre ans plus tard, en juin 1999, mais les deux volets sont cette fois unifiés et l’organisation de l’événement est confiée à un coordonnateur spécialement embauché pour l’occasion (Maurice Arsenault). La programmation est en même temps enrichie (ex : avec un volet musical) et s’ouvre à un plus grand nombre de spectacles issus d’autres « régions » du Québec, et même d’Afrique. La troisième édition, en juin 2001, suit un concept analogue. C’est alors que les organisateurs décident d’en changer le nom pour « Festival du théâtre des régions ». La formule, de même que l’accent mis sur le théâtre franco-canadien, n’en sont cependant pas affectés. Un prix y est également lancé en l’honneur de son fondateur : le Prix Jean-Claude Marcus. Roland Mahé, directeur artistique du Cercle Molière, enest le premier récipiendaire.

Le bilan de cette troisième édition suscite une réflexion qui invite le Centre national des Arts à commander une étude à des consultants externes. L’étude, déposée en février 2003, fait plusieurs recommandations, notamment au niveau de l’organisation de l’événement, qu’elle propose de confier intégralement au Théâtre français du CNA. Elle recommande aussi que l’événement se tienne à un rythme biennal et qu’il reste localisé à Ottawa. Elle confirme par ailleurs le mandat qui a été donné jusqu’ici à l’événement pour en faire une vitrine de la production théâtrale francophone des « régions » du Canada (incluant les régions du Québec). Ces paramètres guident la prochaine édition du festival qui doit se tenir en septembre 2005 à Ottawa. On ne sait pas cependant sous quel nom il sera présenté puisque les consultants ont recommandé de repenser son appellation, en évitant les mots « festival » et « régions ».


Une reconnaissance de plus en plus manifeste

Le rayonnement des compagnies se reflète aussi nettement dans la place, de plus en plus manifeste, qu’elles prennent sur la scène théâtrale canadienne. Même si la plupart des institutions qui incarnent le théâtre francophone restent situées et identifiées au Québec, celles-ci se montrent de plus en plus soucieuses de rendre compte – aussi – de l’activité théâtrale « hors Québec ».

Ainsi, les deux grands festivals de théâtre québécois – le Festival de théâtre des Amériques (FTA) et le Carrefour international de théâtre de Québec – s’efforcent depuis plusieurs années d’inscrire dans leur programmation des activités qui font écho à la réalité franco-canadienne. En marge de la dernière édition du FTA en juin 2003, on retrouvait ainsi une table-ronde portant sur la diffusion du théâtre franco-canadien («Les théâtres francophones du Canada s’exportent : du régional au national à l’international »). Quelques années plus tôt, en 1998, c’était le Carrefour de Québec qui accueillait l’assemblée générale annuelle de l’ATFC et proposait une table-ronde sur la situation du théâtre au Canada français. Le Centre des auteurs dramatiques (CEAD), qui comprend parmi ses membres plusieurs auteurs franco-canadiens, exprimait une même préoccupation en proposant en novembre 2003, lors de sa Semaine de la dramaturgie, une table-ronde intitulée « Dramaturgie et territoires » avec plusieurs représentants du théâtre franco-canadien. Enfin, on peut souligner la parti-cipation régulière de plusieurs compagnies franco-canadiennes aux Fenêtres de la création qu’organise le Théâtre de la Ville à Longueuil ou au Festival annuel d’innovation théâtrale (FAIT) qui se tient à l’Assomption ; deux organisations qui nourrissent avec l’ATFC des liens de colla-boration étroits.

Une autre manifestation symbolique de cette ouverture est l’introduction par l’Académie québécoise du théâtre du Masque de la production franco-canadienne en 2000. Alors que, pendant plusieurs années, la Soirée des Masques (malgré sa diffusion au réseau national de Radio-Canada) occultait le théâtre produit à l’extérieur du Québec (excepté le théâtre étranger), l’introduction de ce Masque permettait tout à coup de reconnaître l’existence d’une activité théâtrale francophone professionnelle dans les autres « régions » du pays. Certes, ce Masque ne donne pas aux compagnies franco-canadiennes une reconnaissance absolue ; mais il confirme l’existence du théâtre franco-canadien et permet à ses artisans d’être associés à la grande communauté théâtrale qui se réunit à cette occasion au Théâtre du Monument national, à Montréal.

On pourrait encore donner d’autres exemples de cette reconnaissance publique. Les articles consacrés à des productions franco-canadiennes par les Cahiers de théâtre Jeu, les entrevues ou les reportages présentés à l’antenne de Radio-Canada sur des artisans du milieu, les prix et les récompenses de portée nationale remportés par certains d’entre eux, les excellentes critiques obtenues par des productions franco-canadiennes au Québec sont autant de manifestations de l’intérêt porté au théâtre franco-canadien et de la place qu’on lui reconnaît dans le paysage théâtral francophone au Canada. C’est là, incontestablement, une évolution remarquable par rapport à l’ignorance ou à la méconnaissance dans laquelle le théâtre franco-canadien était encore tenu il y a une dizaine d’années.



Le Masque de la production franco-canadienne

Quand la Soirée des Masques voit le jour en décembre 1994, les théâtres franco-canadiens n’en font pas partie. Conçue et organisée par un consortium d’orga-nismes québécois – formalisé par la création de l’Académie québécoise du théâtre –, cette Soirée vise uniquement à souligner l’excellence du théâtre québécois. Parmi la vingtaine de Masques décernés, un seul en fait échappe aux artisans québécois, c’est le Masque de la production étrangère qui souligne la qualité d’un spectacle étranger accueilli au Québec. Pour la population canadienne qui assiste à la Soirée à la télévision (puisqu’elle est diffusée au « réseau » de Radio-Canada), il peut sembler qu’il n’existe aucune activité théâtrale en français à l’extérieur du Québec. À la demande de ses membres, l’ATFC décide donc d’entreprendre des démarches auprès de l’Académie québécoise du théâtre pour explorer la possibilité d’élargir la Soirée à une certaine participation des théâtres franco-canadiens. Compte tenu du fonctionnement des Masques (reposant sur une structure relativement complexe de « collèges » électoraux), la seule possibilité qui s’offre est de créer un Masque dédié spécifiquement au théâtre franco-canadien. C’est ainsi qu’avec le concours financier du ministère du Patrimoine canadien, le Masque de la production franco-canadienne est institué à l’automne 1998, pour être remis pour la première fois à la 6e Soirée des Masques en février 2000.

Plus ou moins calqué sur le Masque de la production étrangère, le Masque de la production franco-canadienne ne donne pas accès aux autres Masques (ex : interprétation, mise en scène, dramaturgie, etc.). L’ATFC n’a pas obtenu non plus, à ce jour, qu’il soit remis « en ondes », c’est-à-dire lors de la partie de la Soirée diffusée en direct au « réseau ». Mais l’institution de ce Masque permet du moins de confirmer la place des théâtres franco-canadiens dans le paysage théâtral francophone au pays et de souligner publiquement l’excellence de leur travail. Depuis février 2000, cinq Masques ont ainsi couronné une production franco-canadienne. Ce sont :
  • Les Cascadeurs de l’amour, d’après Patrice Desbiens, une production du Théâtre la Tangente (2000) ;
  • Du pépin à la fissure, d’après Patrice Desbiens, une production du Théâtre du Nouvel-Ontario (2001) ;
  • Poissons de Marc Prescott, une production du Cercle Molière (2002) ;
  • Univers, de Herménégilde Chiasson, Dominick Parenteau-Lebeuf et Robert Marinier, une coproduction du Théâtre du Nouvel-Ontario, du Théâtre l’Escaouette et du Théâtre français du Centre national des Arts (2003) ; et
  • Le testament du couturier, de Michel Ouellette, une production du Théâtre la Catapulte (2004).


L’ouverture sur la Francophonie

Tous ces pas que les compagnies ont franchis les amènent naturellement à vouloir aller encore plus loin, soit déborder les frontières nationales pour « se rendre jusqu’à l’international ». Le thème de la table-ronde organisée par l’ATFC en juin 2003, dans le cadre du FTA, illustrait bien cette volonté : « Les théâtres francophones du Canada s’exportent : du régional au national à l’international ». Et les ouvertures créées au sein de la Francophonie deviennent bien sûr, à cet égard, une première source d’opportunités.

Comme on le soulignait au FTA, l’idée n’est pas entièrement neuve puisque plusieurs compagnies réalisaient déjà, dans les années 1980, des incursions remarquées en France. On évoquait notamment le Théâtre l’Escaouette, invité au Festival de La Rochelle en 1980 pour y présenter Mine de rien, suivi plusieurs années plus tard par le TNO (Le Chien au Festival de Limoges, en 1989) puis par la Compagnie Vox Théâtre (Pinocchio au Festival de Caen en 1990). Mais on peut nettement constater depuis quelques années un emballement des occasions et des expériences.

Un important déclencheur de ce mouvement est incontestablement le Festival de Limoges (alias le Festival international des francophonies en Limousin) qui, depuis l’invitation du TNO pour sa pièce Le Chien, a multiplié les invitations aux représentants du théâtre franco-canadien. Le festival a accueilli, depuis, deux autres spectacles, Exils (1999) et …puisque le monde bouge… (2001) ; il a aussi reçu, dans le cadre de tables-rondes ou de résidences d’auteurs, plusieurs directeurs artistiques et dramaturges des différentes régions du pays. Cette plate-forme s’est trouvée renforcée à son tour par la création de la Commission internationale du théâtre francophone (CITF) qui, depuis 1987, permet de soutenir des coproductions réunissant des compagnies de plusieurs régions de la Francophonie.

S’appuyant sur ces deux initiatives, les projets à caractère international ont tendu depuis quelques années à se multiplier. Après « Mentire » (1997) qui réunissait le TPA, le Théâtre de la Vieille 17 et le Théâtre du Frêne, se sont succédés en quelques années …puisque le monde bouge… (coproduction TPA/Théâtre de la Vieille17/Théâtre Niveau Parking (Québec) et Théâtre du Frêne), Violette sur la terre (coproduction TNO/Théâtre du Tandem (Québec) et Théâtre En Scène (France) et La petite ombre (coproduction TPA/Les Gros Becs (Québec) et Théâtre du Papyrus (Belgique).

Cette ouverture sur l’international n’intéresse pas, comme on peut le voir, nécessairement toutes les compagnies ; et elle ne transforme pas non plus de façon radicale les compagnies qui s’y investissent. Mais elle représente de façon très éloquente une indication du niveau d’excellence atteint par les compagnies et de la crédibilité dont elles bénéficient dans le milieu théâtral professionnel, au Canada et à l’étranger.

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